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Le Forum social mondial est un espace de débat démocratique d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation de mouvements sociaux, de réseaux, d’ONG et autres organisations de la société civile qui s’opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d’impérialisme. A la première rencontre mondiale de 2001 a succédé un processus mondial de recherche et de construction d’alternatives aux politiques néo-libérales. Cette définition est inscrite dans la Charte des Principes du FSM. Le Forum social mondial se caractérise également par sa pluralité et par sa diversité. Il n’est ni confessionnel, ni gouvernemental, ni partisan. Il se propose de faciliter l’articulation, décentralisée et en réseau, d’associations et de mouvements engagés, tant au niveau local qu’international, dans des actions concrètes de construction d’un autre monde, sans prétendre pour autant incarner une instance représentative de la société civile mondiale. Le Forum social mondiale n’est ni une association, ni une organisation. Document daté du 26 08 2002, tiré du site officiel du FSM : http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=19&cd_language=3 |
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Article rédigé par Francisco Whitaker. Membre du Comité d’organisation du Forum Social Mondial et Secrétaire exécutif de la Commission Brésilienne « Justice – Paix » Début 1998 fut publiquement annoncée la proposition d’un Accord multilatéral d’investissements - plus connu sous le sigle AMI ou, en anglais MAI - qui devait être signé par les pays les plus riches du monde avant d’être " proposé ", ou plutôt " imposé " aux autres pays du monde. Cet accord avait été discuté, dans le plus grand secret, au sein de l’OCDE et était censé devenir une sorte de Charte mondiale du capital, auquel il octroyait tous les droits - surtout dans le Tiers Monde, qui recevrait les " investissements " et pratiquement aucune obligation. Le journal français Le Monde diplomatique reprit et diffusa alors une première dénonciation faite aux Etats-Unis par le mouvement " Public Citizens ", conduit par Ralph Nader, dans un article signé par une avocate de ce mouvement, Lori Wallach. De la réaction au caractère absurde de cet accord naquit un mouvement social de contestation qui, fin 1998, conduisit la France à se retirer des négociations et, partant, à son abandon. L'une des associations à l’origine de cette mobilisation fut ATTAC - à l’origine Association pour la taxe Tobin d’aide aux citoyens et, aujourd’hui, Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens - qui commençait alors à prendre forme suite à une proposition en ce sens avancée, toujours, par le Monde diplomatique. Le but de cette association - qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’adhérents en France et qui s’est essaimée dans le reste du monde, y compris au Brésil - était de lutter pour la mise en œuvre de la proposition de taxer les flux du capital spéculatif faite par le prix Nobel d’Economie James Tobin, car il y voyait la seule façon de contrôler son actuelle liberté absolue de circulation à une échelle mondiale, avec les conséquences que l’on sait. C’est à partir des articulations auxquelles ces faits ont permis de voir le jour parmi tous ceux qui se refusaient à voir un monde entièrement contrôlé par les intérêts du capital, que commencèrent a s’organiser des manifestations contraires à ce type de mondialisation. Les plus connues, de par leurs répercussions médiatiques, furent celle de Seattle, contre l’O.M.C., celle contre le F.M.I. et la Banque mondiale à Washington et, plus récemment, celle de Prague, où les représentants des gouvernements ont dû clôturer leur réunion un jour plus tôt que prévu. Or, cela faisait déjà une bonne vingtaine d’années que les maîtres du monde se retrouvaient dans un Forum, qu’ils avaient baptisé de Forum économique mondial, qui se tenait à Davos, une petite et luxueuse station suisse de sports d’hiver. Organisé par une association devenue aujourd’hui une grande entreprise, ce Forum accueille une fois par an - sans oublier les rencontres régionales qu’il a mis en place - ceux qui peuvent débourser 20 000 dollars pour venir écouter les grandes têtes pensantes au service du capital et s’entretenir avec elles, mais aussi écouter les critiques de la mondialisation en cours, critiques invités pour donner une légitimité au Forum. Il est permis de dire que c’est à Davos - qui attire des correspondants des principaux journaux du monde, dont, et ce systématiquement, notre ami Clovis Rossi - que la théorie se construit et se propage dans la pratique de la domination du monde par le capital, suivant les paramètres du néo-libéralisme. C’est donc devant un tel tableau que quelques Brésiliens se sont dit qu’il était possible d’entamer une nouvelle étape de résistance à cette pensée devenue hégémonique à l’échelle planétaire. Par delà les manifestations de masse et la contestation, il devait être possible d’ouvrir une étape de propositions, une quête concrète de réponses aux défis de la construction d" un autre monde ", dans lequel l’économique serait placé au service de l’être humain, plutôt que le contraire. Des économistes et autres universitaires opposés au néo-libéralisme réalisaient déjà en Europe des rencontres baptisées de Anti-Davos. Mais leur but allait beaucoup plus loin. A savoir, organiser une autre rencontre, de portée mondiale, où seraient présentes toutes les organisations en cours d’articulation dans les manifestations de masse, rencontre fondée sur le social : le Forum Social Mondial. Pour donner une dimension symbolique à cette nouvelle étape, la rencontre devait avoir lieu aux mêmes dates que celle de Davos en 2001 et il en serait de même chaque année. L’auteur de cette idée remarquable - je ne saurais dire sil en avait déjà parlé a d’autres - fut notre ami Oded Grajew, qui me la soumit lors dune réunion tenue en France en février dernier. Nous décidâmes de la présenter au directeur du Monde diplomatique, qui est aussi le président d’ATTAC France, Bernard Cassen et de voir avec lui si elle serait bien perçue hors du Brésil. L’enthousiasme de Cassen fut tel qu’il nous proposa d’organiser le Forum au Brésil. A ses yeux, l’effet symbolique exigeait qu’il se tînt dans un pays du Tiers Monde. Et le Brésil offrait les meilleures conditions. C’est de lui encore que vint l’idée de l’organiser à Porto Alegre, capitale d’un Etat dont le prestige s’accroît à chaque jour qui passe en vertu de ses expériences démocratiques et de sa lutte contre le néo-libéralisme. Cassen nous renvoya donc le défi : si nous étions capables d’organiser le Forum, nous recevrions non seulement l’appui de son journal, mais encore et certainement celui des organisations qui se dressent dans le monde entier contre la domination du capital. De retour au Brésil, nous entreprîmes d’identifier les organisations et associations disposées à relever ce défi et à assumer cette énorme tâche. Le 28 février vit la réunion à Sao Paulo des représentants de 8 organisations qui ont souscrit un " Accord de coopération " visant à organiser le Forum social Mondial, dont la première édition aura lieu à Porto Alegre du 25 au 30 janvier 2001 : ABONG - Association brésilienne d’organisations non gouvernementales ; ATTAC - Action pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens ; CBJP - Commission brésilienne Justice et Paix, de la CNBB ; CIVES - Association brésilienne des hommes d’affaires pour la citoyenneté ; CUT - Centrale unique des travailleurs ; IBASE - Institut brésilien d’analyses socio-économiques ; CJG - Centre de justice mondiale ; MST - Mouvement des travailleurs agricoles sans terre. Une délégation de ces organisations se rendit à Porto Alegre au mois de mars pour y consulter Olívio Dutra et Raul Pont et voir si les gouvernements fédéré et municipal acceptaient d’accueillir le Forum, tout en partant du principe que ce projet serait mis en œuvre par les organisations de la société civile. Le gouverneur et le maire ayant répondu par l’affirmative, l’heure était venue de travailler au plus vite à l’organisation et à l’effective mise en œuvre de cette nouvelle rencontre mondiale y compris en invitant d’autres organisations de la société civile afin de monter un Comité brésilien d’appui au Forum. Suivant une suggestion de Cassen, une délégation se rendit fin juin à Genève, où devaient se réunir, dans le cadre d’un " sommet " alternatif au Sommet social de l’ONU " Copenhague + 5 ", une grande partie des organisations qui s’articulaient à travers le monde dans les manifestations contre le néo-libéralisme. Un espace nous fut ouvert pour nous permettre de présenter notre proposition, qui fut très bien accueillie. Le vice-gouverneur du Rio Grande do Sul, Miguel Rossetto, était également du voyage pour confirmer que l’Etat avait accepté d’accueillir le Forum. A cette occasion, un Comité international d’appui au Forum fut mis en place. Depuis, nous courons contre le temps pour assurer la présence de participants du monde entier, des quotas ayant été fixés pour chaque continent et ligne d’action. Le programme prévoit deux types de dynamique : Le matin, des tables-rondes : quatre concomitantes durant quatre jours, composées de quatre intervenants chacune plus un président, choisis parmi les grands noms de la lutte contre la pensée unique ; l’après-midi, des ateliers organisés par les participants eux-mêmes, la première partie des travaux étant consacrée à des échanges d’expériences et à des débats, la deuxième, à des réunions d’articulation. Sont également prévues des séances, où seront entendus les témoignages de personnalités engagées dans divers types de lutte, ainsi qu’un vaste programme parallèle dans la ville de Porto Alegre, destiné à tous ceux qui ne participeront pas au Forum, car celui-ci ne sera ouvert qu’aux personnes désignées et inscrites par des mouvements sociaux. Le Forum n'a aucun caractère délibératif, et donc pas de temps à perdre à couper les cheveux en quatre dans l’élaboration du document final. Ce sera le début d’un processus de réflexion conjointe, au niveau mondial, autour de quatre axes abordés dans les tables-rondes de la matinée: la production de richesses et la reproduction sociale ; l’accès aux richesses et la durabilité ; l’affirmation de la société civile et des espaces publics ; le pouvoir politique et l’éthique dans la nouvelle société. Chacun de ces axes a généré des questions auxquelles il nous faudra tenter d’apporter des réponses. Chaque question, quant à elle, aura généré toute une série de thèmes qui devront être pris en compte. Notre intention est d’ouvrir un espace - avec chaque année, un nouvel approfondissement - à une réflexion elle aussi " mondialisée ", en quête d’alternatives à ce modèle qui nous domine. A vrai dire, le I Forum Social Mondial sera un premier pas de franchi, mais un pas totalement inédit, dont les échos résonneront dans le monde entier. Nous espérons que cette répercussion assurera définitivement le début dune nouvelle étape dans le combat contre l’assujettissement de l’être humain aux intérêts du capital. Article écrit par Francisco Whitaker et publié
dans le " Correio da Cidadania ", le 22/01/2000. |
De Davos à Porto Alegre Ce lieu de rencontre de toutes les résistances est un véritable succès puisque le FSM 2001 accueille quelque 20 000 personnes et organise plus de 420 ateliers ! Un succès qui se confirme largement lors des deux éditions suivantes à Porto Alegre avec une participation qui explose et dépasse toutes les prévisions : quelque 50 000 personnes en 2002 et plus de 100 000 personnes en 2003. Un phénomène social dont l’ampleur s’explique non seulement par le nombre croissant et la diversité des conférences, séminaires et ateliers proposés, mais surtout par l’hétérogénéité des participants et de leurs luttes. Une diversité que le FSM a également cherché à impulser par la création de nombreux autres forums sociaux à l’échelle locale, nationale ou régionale ; forums qui au-delà de leurs revendications propres et multiples, se rassemblent autour d’un cadre commun : la Charte des Principes du FSM. Le FSM change de continent Fort du succès que le Forum Social Mondial rencontre en Asie lors de cette 4e édition - le rassemblement de quelque 120 000 participants, au sein duquel une très forte participation populaire, et l’organisation de pas moins de 1200 événements -, le Conseil International [1] décide de poursuivre et d’accentuer son ouverture géographique et culturelle. Cette dynamique le conduit à porter son choix sur l’Afrique, principale victime de la mondialisation néolibérale, pour l’organisation du FSM 2006. Toutefois, à la demande des membres africains du Conseil international qui préfèrent disposer de plus de temps pour la préparation, la date est reportée à 2007: c’est la ville de Nairobi, au Kenya, qui accueillera cette septième édition du FSM. Le FSM 2006 sera polycentrique Bénédicte ROGET _____________________ [2]
Suite à la réunion conjointe du Forum Social Pakistanais
et du Comité d’Organisation Pakistanais du FSM 2006 qui s'est
tenue samedi 19 novembre 2005 à Lahore, il a été
décidé que le FSM volet Karachi serait reporté. Les
dates officielles seront communiquées ultérieurement lors
d'une prochaine réunion du Conseil International. |
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Frères des Hommes - 9 rue de Savoie - 75006 Paris Tél. : 01 55 42 62 62 - Fax : 01 43 29 99 77 fdh@fdh.org - www.fdh.org |
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