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La solidarité encore et toujours

MOBILISATIONS SOLIDAIRES & CITOYENNES
Marcher pour être entendu

PAKISTANAISES, PAS SOUMISES !
Une course pour la mixité

CULTURES & SOLIDARITES
Le théâtre haut et fort

COUP D’ŒIL SUR LE FSM DE KARACHI
FSM 2006, dernier chapitre


CULTURES & SOLIDARITES

Le théâtre haut et fort


Le Forum Social Mondial (FSM) à Karachi sera festif ! De nombreuses activités culturelles sont mises en place par les associations pakistanaises pour promouvoir le FSM (voir « Quand le FSM génère une dynamique culturelle », Lettre n°1). Une énergie collective qui a poussé l’association AJOKA à préparer plusieurs représentations théâtrales autour des thèmes proposés pour le FSM de Karachi. Cette volonté de promouvoir le FSM à travers l’art et en particulier le théâtre ou la danse n’est pas un hasard dans un pays où l’expression artistique a longtemps été bannie et violemment réprimandée par les autorités au pouvoir.

Le théâtre moderne au Pakistan est né à une période d’extrême oppression et d’attaques continues de l’espace culturel par les gouvernements successifs. En 1983, alors que la dictature militaire du général Zia-ul-Haq est à son apogée et que toutes formes de protestations sociales ou politiques sont réprimées par la loi martiale, un groupe de jeunes conduit par Madeeha Gauhar décide de créer AJOKA. En réponse à ces tentatives répétées d’interdire toutes expressions culturelles, cette organisation pionnière du mouvement théâtrale au Pakistan n’hésite pas à défier les lois de censure et monte en 1984 sa première pièce, « Jaloos », une pièce sur le thème de la manipulation des foules par les leaders politiques et religieux.

Une initiative courageuse qui marque le début d’une longue bataille pour instaurer le théâtre à Lahore et plus largement pour construire une société plus démocratique et tolérante. Des groupes artistiques tels que AJOKA à Lahore, KARWAN à Quetta ou TEHRIK-E-NISWAN (www.tehrik-e-niswan.com) à Karachi ont très fortement contribué à dénoncer publiquement la montée de l’intégrisme. De plus, leurs efforts pour développer le théâtre ou la danse de rue ont apporté une dimension sociale aux activités artistiques et ont servi à promouvoir la paix et les droits des femmes dans la région. Une démarche qui a influencé d’autres associations locales telles que le Pakistan Fisherfolk Forum (www.pff.org.pk) qui utilise le chant et la danse lors de chaque événement public pour encourager une autre culture de divertissement.

Le théâtre n’a pas totalement trouvé sa place au sein de la société pakistanaise et les réticences sont encore grandes de la part du gouvernement. Mais cela ne décourage pas les groupes artistiques locaux de s’attaquer aux tabous culturels de la société, comme en témoigne la présentation très audacieuse de la pièce « les Monologues du vagin » à Islamabad en octobre 2003.


Comité de rédaction : Frères des Hommes
Sources : Sites Web des associations AJOKA et TEHRIK-E-NISWAN ; BBC News ; documents internes Frères des Hommes.


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