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L'Actualité de Frères
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| Côte d'Ivoire: les partisans de Gbagbo paralysent à nouveau Abidjan AFP Par David YOUANT ABIDJAN (AFP) - Les "jeunes patriotes" ivoiriens ont paralysé Abidjan mercredi pour protester contre le processus d'identification des populations en Côte d'Ivoire, prélude selon eux à la "fraude électorale", et lancer ainsi un "avertissement" au Premier ministre Charles Konan Banny. Installés au petit matin, les barrages des "jeunes patriotes", partisans du président Laurent Gbagbo, ont commencé à être levés en fin d'après-midi, la circulation redevenant fluide sur le boulevard Valéry Giscard d'Estaing, l'une des principales artères de la capitale économique ivoirienne. Alors que le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire Pierre Schori était reçu en fin d'après-midi par le président Gbagbo, le Conseil de sécurité des Nations unies a adressé un nouvel avertissement à tous ceux qui feraient "obstacle au processus de paix". Le Conseil de sécurité s'est déclaré "tout à fait prêt à imposer des sanctions ciblées (...) contre les personnes qui sont reconnues (...) comme faisant obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix", les menaçant de "sanctions ciblées". Ces troubles interviennent à la veille d'une réunion prévue dans la capitale économique ivoirienne du Groupe de travail international (GTI) chargé d'évaluer le déroulement du processus de paix. Les "jeunes patriotes" qui protestaient contre les "audiences foraines", ont voulu lancer un "avertissement" au Premier ministre Banny, a expliqué leur chef Charles Blé Goudé. "Dans les jours à venir, si rien n'est fait, nous allons passer à une autre vitesse", a averti M. Blé Goudé, sous le coup de sanctions onusiennes depuis février. Des centaines de partisans du chef de l'Etat, parfois armés de gourdins et de barres de fer, avaient envahi les rues tôt mercredi, érigeant les barrages sur les principales artères, paralysant la circulation et l'activité économique pour protester contre la tenue "d'audiences foraines". Les "audiences foraines" rassemblent des équipes de magistrats et fonctionnaires de l'état civil qui se rendent dans les quartiers et villages pour établir des actes d'état civil aux personnes qui en sont dépourvues. Cette phase essentielle du processus de paix doit déboucher sur l'octroi de papiers d'identité à ceux qui y ont droit, afin qu'ils puissent prendre part aux élections prévues avant fin octobre, dont la présidentielle. Le Front populaire ivoirien (FPI), parti présidentiel, avait appelé à "empêcher" ces audiences "par tous les moyens", assurant qu'elles préparent "la fraude électorale" par l'inscription massive d'étrangers (environ un quart de la population). Le président Gbagbo lui-même s'était déclaré mardi opposé à leur tenue tant que le désarmement des combattants rebelles n'était pas effectif, réclamant "un minimum de coercition de la part de la communauté internationale" pour désarmer la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays. M. Gbagbo avait déjà accusé samedi la mission de l'Onu (Onuci), qui dispose de 6.700 Casques bleus dans le pays, d'être "silencieuse" face aux rebelles mais "zélée" pour condamner ses partisans. Le ministère français des Affaires étrangères a "condamné vigoureusement les actions menées par certaines parties afin de s’opposer à la tenue des audiences foraines". Le début des "audiences foraines" avait été fixé au 15 juillet lors d'une rencontre au début du mois à Yamoussoukro du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan avec le président Gbagbo et les principaux acteurs politiques ivoiriens. Certaines avaient commencé en début de semaine, mais leur tenue avait été empêchée dans plusieurs localités sous contrôle gouvernemental par des "patriotes". Une vingtaine d'audiences foraines ont continué mercredi "sur le reste du territoire ivoirien", malgré "quelques problèmes" dans le sud loyaliste, selon une responsable de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). De son côté, le président ivoirien Laurent Gbagbo a appelé mercredi soir les manifestants qui avaient paralysé Abidjan, à lever leurs barrages, dans un communiqué lu à la télévision nationale. "Depuis ce matin, les activités socio-économiques et la circulation sont perturbées par des barrages. Les informations recueillies révèlent que ces manifestations visent à protester contre la tenue des audiences foraines dans leur forme actuelle", dit le communiqué présidentiel. M. Gbagbo "informe la population qu'il a entrepris une série de rencontres en vue d'apporter des solutions au problème soulevé. Il a ainsi rencontré ce jour M. le Premier ministre avec qui les discussions se poursuivent", ajoute le texte. Le président "invite donc les uns et les autres à libérer la voie publique pour permettre la reprise des activités socio-économiques", conclut le communiqué.AP | |
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