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RDC Dossier Spécial Elections :
Joseph Kabila prête serment sur fond de combats dans l'est du Congo

LE MONDE.FR Avec AFP et Reuters
06.12.06


Joseph Kabila, investi mercredi 6 décembre, à Kinshasa, président de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé "la fin de la récréation" et appelé ses compatriotes à se "remettre au travail" pour relever le défi du développement d'un pays ravagé par des années de guerre et de mauvaise gestion. Vainqueur du second tour de l'élection présidentielle le 29 octobre avec 58 % des suffrages, M. Kabila a commencé mercredi un mandat de cinq ans.

"FIN DE LA RÉCRÉATION"

"J'annonce aujourd'hui la fin de la récréation, afin que le peuple puisse se consacrer au travail, et ce dans la paix et la tranquillité", a déclaré en français le chef de l'Etat, 35 ans, dans son premier discours à la nation, quelques minutes après avoir prêté serment. Joseph Kabila a, en outre, promis la fermeté contre toute tentative de déstabilisation des institutions, en prévenant :"Il y a un lien indissociable entre la sécurité et le développement. Les fauteurs de troubles doivent être considérés comme des ennemis du peuple et du développement" .

Dans l'est du pays, miliciens et rebelles continuent de terroriser la population civile. La semaine dernière, des casques bleus ont tué 150 rebelles en repoussant une offensive dirigée par le général rebelle Laurent Nkunda. Selon l'armée ougandaise, quelque 12 000 personnes sont arrivées mardi dans le sud-ouest de l'Ouganda, fuyant les combats dans l'est du Congo.

Premier président congolais démocratiquement élu depuis plus de quarante ans, M. Kabila a annoncé : "L'enjeu du développement auquel nous faisons face dépasse de loin les intérêts partisans." Il "reste convaincu qu'en démocratie, il y a de la place pour tout le monde", a-t-il souligné, tout en remerciant le peuple congolais de lui "avoir confié de façon non équivoque la marche de son destin".

"Mon rôle est de susciter un électrochoc pour une véritable révolution", a lancé le nouveau président élu. M. Kabila a rappelé que son investiture ne représentait qu'"une étape dans la mise en place des nouvelles institutions" et affirmé "mesurer l'étendue de (ses) responsabilités" en ce "moment historique". Il a ainsi annoncé que "dans les prochains jours, un premier ministre sera nommé, conformément à la Constitution". En vertu d'accords électoraux, la charge de chef du gouvernement devrait revenir au vieil opposant Antoine Gizenga (80 ans), ancien vice-premier ministre de Patrice Lumumba et chef du troisième parti du pays, le Parti lumumbiste unifié (PLU).

"CHANGEMENT DES SERVICES PUBLICS"

Le président élu a expliqué que le pays ne pourrait sortir du "cycle de crise" dans lequel il est plongé depuis des décennies que par "un changement profond au sein des services publics", s'engageant à lutter "avec la dernière énergie" contre le "fléau" de la corruption et à prôner "la bonne gouvernance" et le respect des "droits de l'homme".

L'investiture de Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001 après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, puis élu au suffrage universel direct le 29 octobre 2006, marque un tournant dans l'histoire de ce pays de 60 millions d'habitants, déchiré par un conflit meurtrier de 1998 à 2003. Le conflit avait éclaté quelques mois après le renversement du dictateur Mobutu Sese Seko, au pouvoir durant trente-deux ans.

Neuf chefs d'Etat africains et de nombreux représentants de gouvernements et d'institutions internationales assistaient à l'investiture de M. Kabila. La seule absence notable à la cérémonie était celle du vice-président Jean-Pierre Bemba, adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle. Le refus initial de M. Bemba d'accepter sa défaite avait fait craindre un regain de violence dans la capitale, théâtre de graves affrontements entre les partisans des deux candidats rivaux à la présidentielle ces derniers mois. Cependant, Jean-Pierre Bemba a déclaré qu'il entrerait dans l'opposition politique au nom de la paix nationale.

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