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L'Actualité de Frères
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| Haïti : Les cent jours d'Alexis Bientôt les cent jours Éditorial LE MATIN du 8
septembre 2006 C’est de tradition. Beaucoup de gens tiennent aux cents premiers jours. Certains se sont déjà gaussés de ceux du président René Préval assermenté le 14 mai. Ils les ont jugés pauvres en réalisation. Bon, je ne vais pas insister, mais cela ne veut rien dire dans la mesure où le président de la République ne conduit pas la politique de la nation. Préval aurait peu de choses à offrir à ceux qui ont la dent dure, lors même qu’il put se prévaloir des succès de ce qu’il pourrait appeler son offensive diplomatique. Ses nombreux déplacements et démarches sur les principales scènes du monde avant et après son entrée en fonction en attesteraient. Mais, Jacques-Édouard Alexis, on l’attend au tournant. Le tournant, c’est pour bientôt, le 16 septembre, en comptant jour pour jour. Loin de moi l’idée d’entreprendre une exploration critique de l’action gouvernementale. Personnellement, je ne crois pas beaucoup à cette tradition, mais je comprends que les observateurs et journalistes politiques cherchent à repérer dans les mesures frappantes d’un nouveau gouvernement l’orientation qu’il compte donner à sa politique. Le Matin y reviendra certainement pour continuer à jouer pleinement son rôle au sein du monde médiatique. La grande nouvelle du jour, qu’on inclura sans doute dans le bilan des cent jours, nous vient justement de la Primature où ont été présentés à la presse, ce 7 septembre, 14 nouveaux directeurs généraux de ministère et deux secrétaires d’État, l’un à l’Agriculture et l’autre à l’Alphabétisation. Ce changement survenu dans la haute fonction publique annonce-t-il un bouleversement important ? A-t-il été bien expliqué pour être certain qu’il sera bien compris ? Il m’inspire en tout cas deux remarques. 1 - Comment faut-il l’interpréter lorsqu’on se rappelle que le président de la République avait fait savoir qu’il n’y aurait pas de chambardement, encore moins de chasse aux sorcières, de ôte-toi que je m’y mette ? J’avoue que ces belles dispositions m’avaient laissé sceptique, encore que je puisse trouver légitime qu’on opère des déplacements et des changements là où cela s’avère nécessaire pour toutes sortes de raisons, entre autres, d’accommodements relationnels, d’évaluation des capacités et des compétences. Je m’y attendais donc, mais pas de sitôt. Faut-il croire que le gouvernement se dépêche de procéder avant les fameux cents jours? Faut-il y voir un partage de pouvoirs ? À cette fin, les observateurs ne manqueront pas d’examiner à la loupe les appartenances politiques des nouveaux titulaires. Les plus avisés s’en tiendront à leurs qualifications et référeront à leur curriculum vitae si tant est que la fonction de directeur général, à la différence de celle de directeur de cabinet, est plus technique que politique. On spéculera, bien entendu, sur la composition plurielle de ce gouvernement tout en se demandant si ce remous ne risque pas de le fragiliser. 2 – Ce qui peut être vraiment dommageable sur le plan politique, c’est que rien n’empêche d’accueillir ces nouvelles nominations comme une concession à la gesticulation comminatoire des aristidiens. Et pourquoi ces derniers, si tel était le cas, n’en profiteraient pas pour affaiblir l’État encore plus pour obtenir toujours plus. Et ils ne sont pas les seuls. Comme d’autres, ils agissent en fonction de ce qu’ils croient être vrai et pas nécessairement de ce qui est la vérité. Le plus troublant de toute cette opération est l’éviction du directeur de l’administration des douanes, M. Édouard Valès, au moment où du côté de la frontière se développe un violent mouvement de défi à l’autorité de l’État réclamant le départ des responsables de l’Administration des douanes pour cause … de compétence. Sera-ce bientôt le tour du directeur régional de la douane de Malpasse ? En vérité, les citoyens ont besoin d’être éclairés. Ils veulent être gouvernés dans le bon sens du terme grâce au renforcement de l’État, au respect de la loi et de l’autorité, à l’avènement du règne de l’équité et de la sécurité. 3 – Je fais une troisième remarque qui n’est pas directement liée au propos principal de cet éditorial. Il s’agit de ce que l’on désigne comme le scandale au ministère des Affaires étrangères et qui a donné lieu à une grande agitation au Parlement avec débordement sur d’autres institutions. Nous reproduisons sous la rubrique Agora un texte d’Abel Descollines qui fait le point de la question et débouche sur d’intéressantes interrogations. S’il y a quelque chose que j’attends du rendez-vous des cent jours, c’est bien la définition de la vision de chacun des ministères en liaison avec les priorités présidentielles et la déclaration de la politique générale du Premier ministre. À cette occasion, il me semble impérieux aujourd’hui que la politique étrangère d’Haïti cesse d’être le reflet de la volonté des puissances amies pour atteindre un niveau d’autonomie d’action et de projets créateurs qui promeuvent les intérêts de notre pays que nous sommes les mieux placés à concevoir, à comprendre et à défendre. Nous y reviendrons. Je ne suis pas un fétichiste des cent jours, mais s’ils doivent constituer une occasion de prendre lecture de l’orientation du gouvernement et de bénéficier de la mise au jour de certaines mesures et de la clarification de certaines opérations, j’en suis.
LE MATIN vendredi 8 septembre 2006 |
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