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L'Actualité de Frères des Hommes

 

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Réflexion sur l'économie populaire dans le cadre de l'Atelier Permanent.

Dernier séminaire : Juillet 2004 à Lima au Pérou.



Séminaire sur le renforcement de l'économie populaire et solidaire à Récife, Brésil les 26 et 27 février 2003,
cliquez ici pour en savoir plus

La quatrième édition de cet espace de réflexion et d'échanges sur l'économie populaire en milieu urbain en Amérique latine, s'est déroulée en mars 2002 à Ciudad de Mexico, au Mexique.

Pour en savoir plus :
• Présentation de l'Atelier Permanent, cliquez ici
• Lire un article sur la quatrième rencontre, illustré de photos, cliquez ici




Pour lire les comptes-rendus des rencontres précédentes :

  • " La micro-entreprise populaire urbaine et ses relations avec le développement local "
    Brésil - 1999 (PDF - 103 Ko), cliquez ici
  • " Associativité et micro-entreprises dans les secteurs populaires d'Amérique latine "
    Chili - 1997 (PDF - 93 Ko), cliquez ici
  • " L'économie populaire en Amérique latine "
    Pérou - 1995 (PDF - 76 Ko), cliquez ici

 


ATELIER PERMANENT : QUATRIEME EDITION AU MEXIQUE

SOMMAIRE
Introduction
De l’économie populaire à l’exercice de la citoyenneté
La formation : un facteur clé du développement
Occuper l’espace citoyen pour favoriser l’émergence de politiques publiques nouvelles

Avertissement :
L'objectif de cet article n'est en aucun cas de rendre compte de manière exhaustive d'une semaine d'échanges entre plus de 50 personnes mais plutôt de présenter et de faire partager quelques réflexions menées ensemble.


Atelier permanent : quatrième édition au Mexique

Face aux grands défis que représentent l'importance croissante de l'économie populaire urbaine en Amérique latine, la demande sociale qu'elle entraîne et la nécessité de l'intégrer dans une pratique commune de coopération, FDH-Europe* et ses partenaires latino-américains ont initié un processus collectif de réflexion, de formation et d'échanges sur ce thème, appelé " Atelier permanent ".

Depuis 1995, tous les 2 ans, une réunion de " l'Atelier permanent " se déroule dans un pays latino- américain différent, avec la participation de partenaires français et européens.
Après le Pérou en 1995, le Chili en 1997 et le Brésil en 1999, sa quatrième édition sur le thème de " l'économie populaire et la micro-entreprise dans le développement " vient de se tenir à " Ciudad de Mexico ", en mars dernier.

Plus d'une cinquantaine de personnes représentant plus de 40 organisations partenaires de FDH Europe* (et du CCFD) sont venues d'Amérique latine (Brésil, Chili, Cuba, Mexique, Pérou, ) et d'Europe (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Luxembourg).
Grâce à leur pratique d'appui au quotidien de micro-entrepreneurs et d'activités d'économie populaire, dans leur pays respectif, tous ont apporté une contribution active à cet espace.

Malgré une grande diversité de contextes, une convergence d'analyse a pu s'observer entre les participants sur un certain nombre de points.

La réflexion commune menée lors de cette semaine, a été centrée sur le rôle que peut jouer l'économie populaire (et la micro-entreprise, un exemple concret de sa mise en pratique), dans le développement durable au niveau de l'individu, des communautés de micro-entrepreneurs et des politiques publiques locales, régionales, nationales et internationales.

En quoi l'économie populaire peut elle contribuer à des mutations économiques, sociales et politiques pour parvenir à la construction d'un monde plus solidaire ?







   


Plénière : Les micro-entreprises comme unités économiques de développement. Interventions de représentants du Pérou, Chili et Brésil.


Plénière : Les unités de production et
leurs agents comme sujets-acteurs du développement. Interventions de représentants de Cuba, du Brésil,
du Pérou et du Chili.


Plénière : Les unités de production et
leurs agents comme sujets-acteurs du développement. Interventions de représentants de Cuba, du Brésil,
du Pérou et du Chili.


De l’économie populaire à l’exercice de la citoyenneté

Tous les participants à l'Atelier Permanent ont réaffirmé la nécessité de ne pas réduire le concept et les impacts de l'économie populaire à une dimension purement économique. Un refus très net d'établir une dichotomie entre l'économique et le social a été unanimement partagé.

Il est vrai que, dans un contexte de forte précarité de l'emploi et des revenus, observée depuis les années 80, les micro-entreprises populaires se sont massivement répandues pour répondre à des besoins conjoncturels de survie. Une de leurs principales vertus est certes l'emploi, elles permettent d'ailleurs d'en créer des millions, mais elles sont aussi une option sociale et politique.

En effet, soutenir les micro-entreprises et les organisations de base ne se résume pas à en appuyer leur développement en terme de taille mais plutôt en terme de capacités d'organisation, de formation et de potentiel de développement.

Depuis de nombreuses années, les participants à l'Atelier Permanent mènent un travail d'analyse de l'impact de l'économie populaire sur l'individu appréhendé comme un " sujet social ". Comment valoriser les potentiels humains, individuels et collectifs chez des populations victimes d'une exclusion qui se manifeste de manière multiple ?

Comment les accompagner pour surpasser cet isolement et l'urgence de la survie individuelle, afin qu'ils parviennent à participer et à s'engager dans des projets communs (regroupement de micro-entreprises pour la commercialisation, ou achat de matière première, participation à l'élaboration de politiques publiques…) ?

En effet, le dépassement de ces épreuves et la construction d'une identité individuelle et collective leur permettront de devenir de véritables acteurs de changement, fonctionnant sur la base de valeurs et principes communs, reconnus comme étant des interlocuteurs porteurs de propositions.

Outre son objectif économique, la micro-entreprise populaire est donc bien aussi un espace d'intégration sociale.

     

Plénière : Conception et point de vue sur l'économie populaire et le développement. Interventions de représentants du Brésil, Pérou, Chili, Mexique et Belgique.

Plénière : Conception et point de vue sur l'économie populaire et le développement. Interventions de représentants du Brésil, Pérou, Chili, Mexique et Belgique.

Plénière : Economie populaire et développement national. Interventions de représentants du Mexique, du Brésil, du Pérou et de Belgique


La formation : un facteur clé du développement

Comment permettre ce cheminement de l'individu et de ces groupes sociaux ?

Les participants à l'Atelier Permanent se sont tous accordés pour souligner l'importance capitale de la formation sous toutes ses formes.

En effet, elle permet une revalorisation personnelle (renforcement des identités, des valeurs, des compétences, des références culturelles et ethniques, reconnaissance du rôle des femmes…), le développement de compétences techniques professionnelles (organisation, gestion, épargne et crédit) et une meilleure compréhension de mécanismes de prise de décision, jusque là vécus comme une fatalité (les politiques publiques,…), etc.

Grâce à ces formations, des individus autrefois fortement marginalisés se révèlent (à eux-mêmes et aux autres) être des leaders et des cadres de qualité pour leurs organisations, reconnus par des interlocuteurs extérieurs (institutions…).

Une meilleure conscience de "soi" et de "soi en tant que citoyen, membre d'une communauté" permet indéniablement de s'envisager et de se revendiquer en tant qu'acteur bénéficiant du droit de participation active à l'espace public.

Dans un modèle économique hégémonique valorisant l'initiative personnelle dans une logique purement individualiste clairement affichée, on assiste ici à un renforcement de valeurs, dans une perspective opposée.

Outre cet impact en matière de construction d'une citoyenneté, la formation permet aux micro-entrepreneurs, dont le niveau scolaire et la maîtrise des technologies est généralement très faible, d'accéder à des outils et des innovations pour accroître leur créativité, leur réactivité et donc leur compétitivité.

Un important transfert de connaissances et de techniques doit donc s'opérer pour soutenir les micro-entrepreneurs.

Toutefois, dans la plupart des pays latino-américains, on observe de fortes lacunes des programmes d'appui, qui assurent déjà la formation entreprenariale, des offres de services et de moyens financiers ou non…, et des institutions publiques, dans certains aspects de la formation.

Les organisations de coopération devraient trouver là un espace où elles pourraient jouer un rôle clé pour combler ce déficit (vision partagée N/S, transferts de standards de certification de qualité par exemple, information sur les marchés…).





Travail de groupes : représentants de Cuba, du Brésil, du Luxembourg, du Pérou, du Mexique




Travail de groupes : représentants de Cuba, du Brésil, du Luxembourg, du Pérou, du Mexique




Restitution des travaux de groupe

     

Des moments conviviaux d'échanges informels.

Restitution des travaux de groupe

Restitution des travaux de groupe




Des moments conviviaux d'échanges informels.




Des moments conviviaux d'échanges informels.




Des moments conviviaux d'échanges informels.




Des moments conviviaux d'échanges informels.


Occuper l’espace citoyen pour favoriser l’émergence de politiques publiques nouvelles

Dans un contexte mondial où les lieux de décision (OMC, G8, BM, FMI) et les critères de référence (néo-libéralisme) sont définis par un nombre de plus en plus réduit d'individus et de structures, ne raisonner qu'à l'échelle micro et locale ne pourra en aucun cas permettre de parvenir à une véritable remise en question de ce système économique dominant, régi par le " tout marché ".

Quelle position adopter face à ce "marché" ? Comment faire comprendre que l'économie populaire n'est pas un effet collatéral de la mondialisation et surtout qu'elle ne doit pas être considérée comme un palliatif à ses " effets collatéraux " ?

Sommes-nous en mesure de rejeter en bloc le " marché " et prétendre créer un système parallèle viable ? Pouvons-nous le changer de l'intérieur ?

Les participants à l'Atelier Permanent se sont prononcés en faveur du développement des capacités des acteurs de l'économie populaire pour occuper un rôle clé dans la relation Etat - société civile, afin d'instaurer des politiques publiques plus favorables aux micro-entrepreneurs.

Les citoyens doivent contribuer à redonner aux Etats leur rôle de régulateur et de promoteur de politiques locales et macro-économiques protégeant les citoyens en tant qu'êtres humains et acteurs sociaux et économiques, face au " tout marché ".

Les acteurs de l'économie populaire doivent devenir des interlocuteurs reconnus, force de propositions pour participer aux espaces de décisions des politiques publiques, non seulement locaux, mais également régionaux, nationaux et internationaux.
Dans la plupart des pays latino-américains, un besoin très fort de ré-appropriation démocratique des territoires physiques (régions, territoire national) et des marchés (niches, filières de production…) est observé.

Une expérience au Pérou est d'ailleurs tout à fait intéressante en la matière. Comme nous l'ont expliqué nos amis péruviens, une table nationale de concertation pour la micro et moyenne entreprise, intégrant des représentants de l'Etat et des organisations sociales, a été créée en 1999.

Ensemble, ils travaillent à la création d'un agenda commun pour le développement de la micro et moyenne entreprise, afin qu'elle contribue à celui du pays. Des propositions des acteurs économiques de base arrivent donc jusqu'au pouvoir central.
Ceci correspond à un processus et des efforts menés pendant 15 ans pour qu'une reconnaissance de leur expertise, de leur pratique et de leur rôle économique soit finalement en passe de reconnaissance.

Le Pérou est, en ce sens, une des exceptions qui confirment la règle générale en Amérique latine de non reconnaissance ou prise en compte officielle des micro-entrepreneurs, comme acteurs économiques clé.
Par exemple, le Mexique qui vit depuis quelques années une forte destruction de son tissu social et de ses chaînes de production, due à son entrée de plain pieds dans le libre commerce, est bien loin d'atteindre ce niveau acceptable de consultation des organisations sociales et populaires.


Quels que soient les contextes, les organisations d'appui aux micro-entreprises ont un rôle d'agents intermédiaires à jouer avec la coopération internationale, les responsables politiques et d'autres mouvements sociaux. Ainsi, elles contribueront à faire avancer toutes les pistes de travail évoquées plus haut et parvenir à une reconnaissance de l'économie populaire comme porteuse de plus-values multiples.

C'est d'ailleurs dans cette logique, que les participants à l'Atelier Permanent ont décidé d'organiser un atelier ou " oficina " lors du prochain " Forum Social et Economique Mondial " qui se tiendra à Porto Alegre, début 2003.

En effet, ils souhaitent faire partager et confronter leurs réflexions et analyses de leurs pratiques, avec d'autres citoyens convaincus " qu'un autre monde, centré sur le développement humain, est possible ".

Sabine Benjamin
Frères des Hommes France
Mars 2002

* FDH Europe est une entité légale composée des 5 associations Frères des Hommes existant en France, en Italie, au Luxembourg et en  Belgique (flamande et francophone).

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