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Interview de Falilou Diagne, président de l’UGPM L’UGPM – Union des Groupements Paysans de Méckhé – est une organisation constituée de groupements paysans présents dans quatre communes (Méckhé et environs) de la région de Thiès au Sénégal. Elle totalise environ 5000 membres engagés dans la promotion et la défense de l’agriculture paysanne. A l’occasion du FSM de Bamako, Falilou Diagne, président de l’UGPM, a participé aux débats et aux échanges notamment ceux axés sur les luttes paysannes à la Bibliothèque Nationale. C’était sa première participation à un FSM. Altermondes l’a rencontré. Altermondes : C’est votre première participation au FSM ; quelles sont vos impressions sur cet événement ? Falilou Diagne : Nous sommes en fin de FSM et je dois dire que je suis ravi d’avoir pu y prendre part. Je pense que c’est une réussite ; j’ai pu échanger avec beaucoup d’autres organisations, notamment paysannes ou intervenant dans le développement ; en ce sens, le forum a répondu à beaucoup de mes attentes car en plus des contacts pris, j’ai eu l’occasion, dans le cadre de divers ateliers sur la réforme agraire, la sécurisation foncière et le développement, les OGM etc., de faire part de notre propre expérience à l’UGPM en matière de lutte contre la pauvreté et ses manifestations tant économiques que sociales. Une chose que j’ai également noté était la mobilisation forte à la fois de la société civile malienne mais également des pouvoirs publics car des personnes des administrations publiques étaient présentes, ce qui est important même dans le cadre d’un rassemblement promu au premier plan par la société civile. AM : Qu’est-ce que la participation au FSM vous a apporté, personnellement et en relation avec votre actions au sein de l’UGPM ? FD : J’ai assisté à
divers ateliers sur des thèmes variés qui touchent aux questions
de la promotion et de la défense de l’agriculture paysanne.
J’ai regretté que la dispersion des sites soit un frein à
une participation plus diversifiée en terme de thématiques.
Mais l’essentiel est que j’ai pu échanger des expériences
avec d’autres sur les sujets de plus d’importance pour l’UGPM
: la question foncière, la place de l’agriculture paysanne
et la promotion de l’exploitation familiale via les actions en faveur
de la diversification des productions, de la commercialisation, etc. J’ai
pu aussi prendre la mesure des revendications concernant tout ce qui touche
à la question de la commercialisation au niveau international des
produits agricoles, revendications qui me confirment dans l’idée
que cette forme d’intégration commerciale mondialisée
n’est pas opportune pour nos agricultures. Ces dernières
doivent en effet relever le défi du renforcement de leurs potentialités
à des fins de production et de consommation locales, notamment
pour ce qui concerne les céréales, mais pas uniquement comme
l’a rappelé José Bové, porte parole de Via
Campesina, qui a fait part également des préoccupations
liées à la question de l’importation en Afrique de
poulets congelés. AM : Comment envisagez-vous de partager ce que vous avez vécu dans le cadre du FSM et quelle suite voyez-vous à ce processus ? FD : L’UGPM compte 5000 membres
et donc pour restituer ce que j’ai eu l’occasion de vivre,
d’entendre et d’échanger, cela va passer par divers
canaux, notamment les membres du Bureau de l’UGPM, les animateurs
des diverses commissions et le Conseil Général, et ce afin
que le maximum d’informations et de réflexions puissent être
mutualisées. AM : C’était le premier FSM en Afrique ; quelles réflexions cette première suscite-t-elle en vous ? En quoi cette rencontre peut-elle avoir une influence pour le continent ? FD : Une première pour l’Afrique et pour moi aussi ! Je pense que la tenue d’un événement comme celui-là en Afrique est très importante et je suis content de ce que le FSM 2007 se tienne à Nairobi car il faut réitérer cette initiative, notamment parce que je pense que les populations ne sont pas encore suffisamment informées de l’existence de cet espace. On a bien vu ici au Mali que malgré la mobilisation importante, notamment des organisations paysannes, la population n’était pas très présente. Il faut donc essayer pour le prochain forum de sensibiliser plus les populations à la base et ce dans tous les pays du continent ; au Sénégal, par exemple, nous pourrions essayer d’organiser une rencontre dans chaque région pour informer les populations sur ce qui se joue dans les FSM, d’autant plus que beaucoup de thèmes abordés dans ce cadre sont particulièrement pertinents par rapport à la situation que vit le continent africain, par exemple dans le domaine de la souveraineté alimentaire. Cette sensibilisation doit être menée partout et pas seulement dans le pays organisateur, même si je garde à l’esprit l’image de la population qui, lors de la marche d’ouverture, était spectatrice du défilé au bord de la route alors que nous marchions pour la défense de causes qui sont les siennes. Le grand défi reste donc de rendre les luttes plus massives et plus visibles. Propos recueillis par Laurence CONSTANTINI |
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