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L'Actualité de Frères
des Hommes
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| Côte
d'Ivoire : LE MONDE Fruit de trois semaines de consultations multiples, la feuille de route du chef de l'Etat proposée "aux Ivoiriens mais aussi à la communauté internationale" s'articule autour de cinq points. Le président Gbagbo préconise en premier lieu "un dialogue direct avec la rébellion en vue du désarmement et de la réunification du pays". Celui-ci doit aller de pair, a ajouté le chef de l'Etat, avec "la suppression de la zone de confiance", une zone tampon qui sépare les belligérants et que contrôlent les casques bleus de l'ONU et les troupes françaises de l'opération Licorne. La partition "n'a plus sa raison d'être (...). Elle constitue un obstacle physique à la réunification du pays, à la libre circulation des personnes et des biens et au retour des déplacés (...) alors que la possibilité de reprise des hostilités militaires est inexistante", a estimé M. Gbagbo. La troisième proposition consiste à créer "un service civique national" de 18 mois. Il s'agit d'inculquer le "respect de la République et des institutions" à une jeunesse "exposée à toutes les tentations" et d'assurer à "chaque jeune engagé" une formation et un pécule mensuel pris en charge par l'Etat. Toujours dans le cadre de son plan de paix, le président a annoncé qu'il allait présenter aux parlementaires dans les prochains jours "une nouvelle loi d'amnistie". Enfin, "au nom de la solidarité", il a plaidé en faveur de "la mise en place d'un programme d'aide au retour des déplacés de guerre". Les cinq propositions, a conclu M. Gbagbo, ne visent qu'un objectif : organiser des élections présidentielle et législative "le plus rapidement possible". Se présentant comme un démocrate sincère, hostile à la force, le chef de l'Etat s'est d'ailleurs dit convaincu qu'elles peuvent se tenir "dès le mois de juillet 2007". Quel sera l'accueil réservé aux propositions du président Gbagbo ? Elles ne suffiront probablement pas à débloquer la crise car les problèmes de fond subsistent. Ainsi, le chef de l'Etat n'a pas évoqué le problème - crucial - des listes électorales dont la mise à jour, selon les spécialistes de l'ONU, demandera, dans le meilleur des cas, neuf à dix mois de travail. C'est dire que la tenue d'un scrutin dès juillet apparaît improbable. Le président n'a pas précisé quel gage il entendait donner aux anciens rebelles pour qu'ils acceptent de désarmer. Enfin, des discussions directes entre belligérants ne semblent pas prometteuses, vu le climat de méfiance actuel. Celles qui ont eu lieu sur des questions militaires ont été décevantes. Quant à la disparition de la zone de confiance, synonyme d'un désengagement de l'ONU, elle risque de favoriser à court terme une reprise des hostilité. Jean-Pierre Tuquoi | |
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