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LETTRE
N°2
14 février 2006
EDITO
Le combat pour un changement social au Pakistan
existe bel et bien ! Depuis le milieu des années 1980, des groupes
de citoyens n’ont cessé de défier la pauvreté,
l’inégalité, l’injustice et la violence, et
ce, malgré les abus de pouvoir des mullahs, des militaires ou du
gouvernement. Des hommes et des femmes se font entendre pour que les conditions
des pauvres changent et que les droits et libertés soient appliqués
et respectés : droit des femmes, des minorités, des travailleurs,
le droit à la nourriture, à l’eau, à l’éducation,
à l’information, le droit de danser, de chanter, d’écrire,
etc. La liste est trop longue … Une lutte vitale pour l’âme
de ces Pakistanais qui se battent au quotidien avec leur cœur, leur
tête, dans les cours de justice, dans les rues, à travers
des chansons, des livres, etc.
Au fil du temps, cet important mouvement de
résistance a acquit une grande expérience, ce qui lui a
permis de comprendre l’influence des vents de la globalisation et
de l’internationalisation sur les réalités économiques,
politiques et sociales du pays. Une réalité qui a poussé
ces acteurs à rompre leur isolation du monde et à se tourner,
eux aussi, vers le « glocal » (global et local). Pour intensifier
leurs énergies locales et être en contact avec des initiatives
similaires du monde entier, ils ont choisi de joindre leurs efforts pour
construire un mouvement national.
C’est ce circuit du « people connecting »
qui a conduit les acteurs de la société civile pakistanaise
à organiser le Forum Social Mondial : une grande fête pour
créer la globalisation de la solidarité et de la résistance
! Tous les militants pakistanais seront là et le monde entier est
attendu !
Tous ceux qui lisent ce texte sont invités
à Karachi du 24 au 29 mars 2006. Alors préparez-vous les
amis, faites votre sac, allons danser le Tango et trinquer à Rosa
Parks, Faiz Ahmad Faiz, Boris Vian, Paul Robeson, Voltaire, Mafalda, Gandhi,
Marx, Mandela, Einstien, …
Frères des Hommes
Frères des Hommes
9, rue de Savoie
75006 PARIS
+33 1.55.42.62.62
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la Lettre N° 1
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La solidarité
encore et toujours
Une cinquantaine d’associations pakistanaises sont
intervenues sur le terrain suite au séisme et ont joué
un rôle fondamental auprès des victimes. Des organisations
dont le travail a souvent été freiné, voire
empêché par le gouvernement, les militaires ou encore
les extrémistes islamiques qui ont instrumentalisé
cette catastrophe pour leurs intérêts propres. Ces
associations n’ont jamais baissé les bras face à
l’ampleur de la tâche et quatre mois après le
séisme elles continuent de se battre, non seulement pour
dénoncer l’exclusion des citoyens dans les projets
de réhabilitation et de reconstruction de la zone sinistrée,
mais aussi pour remettre en cause l’aberration des priorités
nationales. |
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Marcher
pour être entendu
La détente est perceptible, depuis ces trois dernières
années, entre l’Inde et le Pakistan. Une amélioration
des relations que l’on doit en partie aux pressions de la
communauté internationale, mais surtout aux innombrables
efforts des sociétés civiles pakistanaise et indienne.
Au cours des dix dernières années, ces acteurs qui
luttent pour la paix ont joué un rôle décisif
en organisant des campagnes et marches pacifiques dans et entre
ces pays. Parmi ces initiatives, la marche
citoyenne pour la paix, organisée du 23 mars au 11 mai
2005 entre Dehli en Inde et Multan au Pakistan, a particulièrement
marqué les esprits par son caractère unique : 50 jours
d’expression publique de simples citoyens. |
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Une course
pour la mixité
Dimanche 30 janvier 2006, Lahore, Pakistan : 15 000 personnes, femmes,
hommes et enfants soutenus par quelques sympathisants étrangers
prennent le départ de la course. Un marathon mixte sous haute
surveillance. Depuis l’annonce officielle début janvier,
des groupes islamistes ont tout tenté pour interdire cette
nouvelle course mixte et intimider les participants, créant
un climat de grande tension. Mais toutes les menaces, campagnes
de boycott et manifestations n’auront pas eu raison de la
volonté de ces milliers de femmes qui, malgré leurs
peurs, se sont élancées aux côtés des
hommes. |
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Le théâtre
haut et fort
Le Forum Social Mondial (FSM) à Karachi sera festif ! De
nombreuses activités culturelles sont mises en place par
les associations pakistanaises pour promouvoir le FSM. Une énergie
collective qui a poussé l’association
AJOKA à préparer plusieurs représentations
théâtrales autour des thèmes
proposés pour le FSM de Karachi. Cette volonté
de promouvoir le FSM à travers l’art et en particulier
le théâtre ou la danse n’est pas un hasard dans
un pays où l’expression artistique a longtemps été
bannie et violemment réprimandée par les autorités
au pouvoir. |
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FSM 2006,
dernier chapitre
Tandis que le travail de secours et de réhabilitation post-séisme
continue au Cachemire avec l’aide des organisations de la
société civile, le Comité d’Organisation
pakistanais poursuit ses efforts autour de la re-mobilisation pour
le Forum Social Mondial de Karachi. Le 24 janvier dernier, alors
que le FSM de Bamako touche à sa fin et que celui de Caracas
ouvre ses portes, les pakistanais organisent un Forum Social Pakistanais
à Lahore. Un événement qui leur permet de se
montrer solidaires avec leurs amis maliens et vénézuéliens,
mais aussi de faire savoir que, contrairement aux nombreuses rumeurs,
le 3ème volet de l’édition polycentrique du
FSM 2006 aura bien lieu. |
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