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L'Actualité de Frères
des Hommes
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| La Bolivie héritée par Evo Morales : un défi aussi difficile que le Brésil de Lula Evo Morales vient d’être élu à la tête de la Bolivie. Comment ce premier Président issu d’un milieu populaire et, de surcroît, d’origine indienne aymara va t’il relever le défi de la réduction des inégalités et de la lutte contre la pauvreté qui rongent ce pays ? |
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Rappel historique Le gouvernement de Victor Paz Estensoro (un des leaders du processus)
issu de ce mouvement a nationalisé la production de l’étain,
réalisé la réforme agraire, remplacé l’armée
par des milices populaires pour assurer la sécurité interne.
Il a également mis en place un vaste programme libéral de
gestion publique qui permettra notamment d’endiguer l’hyper
inflation qui rongeait le pays, mais, au détriment de l’économie
minière. Les secteurs populaires et progressistes avaient essuyé des défaites à répétition, qui avaient entamé la confiance et l’estime de soi de la plupart de la population. En effet, les organisations de base populaire et de la lutte sociale n’ont retrouvé leur force qu’à la fin des années 90. Impulsées alors par les mobilisations sociales de défense de la plantation traditionnelle de la feuille de coca, en opposition aux multiples plans d’éradication totale de cette culture, promus par les USA. En 2000, une grande mobilisation des paysans de Cochabamba a empêché la privatisation de l’eau au bénéfice d’une entreprise française et donné lieu à la « Coordination de l’Eau et de la Vie » qui s’est structurée ensuite comme une organisation à part entière. Ce mouvement a été le détonateur d’une reprise historique du mouvement social, qui passe progressivement d’une action défensive et de résistance à une action plus « offensive » et de proposition. Ainsi, en septembre 2002, les mouvements paysans ont réalisé
une sorte d’occupation territoriale, encerclant les villes et bloquant
les routes. La situation sociale actuelle Bien qu’étant encore un pays rural, 10 000 travailleurs ont récemment quitté la campagne alors que simultanément, le nombre d’unités de production familiale de subsistance est passé de 43 000 à 447 000 ! Le pourcentage de familles vivant d’activités économiques dans les milieux urbains (relations sociales non salariées de subsistance et précaires) a atteint près de 70% de la population active. Les travailleurs disposant d’un contrat de travail sont passés de 40% à 32% de la population active nationale. Parmi les pays latino-américains, la Bolivie occupe la seconde place après le Brésil en matière d’inégalité dans la distribution des revenus. En Bolivie, 20% de plus riches ont un revenu 30 fois plus élevé que celui des 20% des plus pauvres. D’autres éléments sont significatifs de la situation des boliviens. Par exemple, 60% de la population totale vit dans la pauvreté, elle peut même atteindre 90% dans les zones rurales. Le taux de chômage qui atteint près de 14% a triplé lors des deux dernières décennies. La mortalité infantile est de 60/1000, sachant que la moyenne en Amérique latine et aux caraïbes est de 28/1000. L’espérance de vie est de 63 ans, contre 70 ans dans la région. Le principal outil de travail des paysans est la charrue égyptienne, née il y a 3000 an ! Seuls l’extraction du pétrole et du gaz, les télécommunications, les banques et, 10% de la production industrielle et minière utilisent la haute technologie. C’est pourquoi Álvaro Garcia Linera, actuel vice-président et l’un des plus grands intellectuels du pays, affirme que la modernité tant prônée « se réduit aux cybercafés, aux voitures et aux biens de luxe consommés par les élites ». Une lueur d’espoir ? Indiscutablement, ces élections ouvrent une nouvelle ère
pour la Bolivie du pays. Tout comme pour Lula, c’est la première
fois en 513 ans d’histoire qu’un leader populaire assume la
Présidence de la République et de surcroît, un citoyen
Aymara. Il s’est engagé à récupérer
l’identité et les droits des peuples indigènes (Aymara,
Quetchua, Guarani…), qui représentent 70% de la population
du pays. Il s’est aussi engagé à réaliser une
« révolution démocratique », en appelant à
une Assemblée Nationale Constituante, qui considère et valorise
la Bolivie comme un pays multiculturel et multi-ethnique. Rosa Miriam Ribeiro |
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