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Un bout de chemin fait ensemble…
Zita KAVUNGIRWA, notre partenaire en République
Démocratique du Congo témoigne
« Mon premier contact avec FDH date de 1986. J’étais
coordinatrice de « l’Union des femmes paysannes du Kivu ».
Nous appuyions la production agricole et la transformation des produits.
Nous aidions aussi les femmes à s’organiser et à faire
entendre leur voix en milieu rural.
Et puis, je suis venue en France dans le cadre d’échanges
du Sud vers le Nord. Pendant un an, j’ai été animatrice
FDH auprès des équipes de bénévoles, sur tout
le territoire. Je les ai aidées dans leurs actions de sensibilisation,
de mobilisation et d’éducation au développement.
Je devais également contribuer à montrer au public européen
que l’Afrique n’est pas telle qu’on la montre. C’est
à dire empêtrée dans la misère, avec l’idée
que les Africains ne s’en sortiront jamais… Mon rôle
était au contraire de témoigner de l’existence d’acteurs
qui agissent pour changer les choses.
Je passais d’une équipe à une autre. Je vivais chez
les bénévoles. Certaines équipes organisaient des
rencontres avec d’autres militants, d’autres associations.
Certaines équipes commençaient à créer des
collectifs localement avec d’autres ONG.
Je faisais des présentations de nos actions au Congo. J’avais
un petit montage de diapositives que je commentais. Cela permettait aux
gens de voir la vie des femmes. J’expliquais comment le poids de
la culture et de l’influence coloniale avaient cantonnés
les hommes et les femmes dans des tâches et des rôles bien
spécifiques. Quand les hommes sont partis dans les plantations
on a réalisé que pour équilibrer les foyers, il fallait
que les femmes assument certaines tâches afin que les gens ne meurent
pas de faim !
Je pense que j’ai apporté une contribution à la sensibilisation
du grand public français . Avec FDH, les gens voulaient évoluer,
connaître un changement de mentalité. Ils ont pu bénéficier
d’éclaircissements sur les images qu’ils se faisaient
du Sud.
Tout cela m’a donné la force pour continuer le travail que
j’étais en train de faire au Congo parce que j’ai senti
qu’il y avait du monde derrière nous, des gens qui nous accompagnaient..
Et puis, le fait de parler devant des gens que je ne connaissais pas,
dans une langue qu’alors je ne maîtrisais pas, m’a permis
plus tard, d’être à l’aise, pour parler en public.
J’ai mieux compris le travail que font les bénévoles
ici, notamment dans les écoles. J’ai mieux compris qu’il
leur fallait vraiment un matériel concret à partir duquel
ils peuvaient déjà commencer à sensibiliser la jeunesse.
Nous avions fait un montage spécial pour les écoles qui
ne durait pas longtemps. On leur montrait comment les enfants passent
leur journée au Congo.
Quand j’ai quitté le programme de soutien de femmes en milieu
rural pour initier une action similaire avec des femmes du secteur informel,
en milieu urbain, FDH nous a soutenu financièrement pour mener
une recherche action dont a découlé la création de
l’Association Pour l’Entreprenariat Féminin (APEF)
. En 2005, FDH soutient toujours l’APEF !
Je pense que pour ses 40 ans, FDH devrait faire une rétrospective
de ses pratiques. Voir ce qui a marché ou pas pour essayer de reprendre
ce qui est bon parce qu’à mon avis, il y a de bonnes choses
dans le partenariat d’antan qui ont un peu disparues. Par exemple,
l’échange de pratiques entre partenaires de différents
continents, je trouve ça très très important.
Il faut aussi que FDH poursuive la construction du partenariat sur
la relation humaine et sur la sincérité. L’APEF travaille
avec plusieurs associations en Europe. Et bien au fil des années
on a quand même noté un réel changement. Toutes nous
respectent car elles savent que c’est l’APEF qui initie et
mène le projet. Vous, vous ne venez qu’en soutien.
On voit de moins en moins l’envoi d’expatriés
qui seraient ceux qui savent gérer, et nous qui ne saurions pas !
Favoriser la formation des locaux pour qu’ils puissent réellement
prendre en mains les projets, je trouve que cela est vraiment important.
C’est sur cette voie qu’il faut continuer !
Entre nos partenaires en Europe, il serait bien qu’il y ait
une meilleure concertation. FDH pourrait organiser des rencontres de temps
en temps avec ces différents partenaires parce qu’il n’y
a pas de secrets les uns pour les autres. Il faut que tout soit transparent
et qu’ils se connaissent entre eux. En plus, je pense que FDH est
en avance dans sa réflexion sur le partenariat.
J’espère que cette célébration de ces 40 ans
pourra correspondre à un moment fort chez nous et chez vous, pour
parler de nos actions, de nos contextes de vie. Il nous faut mettre nos
expériences à la disposition d’autres personnes pour
que le développement aille de l’avant ! ».
Propos recueillis par Sabine Benjamin
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