![]() |
|
|
|
L'Actualité de Frères
des Hommes
|
||
| Haïti
: Des propositions de la Sté civile à René Préval
Monsieur René Garcia Préval, Excellence, Le Comité Coordonnateur du Forum Citoyen pour la Réforme de la Justice vous présente ses félicitations et ses souhaits de succès en ce début d'un nouveau mandat comme Président du pays, qui suscite tant d'espoirs et d'attentes chez le peuple haïtien. Avec beaucoup d'intérêt le Forum Citoyen a pris acte de
votre intention de renforcer les institutions du pays, notamment les institutions
judiciaires. Il se souvient toujours de certaines initiatives prises par
vous en faveur de la réforme judiciaire au cours de votre premier
mandat. Les problèmes affrontés par la justice vous sont
bien connus : sa forte dépendance par rapport au Pouvoir exécutif
; les enquêtes judiciaires qui n'aboutissent presque Le Comité Coordonnateur du Forum Citoyen pour la Réforme
de la Justice a l'avantage de vous soumettre son expérience dans
la réflexion systématique sur la réforme de la justice
en Haïti, à partir de la participation citoyenne. Au cours
des 4 dernières années, 7 Forums nationaux ont été
organisés ; 300 rencontres Le processus de la réforme de la justice ne peut se concentrer
exclusivement sur des réformes partielles, à partir du Ministère
de la Justice, par voie de décrets. La réforme de la justice
participe à la réforme de l'Etat et à la transformation
sociale par l'établissement de nouvelles pratiques démocratiques
et institutionnelles. Dans ce sens, le Comité Coordinateur du Forum
Citoyen pour la Réforme de la Justice attire votre attention sur
un Le Comité Coordonnateur du Forum Citoyen pour la Réforme
de la Justice a donc l'honneur de vous présenter, Monsieur le Président,
son expérience et les conclusions de ses recherches en ce moment.
Assurés que ces points ne vous laisseront pas indifférent, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'hommage de notre respect. Pour le Comité Coordonnateur du Forum Citoyen pour la Réforme de la Justice Pénale, Chérubin Tragélus, membre N.B. Le Forum Citoyen pour la Réforme de la Justice est constitué
avec l'appui du projet «Justice – Appui à la société
civile » du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) et la contribution de l'Agence canadienne de développement
International (ACDI) et la Commission de l'Union Européenne (UE). |
|
Proposition de : « Pacte pour la réforme de la justice » Préambule Considérant que la Nation haïtienne s'est engagée dans un processus de transition démocratique depuis 1986 en dénonçant l'impunité et les violations des libertés et droits fondamentaux et en exigeant la réforme de l'Etat et de la justice ; Considérant que les conditions d'accès à la justice ne se sont toujours pas améliorées et que la réforme de la justice tarde à se réaliser ; Considérant que Démocratie et Justice sont liées ; Considérant que l'Etat de droit démocratique est celui dans lequel les libertés et les droits fondamentaux de chacun sont effectivement garantis, notamment par un système judiciaire impartial et indépendant ; Considérant que le processus de réforme de la justice ne peut se concentrer exclusivement sur des réformes partielles, à partir du Ministère de la Justice uniquement ; Considérant que la réforme de la justice doit contribuer à la réforme de l'Etat et à la transformation sociale par l'établissement des pratiques et des institutions démocratiques ; Considérant que l'expérience menée par le Forum Citoyen pour la Réforme de la Justice et d'autres organisations de la société civile, pour l'institutionnalisation des nouvelles pratiques démocratiques d'élaboration des politiques publiques, doit être prise en compte par l'Etat ; Considérant qu'en vertu du principe de la continuité de l'Etat, le prochain gouvernement ainsi que le Parlement à venir devront inscrire à leur agenda politique la réforme de la justice et la réforme de l'Etat, de ses pratiques ; Nous, organisations de la société civile, nous nous lions par ce Pacte pour la réforme de la justice, aux fins d'établir un agenda de la réforme du système judiciaire qui participe à la construction de l'Etat de droit démocratique, de l'Etat de justice.
L'Etat de droit démocratique garantit le respect et la dignité de la personne humaine. La réforme de la justice, en tant que réforme de l'Etat, vise à la construction de : • Une justice qui protège et garantit les droits et la dignité
de la personne humaine : • Une justice accessible à tous : • Une justice transparente et efficace :
Les dysfonctionnements de la justice, en lien avec les caractéristiques
de l'Etat, se systématisent dans cinq problèmes clé
suivants: Problème 1 : Le pouvoir judiciaire est dépendant des autres pouvoirs Le pouvoir judiciaire se trouve sous la domination de l'Exécutif, du Législatif et des collectivités territoriales : l'accès à la justice, l'impartialité et l'indépendance des juges ne sont pas garantis. Problème 2 : L'enquête est souvent déficiente et n'aboutit à aucun résultat Dans la majorité des cas, les enquêtes criminelles se poursuivent sans aboutir à d'autres résultats que l'impunité et la violation des libertés et des droits fondamentaux des individus en procès, victime et personne accusée. Problème 3 : L'Etat ne garantit pas au citoyen l'accès à l'aide juridique L'inexistence d'une politique publique en matière d'aide juridique
est caractéristique de l'Etat prédateur des libertés
et des droits fondamentaux. L'inefficacité d'une telle aide conduit,
pour les catégories sociales vulnérables, à l'incapacité
de faire respecter leurs droits à l'occasion d'un conflit. Problème 4 : La justice est corrompue. Il n'y a pas de sécurité juridique La corruption se caractérise notamment par la confusion entre patrimoine public et patrimoines privés, la négation de l'intérêt général, l'utilisation des services publics à des fins strictement personnelles. Dans le système judiciaire, elle aboutit à l'impossibilité d'appliquer la loi, par des décisions judiciaires impartiales. Elle engendre la délégitimation et la perversion des fondements de la démocratie et de l'Etat de droit. Elle détruit le lien social. Problème 5 : La justice n'est pas proche des citoyens. Elle est incompréhensible La langue utilisée par les acteurs judiciaires ainsi que le formalisme
du langage judiciaire sont des obstacles à la
1. Séparation de l'Exécutif d'avec le Pouvoir judiciaire
b. Indépendance du pouvoir judiciaire 2. Mise en place système d'aide juridique efficace et respectueuse
de la dignité humaine 3. Réforme de la procédure criminelle (Code d'instruction
criminelle) 4. Adoption de mesures pour rendre la justice plus proche des citoyens 5. Prise de mesures de lutte contre la corruption dans le système
judiciaire afin d'assurer la sécurité juridique
Au cœur de la réforme, se trouvent les citoyennes et les citoyens, qui y participent par des mécanismes complémentaires. Premièrement, ils prennent part au débat public sur la réforme via leurs représentants au sein des différents pouvoirs de l'Etat, en particulier, le Parlement - les sénateurs et les députés - et l'Exécutif – le Président de la République, le Premier Ministre et le cabinet ministériel. Deuxièmement, les citoyens et les citoyennes participent à
la réforme directement, individuellement collectivement, via des
organisations de la société civile, telles que : Sont acteurs de la réforme aussi bien les organisations de la société civile que les représentants de l'Etat. Article V : La méthodologie de la réforme La réforme de la justice, en tant que réforme de l'Etat
et de ses pratiques, doit être structurelle. La réforme, en tant que réforme de l'Etat de droit démocratique,
doit être participative. Cette méthodologie passe par l'élaboration d'un pacte - entre organisations de la société civile - et la mise en place d'un agenda public - par les autorités politiques – fixant les objectifs et le processus de la réforme de la justice – comme manifestation de la volonté politique et comme processus itératif entre les représentants de l'Etat et les citoyens dans l'élaboration des politiques publiques. Article VI : De l'agenda de la réforme |
|
|
Frères des Hommes - 9 rue de Savoie - 75006 Paris Tél. : 01 55 42 62 62 - Fax : 01 43 29 99 77 fdh@fdh.org - www.fdh.org |