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L'Actualité de Frères
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| La police indienne accusée de meurtres de civils innocents dans sa lutte antiséparatiste au Cachemire LE MONDE | 01.03.07 | Pour la première fois depuis le début de l'insurrection au Cachemire sous contrôle indien, un haut gradé de la police et six de ses subalternes ont été publiquement accusés, mercredi 28 février, d'avoir assassiné un civil en le faisant passer pour un militant islamiste. "Les accusés sont inculpés de conspiration criminelle, enlèvement, meurtre et destruction de preuves", a affirmé à Srinagar, capitale d'été du Cachemire, Farooq Ahmed, le policier chargé de l'enquête. Les Cachemiris accusent, depuis de nombreuses années, les forces de sécurité indiennes de tuer des civils innocents, au nom de la lutte contre les militants séparatistes, pour obtenir promotions et récompenses. Les sept policiers aujourd'hui inculpés sont accusés d'être mêlés à la mort d'Abdur Rahman Padder, un menuisier de 35 ans qui avait disparu de son domicile à Srinagar le 8 décembre 2006. Sur le moment, les policiers avaient revendiqué avoir tué Abu Afiz, un militant du Lashkar-i-Taiba, mouvement de guérilla basé au Pakistan, lors d'un échange de tirs à Ganderbal, à 20 km de Srinagar. Ils avaient affirmé avoir retrouvé un fusil d'assaut et une grenade sur son corps. Le doute est apparu lorsqu'un policier enquêtant sur la plainte pour disparition déposée par le père de Padder a retrouvé le téléphone mobile de la victime dans les mains d'un officier de police de Ganderbal. Le corps de Padder a été exhumé. Des tests ADN ont confirmé son identité. Depuis lors, les corps de quatre autres victimes civiles ayant été tuées dans des circonstances similaires ont été exhumés. Les officiels indiens, politiques ou militaires, multiplient à chacune de leurs visites au Cachemire les déclarations sur la nécessité d'instaurer une "tolérance zéro" vis-à-vis des violations des droits de l'homme. Dans son dernier rapport, publié avant cette affaire, l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) affirme pourtant que "de sérieux abus, tels que des meurtres, des disparitions, des tortures, des détentions arbitraires et illégales, se poursuivent". "La situation s'est quelque peu améliorée. Mais comme les militants (séparatistes) sont moins actifs, la police a moins de résultats et elle veut prouver qu'elle agit", explique un Cachemiri qui veut rester anonyme. L'impunité des forces de sécurité indiennes a créé de "très mauvaises habitudes", note ce même Cachemiri, qui souligne la corruption au sein des organes de sécurité. "Je ne pense pas que cette affaire va changer grand-chose. Les violations des droits de l'homme sont quotidiennes et cela va continuer", affirme Sajjad Lone, l'un des chefs de l'Alliance des partis séparatistes, interrogé par téléphone à Srinagar. Il faudra plus que ces inculpations pour convaincre les Cachemiris que la situation s'améliore dans cet État, à majorité musulmane, que l'Inde et le Pakistan se disputent depuis 1947. Près de 60 000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées au Cachemire depuis le lancement de l'insurrection armée en 1990. Françoise Chipaux
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