![]() |
|
|
|
L'Actualité de Frères
des Hommes
|
||
| Deux ans après le tsunami, la Cour des comptes critique la gestion des dons LE MONDE.FR Dans un rapport intitulé "L'aide française aux victimes du tsunami", dont Le Parisien a obtenu une copie, la Cour des comptes dresse un bilan mitigé de l'usage des 350 millions d'euros collectés en France après le raz de marée qui a causé la mort, le 26 décembre 2004, de 270 000 personnes, dont 95 Français. L'organisme public a étudié la gestion des fonds collectés par 32 associations après le tsunami. La Cour des comptes approuve celle de 15 associations, mais formule des "recommandations" ou des "réserves" à propos de 17 autres. La Croix-Rouge et le Secours catholique, qui ont recueilli à eux seuls près de la moitié des dons, sont notamment épinglés. Ces deux ONG sont mises en cause pour avoir dépensé une trop faible partie des dons – entre 30 et 40 % – et programmé des projets sur une période très longue – jusqu'à fin 2010. Au total, 66,5 % des ressources – soit 2 euros sur 3 – n'auraient pas été dépensées fin 2005 par les principaux collecteurs. MESSAGES D'URGENCE ET ACTIONS DE RECONSTRUCTION Pour la Cour des comptes, les ONG ont été dépassées par l'afflux exceptionnel de dons qu'a suscité le tsunami. "Se sentant contraintes d'employer les fonds collectés (...), les associations ont parfois dérivé par rapport aux objectifs présentés lors des campagnes d'appel aux dons", estime le rapport. Sur le terrain, les magistrats disent avoir constaté une "surenchère entre ONG". L'organisme public relève aussi la contradiction entre certains appels aux dons, axés sur l'urgence, et le choix qu'ont fait les associations qui les émettaient de privilégier les opérations de reconstruction. Les magistrats estiment dans leur rapport que Médecins du monde, le Secours catholique et la Croix-Rouge ont à ce titre manqué à leur devoir d'information des donateurs. La Cour des comptes pointe en outre la réaffectation d'une partie de l'argent reçu : "Des dons ont été employés pour financer des opérations sans lien avec la catastrophe." Selon la cour, seules trois associations (Médecins sans frontières, Handicap International et Unicef) ont explicitement demandé aux donateurs d'arrêter l'envoi des dons. Pour les associations qui ont choisi de réaffecter à d'autres missions les fonds récoltés, la Cour demande que les donateurs soient informés. D'une manière générale, la Cour des comptes exige une "plus grande transparence des comptes d'emploi". Elle dénonce en particulier la gestion des produits financiers engendrés par les dons, qui ne sont pas systématiquement consacrés aux besoins liés au tsunami. |
|
|
Frères des Hommes - 9 rue de Savoie - 75006 Paris Tél. : 01 55 42 62 62 - Fax : 01 43 29 99 77 fdh@fdh.org - www.fdh.org |