ATELIER PERMANENT : QUATRIEME EDITION AU MEXIQUE SOMMAIRE
Introduction
De l’économie populaire à l’exercice
de la citoyenneté
La formation : un facteur
clé du développement
Occuper l’espace citoyen pour favoriser
l’émergence de politiques publiques nouvelles
Avertissement :
L'objectif de cet article n'est en aucun cas de rendre compte de manière
exhaustive d'une semaine d'échanges entre plus de 50 personnes mais plutôt
de présenter et de faire partager quelques réflexions menées ensemble.
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Atelier permanent : quatrième édition au Mexique
Face aux grands défis que représentent l'importance croissante
de l'économie populaire urbaine en Amérique latine, la demande sociale
qu'elle entraîne et la nécessité de l'intégrer dans une pratique
commune de coopération, FDH-Europe* et ses partenaires latino-américains
ont initié un processus collectif de réflexion, de formation et
d'échanges sur ce thème, appelé " Atelier permanent ".
Depuis 1995, tous les 2 ans, une réunion de " l'Atelier permanent
" se déroule dans un pays latino- américain différent, avec la participation
de partenaires français et européens.
Après le Pérou en 1995, le Chili en 1997 et le Brésil en 1999, sa
quatrième édition sur le thème de " l'économie populaire et la micro-entreprise
dans le développement " vient de se tenir à " Ciudad de Mexico ",
en mars dernier.
Plus d'une cinquantaine de personnes représentant plus de 40 organisations
partenaires de FDH Europe* (et du CCFD) sont venues d'Amérique latine
(Brésil, Chili, Cuba, Mexique, Pérou, ) et d'Europe (Allemagne,
Belgique, Espagne, France, Italie et Luxembourg).
Grâce à leur pratique d'appui au quotidien de micro-entrepreneurs
et d'activités d'économie populaire, dans leur pays respectif, tous
ont apporté une contribution active à cet espace.
Malgré une grande diversité de contextes, une convergence d'analyse
a pu s'observer entre les participants sur un certain nombre de
points.
La réflexion commune menée lors de cette semaine, a été centrée
sur le rôle que peut jouer l'économie populaire (et la micro-entreprise,
un exemple concret de sa mise en pratique), dans le développement
durable au niveau de l'individu, des communautés de micro-entrepreneurs
et des politiques publiques locales, régionales, nationales et internationales.
En quoi l'économie populaire peut elle contribuer à des mutations
économiques, sociales et politiques pour parvenir à la construction
d'un monde plus solidaire ? |
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Plénière : Les micro-entreprises
comme unités économiques de développement.
Interventions de représentants du Pérou, Chili et
Brésil.

Plénière : Les unités
de production et
leurs agents comme sujets-acteurs du développement. Interventions
de représentants de Cuba, du Brésil,
du Pérou et du Chili.

Plénière : Les unités
de production et
leurs agents comme sujets-acteurs du développement. Interventions
de représentants de Cuba, du Brésil,
du Pérou et du Chili.
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De l’économie populaire à l’exercice de la citoyenneté
Tous les participants à l'Atelier Permanent ont réaffirmé la nécessité
de ne pas réduire le concept et les impacts de l'économie populaire
à une dimension purement économique. Un refus très net d'établir
une dichotomie entre l'économique et le social a été unanimement
partagé.
Il est vrai que, dans un contexte de forte précarité de l'emploi
et des revenus, observée depuis les années 80, les micro-entreprises
populaires se sont massivement répandues pour répondre à des besoins
conjoncturels de survie. Une de leurs principales vertus est certes
l'emploi, elles permettent d'ailleurs d'en créer des millions, mais
elles sont aussi une option sociale et politique.
En effet, soutenir les micro-entreprises et les organisations de
base ne se résume pas à en appuyer leur développement en terme de
taille mais plutôt en terme de capacités d'organisation, de formation
et de potentiel de développement.
Depuis de nombreuses années, les participants à l'Atelier Permanent
mènent un travail d'analyse de l'impact de l'économie populaire
sur l'individu appréhendé comme un " sujet social ". Comment valoriser
les potentiels humains, individuels et collectifs chez des populations
victimes d'une exclusion qui se manifeste de manière multiple ?
Comment les accompagner pour surpasser cet isolement et l'urgence
de la survie individuelle, afin qu'ils parviennent à participer
et à s'engager dans des projets communs (regroupement de micro-entreprises
pour la commercialisation, ou achat de matière première, participation
à l'élaboration de politiques publiques…) ?
En effet, le dépassement de ces épreuves et la construction d'une
identité individuelle et collective leur permettront de devenir
de véritables acteurs de changement, fonctionnant sur la base de
valeurs et principes communs, reconnus comme étant des interlocuteurs
porteurs de propositions.
Outre son objectif économique, la micro-entreprise populaire est
donc bien aussi un espace d'intégration sociale. |
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La formation : un facteur clé du développement
Comment permettre ce cheminement de l'individu et de ces groupes
sociaux ?
Les participants à l'Atelier Permanent se sont tous accordés pour
souligner l'importance capitale de la formation sous toutes ses
formes.
En effet, elle permet une revalorisation personnelle (renforcement
des identités, des valeurs, des compétences, des références culturelles
et ethniques, reconnaissance du rôle des femmes…), le développement
de compétences techniques professionnelles (organisation, gestion,
épargne et crédit) et une meilleure compréhension de mécanismes
de prise de décision, jusque là vécus comme une fatalité (les politiques
publiques,…), etc.
Grâce à ces formations, des individus autrefois fortement marginalisés
se révèlent (à eux-mêmes et aux autres) être des leaders et des
cadres de qualité pour leurs organisations, reconnus par des interlocuteurs
extérieurs (institutions…).
Une meilleure conscience de "soi" et de "soi en tant que citoyen,
membre d'une communauté" permet indéniablement de s'envisager et
de se revendiquer en tant qu'acteur bénéficiant du droit de participation
active à l'espace public.
Dans un modèle économique hégémonique valorisant l'initiative personnelle
dans une logique purement individualiste clairement affichée, on
assiste ici à un renforcement de valeurs, dans une perspective opposée.
Outre cet impact en matière de construction d'une citoyenneté,
la formation permet aux micro-entrepreneurs, dont le niveau scolaire
et la maîtrise des technologies est généralement très faible, d'accéder
à des outils et des innovations pour accroître leur créativité,
leur réactivité et donc leur compétitivité.
Un important transfert de connaissances et de techniques doit donc
s'opérer pour soutenir les micro-entrepreneurs.
Toutefois, dans la plupart des pays latino-américains, on observe
de fortes lacunes des programmes d'appui, qui assurent déjà la formation
entreprenariale, des offres de services et de moyens financiers
ou non…, et des institutions publiques, dans certains aspects de
la formation.
Les organisations de coopération devraient trouver là un espace
où elles pourraient jouer un rôle clé pour combler ce déficit (vision
partagée N/S, transferts de standards de certification de qualité
par exemple, information sur les marchés…). |

Travail de groupes : représentants
de Cuba, du Brésil, du Luxembourg, du Pérou, du
Mexique

Travail de groupes : représentants
de Cuba, du Brésil, du Luxembourg, du Pérou, du
Mexique
Restitution des travaux de groupe
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Des moments conviviaux d'échanges
informels.

Des moments conviviaux d'échanges
informels.
Des moments conviviaux d'échanges
informels.

Des moments conviviaux d'échanges
informels.
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Occuper l’espace citoyen pour favoriser l’émergence de politiques
publiques nouvelles
Dans un contexte mondial où les lieux de décision (OMC, G8, BM,
FMI) et les critères de référence (néo-libéralisme) sont définis
par un nombre de plus en plus réduit d'individus et de structures,
ne raisonner qu'à l'échelle micro et locale ne pourra en aucun cas
permettre de parvenir à une véritable remise en question de ce système
économique dominant, régi par le " tout marché ".
Quelle position adopter face à ce "marché" ? Comment faire comprendre
que l'économie populaire n'est pas un effet collatéral de la mondialisation
et surtout qu'elle ne doit pas être considérée comme un palliatif
à ses " effets collatéraux " ?
Sommes-nous en mesure de rejeter en bloc le " marché " et prétendre
créer un système parallèle viable ? Pouvons-nous le changer de l'intérieur
?
Les participants à l'Atelier Permanent se sont prononcés en faveur
du développement des capacités des acteurs de l'économie populaire
pour occuper un rôle clé dans la relation Etat - société civile,
afin d'instaurer des politiques publiques plus favorables aux micro-entrepreneurs.
Les citoyens doivent contribuer à redonner aux Etats leur rôle
de régulateur et de promoteur de politiques locales et macro-économiques
protégeant les citoyens en tant qu'êtres humains et acteurs sociaux
et économiques, face au " tout marché ".
Les acteurs de l'économie populaire doivent devenir des interlocuteurs
reconnus, force de propositions pour participer aux espaces de décisions
des politiques publiques, non seulement locaux, mais également régionaux,
nationaux et internationaux.
Dans la plupart des pays latino-américains, un besoin très fort
de ré-appropriation démocratique des territoires physiques (régions,
territoire national) et des marchés (niches, filières de production…)
est observé.
Une expérience au Pérou est d'ailleurs tout à fait intéressante
en la matière. Comme nous l'ont expliqué nos amis péruviens, une
table nationale de concertation pour la micro et moyenne entreprise,
intégrant des représentants de l'Etat et des organisations sociales,
a été créée en 1999.
Ensemble, ils travaillent à la création d'un agenda commun pour
le développement de la micro et moyenne entreprise, afin qu'elle
contribue à celui du pays. Des propositions des acteurs économiques
de base arrivent donc jusqu'au pouvoir central.
Ceci correspond à un processus et des efforts menés pendant 15 ans
pour qu'une reconnaissance de leur expertise, de leur pratique et
de leur rôle économique soit finalement en passe de reconnaissance.
Le Pérou est, en ce sens, une des exceptions qui confirment la
règle générale en Amérique latine de non reconnaissance ou prise
en compte officielle des micro-entrepreneurs, comme acteurs économiques
clé.
Par exemple, le Mexique qui vit depuis quelques années une forte
destruction de son tissu social et de ses chaînes de production,
due à son entrée de plain pieds dans le libre commerce, est bien
loin d'atteindre ce niveau acceptable de consultation des organisations
sociales et populaires. |
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Quels que soient les contextes, les organisations d'appui aux micro-entreprises
ont un rôle d'agents intermédiaires à jouer avec la coopération
internationale, les responsables politiques et d'autres mouvements
sociaux. Ainsi, elles contribueront à faire avancer toutes les pistes
de travail évoquées plus haut et parvenir à une reconnaissance de
l'économie populaire comme porteuse de plus-values multiples.
C'est d'ailleurs dans cette logique, que les participants à l'Atelier
Permanent ont décidé d'organiser un atelier ou " oficina " lors
du prochain " Forum Social et Economique Mondial " qui se tiendra
à Porto Alegre, début 2003.
En effet, ils souhaitent faire partager et confronter leurs réflexions
et analyses de leurs pratiques, avec d'autres citoyens convaincus
" qu'un autre monde, centré sur le développement humain, est possible
".
Sabine Benjamin
Frères des Hommes France
Mars 2002
* FDH Europe est une entité légale composée des 5 associations
Frères des Hommes existant en France, en Italie, au Luxembourg et
en Belgique (flamande et francophone). |
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