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L'Actualité de Frères
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| L'Inde accuse le Pakistan de "soutenir" les auteurs des attentats de Bombay LE MONDE (www.lemonde.fr) Françoise Chipaux, correspondante en Asie du Sud, New Delhi L'énième tentative de paix lancée en janvier 2004 entre l'Inde et le Pakistan semble de nouveau compromise après les accusations portées, vendredi 14 juillet, par le premier ministre indien Manmohan Singh contre Islamabad. Visitant Bombay quatre jours après les attentats meurtriers contre des trains qui ont fait 200 morts et plus de 700 blessés, M. Singh a affirmé que les enquêteurs étaient certains que les "terroristes (en Inde) étaient encouragés, inspirés et soutenus par des éléments de l'autre côté de la frontière sans quoi ils ne pourraient frapper d'une manière aussi dévastatrice. Ils veulent clairement frapper notre force économique croissante, détruire notre unité et provoquer une désunion communautaire", a affirmé M. Singh. Le premier ministre n'a pas prononcé le mot Pakistan mais l'allusion était suffisamment claire pour déclencher un nouveau démenti d'Islamabad. "Ces allégations sont infondées, nous les avons déjà rejetées", a réitéré le porte-parole du ministère pakistanais des affaires étrangères, Tasnim Aslam. M. Singh, qui a visité les lieux des attentats et s'est entretenu avec des blessés dans deux hôpitaux, a précisé : "J'ai expliqué au gouvernement du Pakistan, au plus haut niveau, que si de tels actes de terrorisme ne sont pas contrôlés, il est extrêmement difficile pour un gouvernement de poursuivre ce qui peut s'appeler une normalisation des relations et un processus de paix. Le Pakistan avait alors promis qu'il ne permettrait pas que son territoire soit utilisé pour promouvoir, encourager et soutenir les éléments terroristes visant l'Inde, a poursuivi M. Singh ; cette assurance doit être respectée (pour) qu'il y ait des progrès dans le processus de paix." NOMBREUSES PISTES Sous la pression de l'opposition et de la majorité de la presse qui accuse, depuis le premier jour, directement le Pakistan et ses services secrets, le premier ministre se devait de réagir. Les conversations qui devaient se tenir le 20 et 21 juillet entre les numéros deux des ministères indien et pakistanais des affaires étrangères pourraient en pâtir. Celles-ci n'ont pas encore été officiellement annulées mais les dates n'ont pas été confirmées. "Certains demandent la révision du dialogue avec le Pakistan", affirme K. Subramaniam, membre du Conseil national indien de sécurité. Car ils disent pourquoi discuter si même (le président pakistanais, le général Pervez) Musharraf n'est pas capable de contrôler cela ? D'un autre côté, Musharraf va sûrement plaider : 'si vous ne me parlez pas les choses risquent d'être pires'", dit-il soulignant, comme nombre d'experts, que la marge de manoeuvre du gouvernement est étroite. "Le terrorisme est un problème international et la communauté internationale semble démunie. Que fait-elle pour contrôler cela ?", souligne encore M. Subramanian. Pour le moment, la police indienne n'a pas de preuves déterminantes contre les auteurs de ces attentats. De nombreuses pistes sont suivies et en particulier des coups de téléphone donnés entre Bombay et le Pakistan, l'Afghanistan, le Bangladesh et Dubaï (Emirats arabes unis). La police se concentre toujours sur le Lashkar-e-Taiba, groupe extrémiste islamiste actif contre les troupes indiennes au Cachemire et le SIMI (Mouvement islamique des étudiants de l'Inde), interdit. Elle interroge notamment des militants du Lashkar arrêtés au Cachemire. Elle a aussi publié la photo d'un troisième homme, "Rahil", qui est recherché avec Sayyad Zabiuddin et Zulfeqar Fayyaz. Ces deux derniers suspects auraient disparu en mai après l'arrestation de trois militants islamistes et la saisie d'armes, de munitions et d'explosifs dans l'ouest de l'Inde. Plusieurs personnes de confession musulmane ont été arrêtées à travers l'Inde pour être interrogées mais aucune arrestation directement liée aux attentats n'a encore eu lieu. Article paru dans l'édition du 16.07.06 © Le Monde |
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