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RFI De Davos à Nairobi : A la recherche d’un nouvel équilibre mondial Marie Joannidis pour RFI Organisés fin janvier 2007 à Davos et Nairobi, le Forum économique mondial et le Forum social mondial – qui se veut une alternative à la mondialisation libérale – ont cherché les moyens de définir un nouvel équilibre entre riches et pauvres permettant d’assurer l’avenir de la planète. Si les réponses diffèrent, les thèmes sont globalement les mêmes : protection de l’environnement, lutte contre la corruption, aide à l’Afrique. A Nairobi, plus de 57.000 personnes du Nord comme du Sud se sont retrouvées – 100.000 étaient attendues – pour discuter de grands enjeux comme l’annulation de la dette et la lutte contre la pauvreté dans le monde. Mais aussi de problèmes plus spécifiques concernant le continent africain comme la faim, les conflits ou l’exploitation économique découlant d’accords commerciaux internationaux jugés injustes. A ceux qui affirment que le mouvement altermondialiste, lancé en 2000 à Porto Alegre au Brésil pour être le pendant de Davos, considéré comme le forum des riches, commence à s’essouffler, les participants répliquent par une ferme détermination à poursuivre le combat. Même s’il n’y aura pas de Forum social en 2008 mais un ou plusieurs jours de mobilisation mondiale pour mettre en valeur les campagnes de citoyens à travers le monde. Lors de l’ouverture du Forum social (FSM), l’ancien président zambien Kenneth Kaunda a appelé les participants à combattre ensemble la pauvreté dans le monde. Au même moment, de nombreux Kényans de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, se réunissaient dans le parc Uhuru afin d’exprimer leur refus de voir l’eau du pays ramenée au statut de marchandise. Ils revendiquaient un accès accru à l’enseignement et aux soins de santé. Ils exigeaient une dignité dans le travail et les salaires. Les mouvements sociaux ont gagné en influence Le fait est que, depuis le premier Forum tenu à Porto Alegre, les mouvements sociaux ont gagné en influence. Des groupes locaux se sont structurés, ils ont appuyé la victoire de candidats de gauche en Amérique latine, ont fait pression pour que les négociations menées avec l’Organisation mondiale du commerce soient profondément revues... Bref, le message du FSM a pris de l’ampleur et a gagné les consciences : un autre monde est possible, souligne l’ONG britannique Oxfam. Les organisations africaines et leurs partisans, nombreux à ce forum qui se déroulait pour la première fois uniquement sur leur continent, ont clairement exprimé leur volonté de poursuivre le combat pour l’annulation de la dette et l’élimination de la pauvreté. La Kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix, a résumé l’enjeu qui se pose aujourd’hui : Pour que ce Forum assure de réels effets et participe à la construction d’un autre monde, il faut d’abord mettre fin aux injustices économiques qui se déroulent actuellement. Il faut mettre fin à l’oppression à l’encontre des femmes. Il faut renforcer les organisations locales et la participation pleine et entière des populations. Surtout celle des jeunes. G8, we have a question for you (G8, nous avons une question pour vous) chante le groupe kényan The Creditors (les créanciers) qui a envoyé un message aux puissances réunies au Forum de Davos : Effacez la dette, effacez la souffrance et l’exploitation. En privé, plusieurs participants ont accueilli avec une certaine ironie les craintes exprimées par leurs partenaires du Nord concernant leurs relations avec la Chine et le risque de réendettement de l’Afrique. Certains d’entre eux s’apprêtaient d’ailleurs à accueillir le président chinois Hu Jintao qui a entamé, fin janvier, une nouvelle visite officielle dans huit pays africains dont le Soudan, qui s’est vu préférer le Ghana pour la présidence de l’Union africaine en raison de la poursuite du conflit du Darfour. Une alliance pour amener l’électricité dans les villages subsahariens A Davos en Suisse, on croyait entendre certains des thèmes chers aux altermondialistes. Quelque 2.400 participants, dirigeants politiques, d’entreprises, représentants d’ONG ou d’organisations de l’Onu, ont plus parlé de problèmes sociaux que des bienfaits de l’économie de marché. Ainsi plusieurs grandes entreprises ont forgé une alliance pour amener l’électricité dans les villages de l’Afrique subsaharienne. Des grandes compagnies d’audit ont accepté de travailler avec l’Initiative de Forum contre la corruption (PACI), rejoints par les présidents d’organisations financières internationales ou multilatérales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement. Des dirigeants comme la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Tony Blair, les chefs d’Etat sud-africain et libérien, Thabo Mbeki et Ellen Johnson Sirleaf, ont mis l’accent sur le renforcement des capacités des Africains et l’aide nécessaire pour atteindre ce but. Angela Merkel, qui préside cette année le G8 et actuellement l’Union européenne, a appelé à mieux intégrer l’Afrique dans le commerce mondial et à lutter encore plus contre le sida, précisant qu’une conférence sur ce dernier sujet se tiendra en Allemagne en septembre 2007. Le plus radical aura été le Premier ministre britannique. Tony Blair s’est en effet rallié aux demandes de plusieurs pays du tiers monde: il a préconisé une fusion entre le FMI et la Banque mondiale et une expansion dramatique du Conseil de sécurité de l’Onu. Un Conseil sans l’Allemagne, le Japon, le Brésil ou l’Inde, sans nation africaine ni musulmane non seulement perdra à la longue sa légitimité aux yeux du monde mais ralentira toute action efficace, a-t-il dit. Jusqu’à présent, aucun des cinq membres permanents – Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie – n’a pris véritablement position en ce sens, malgré les bonnes |
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