Convention de la Société Civile Ivoirienne
(CSCI)
Position de principe relative à
la nomination du premier ministre
et à l’action du gouvernement de Transition
Un nouveau premier ministre vient d’être nommé en
Côte d’Ivoire, conformément à la résolution
1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, par la communauté
internationale pour une période de Transition allant jusqu’en
octobre 2006. La Convention de la Société Civile Ivoirienne
(CSCI), composée des confessions religieuses, de la chefferie traditionnelle,
des organisations professionnelles et d’ONG, exprime ici sa position
de principe sur le choix du premier ministre et la formation du gouvernement
d’une part, la matrice de la feuille de route mise à jour
par le Groupe International de Travail et la nécessaire participation
de la société civile ivoirienne authentique d’autre
part.
1- Choix du premier ministre et formation du Gouvernement de
Transition.
Le choix de M. Charles Konan Banny, comme premier ministre, pour diriger
le gouvernement de Transition, fait l’objet de consensus au sein
de la classe politique ivoirienne et semble rencontrer l’assentiment
d’une large de l’opinion publique qui se lasse de la situation
d’incertitude dans laquelle est plongé le pays depuis bien
longtemps. En cela, la CSCI exprime sa gratitude aux présidents
Obasanjo, M’Béki et Tandja pour avoir su trouver, enfin,
le consensus. Elle félicite également M. Banny pour sa nomination
à ce poste si sensible, lui adresse, ainsi qu’à ses
collaborateurs, tous les vœux de réussite.
La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) pense
raisonnablement que M. Banny satisfait à au moins trois des dix
critères qu’elle avait suggérés pour le choix
du premier ministre de Transition, lors de ses 6ème assises du
26 novembre 2005, à savoir : un passé non controversé,
une expérience professionnelle d’au moins dix ans et une
bonne moralité. Dans ce sens, la CSCI ne doute pas que le nouveau
chef du gouvernement, pour la réussite de sa lourde et délicate
mission et dans l’intérêt national, s’attachera
à prouver son aptitude à respecter les sept autres critères
qui sont les suivants: un sens très élevé de l’intérêt
de la nation, un esprit d’ouverture, une grande capacité
d’écoute et de collaboration avec toutes les parties, des
qualités de rassembleur et de conciliateur, l’impartialité
et l’équité, la collaboration avec la société
civile authentique et l’aptitude à former un gouvernement
restreint de 25 membres au maximum.
Un gouvernement restreint de 25 membres au maximum, composé beaucoup
plus de technocrates que de politiciens, démontrerait la volonté
de rechercher d’abord l’efficacité, de réduire
le train de vie de l’Etat et de réaffecter les économies
budgétaires à des fins productives au bénéfice
de la population trop appauvrie par la guerre.
Par ailleurs, conformément à la résolution 1633 du
Conseil de Sécurité, notamment en son article 8, la CSCI
recommande de confier à des personnalités neutres et de
placer sous la responsabilité directe du premier ministre, les
portefeuilles ministériels relevant des domaines suivants :
Economie et Finances, Sécurité Intérieure, Défense,
Intérieur, Justice et Information. Cela crédibiliserait
le nouveau gouvernement, réduirait la méfiance des candidats
aux prochaines élections et rassurerait tout le monde.
2- Matrice de feuille de route mise à jour par le Groupe
de Travail International et nécessaire participation de la société
civile ivoirienne
La feuille de route mise à jour par la réunion n° 2
du Groupe de Travail International tenue à Abidjan le 6 décembre
2005 est articulé autour des points suivants : gouvernance
et processus politique ; désarmement, démobilisation
et réinsertion des ex-combattants (DDR); désarmement
et démantèlement des milices ;redéploiement
de l’administration ; identification et nationalité ;
processus électoral ; rétablissement de la sécurité avec
l’appui des forces impartiales; sanctions et liberté de mouvement ;
respect des droits de l’homme ; suivi des média ;
action humanitaire.
La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) note,
avec satisfaction, que les onze points identifiés par le GTI s’inscrivent
dans le cadre de ses propositions faites lors de ses 5ème assises
tenues à Abidjan les 9 et 10 septembre 2005. Elle en remercie le
GTI. Cependant, la CSCI voudrait rappeler au GTI cinq points importants
qui semblent avoir été omis ou exprimés de manière
non explicite. Ce sont :
1- le sort des victimes de guerre ;
2- la méthodologie à utiliser pour une
vraie réconciliation nationale ;
3- les dispositions à mettre en place pour la
création d’une véritable armée républicaine ;
4- la maîtrise des contraintes macroéconomiques
pour la relance de l’économie ivoirienne ;
5- la relance de la diplomatie ivoirienne pour améliorer
l’image extérieure du pays.
La CSCI estime que l’avènement d’une paix durable en
Côte d’Ivoire ne se réduit pas à l’organisation
de simples élections. Les problèmes ci dessus évoqués
doivent, au préalable, trouver des solutions.
Par voie de conséquence, la CSCI souhaite vivement la tenue très
urgente du Forum de Dialogue National prévu par le communiqué
de la 40ème session du Conseil de paix et de sécurité
de l’Union Africaine ainsi que par la résolution 1633 du
Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce Forum, qui regrouperait
la classe politique et la société civile (secteur privé,
confessions religieuses, chefferie traditionnelle, ONG des droits de l’homme
et des secteurs sociaux), permettrait de passer en revue et de traiter
de manière consensuelle les points identifiés ou omis par
le GTI.
En effet, pour l’accélération du processus de paix
et l’efficacité de l’action gouvernementale, le nouveau
premier ministre ne devrait pas être l’otage des partis politiques,
notamment les signataires de l’accord de Marcoussis. La société
civile ivoirienne authentique doit être associée à
divers niveaux du processus socio politique pour donner une contribution
objective qui vise l’intérêt général
de la nation au lieu de calculs partisans. La Convention de la Société
Civile Ivoirienne (CSCI), composée des confessions religieuses,
de la chefferie traditionnelle, des organisations professionnelles et
des ONG, de par sa représentativité et ses propositions
antérieures, est disposée pour une franche coopération
avec le gouvernement de Transition.
Fait à Abidjan, le 7 décembre 2005
Pour la Convention, le Coordonnateur National
Dr. N’GOUAN K. Patrick

LISTE DES ORGANISATIONS MEMBRES
DE LA CONVENTION DE LA SOCIETE CIVILE IVOIRENNE
I CONFESSIONS RELIGIEUSES ET
CHEFFERIE TRADITIONNELLE
II ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES
III ORGANISATIONS DE DROITS
DE L’HOMME ET DE DEMOCRATIE
IV ORGANISATIONS DE PROMOTION HUMAINE ET D’EDUCATION
CIVIQUE
I - CONFESSIONS RELIGIEUSES
ET CHEFFERIE TRADITIONNELLE
1 - CJP : Commission Justice et Paix de l’Eglise Catholique
2 – CNI : Conseil National Islamique
3 – EMUCI : Eglise Méthodiste Unie de Côte d’Ivoire
4 – CCRP : Collectif des Confessions Religieuses pour la Paix
5 - FECI : Fédération Evangélique de Côte
d’Ivoire
6 - FOI : Front de la Ouma Islamique
7 - CSRCTCI : Conseil Supérieur des Rois et Chefs Traditionnels
de Côte d’Ivoire
II - ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES
8 - AECI : Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire
9 – AFJCI : Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire
10 – ASM : Association Syndicale de la Magistrature
11 - CA : Chambre d’Agriculture
12 - CCI : Chambre de Commerce et d’Industrie
13 - CEA : Chambre des Experts en Automobiles
14 – CGECI : Confédération Générale
des Entreprises de Côte d’Ivoire
15 - CNMCI : Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire
16 - FESACI : Fédération des Syndicats Autonomes de
Côte d’Ivoire
17 - FI-PME : Fédération Ivoirienne des Petites et
Moyennes Entreprises
18 - FNIH : Fédération Nationale des Industries Hôtelières
19 - UNAGCI : Union Nationale des Greffiers de Côte d’Ivoire
20 – UGTCI : Union Générale des Travailleurs
de Côte d’Ivoire
21 – UNAMACI : Union Nationale des Magistrats de Côte
d’Ivoire
22 - UPECI : Union Patronale des Electriciens de Côte d’Ivoire
23 - SYMACI : Syndicat des Magistrats de Côte d’Ivoire
24 – FEDESI :
Fédération pour le Développement du Secteur Informel
25 – FENACCI : Fédération Nationale des Commerçants
de Côte d’Ivoire
III – ORGANISATIONS
DE DROITS DE L’HOMME ET DE DEMOCRATIE
26 – ACAT : Action des Chrétiens pour l’Abolition
de la Torture
27 - AID-CI : Association Internationale pour la Démocratie
en Côte d’Ivoire
28 – APDH : Action pour la Protection des Droits de l’Homme
29 – AISI : Amnesty International, section ivoirienne
30 - FACCI : Fédération des Associations de Consommateurs
de Côte d’Ivoire
31 - GERDDES-CI : Groupe d’Etude et de Recherche sur la Démocratie
et le Développement Economique et Social en Côte d’Ivoire
32 - LIDHO : Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme
33 - MIDH : Mouvement Ivoirien des Droits Humains
34 – OLPED : Observatoire de la Liberté de la Presse,
de l’Ethique et de la Déontologie
35 - CUA-CI: Club Union Africaine de Côte d’Ivoire
IV- ORGANISATIONS DE PROMOTION
HUMAINE ET D’EDUCATION CIVIQUE
36 – ACEEPCI : Association Chrétienne des Elèves
et Etudiants Protestants de Côte d’Ivoire
37 - AEEMCI : Association des Elèves et Etudiants Musulmans
de Côte d’Ivoire
38 - AIBEF : Association Ivoirienne du Bien-être Familial
39 - ASAPSU : Association de Soutien à l’Auto Promotion
Sanitaire Urbaine
40 – CFELCI : Coalition des Femmes Leaders de Côte d’Ivoire
41 - FIACU : Fédération Ivoirienne des Associations
et Clubs UNESCO
42 - FEMAJECI : Fédération des Mouvements et Associations
de Jeunesse et d’Enfance de Côte d’Ivoire
43 - ICCI : Initiative et Changement en Côte d’Ivoire
44 - JEC : Jeunesse Estudiantine Catholique
45 – OFACI : Organisation des Femmes Actives de Côte
d’Ivoire
46 - OFEP: Organisation des Femmes d’Eburnie pour la Paix
47 – READ: Réseau pour l’Environnement et l’Action
de Développement Durable
48 – RIOF : Réseau Ivoirien des Organisations de Femmes
49 – WANEP-CI: West Africa Network Education for Peace building
Côte d’Ivoire
Convention de la Société Civile Ivoirienne
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