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RDC Dossier Spécial Elections :
RDC : Bemba admet sa défaite
Il promet une «opposition forte et républicaine» au président Kabila.

LIBERATION

Par Blandine FLIPO
jeudi 30 novembre 2006
Kinshasa de notre correspondante

Jean-Pierre Bemba a soulagé les Kinois. Après des mois de tension émaillés de violences, la pression est nettement retombée à Kinshasa après l'acceptation, mardi, par le perdant de l'élection présidentielle, de sa défaite. Après avoir félicité le vainqueur, Joseph Kabila, qui doit être investi le 6 décembre, la communauté internationale a salué son rival malheureux. Mardi soir, un jour après la proclamation des résultats officiels et définitifs et le rejet de son recours, Jean-Pierre Bemba s'est engagé à agir «dans l'intérêt supérieur de la Nation, de manière ordonnée et pacifique». Il a annoncé une «opposition forte et républicaine».

Il s'en est fallu de peu pour que la situation ne dégénère. La semaine dernière, alors que la Cour suprême débutait l'étude des recours en irrégularité formulés par le camp Bemba, quelque 200 de ses partisans ont attaqué la police et mis le feu à une partie des bâtiments de la Cour. «Ils voulaient brûler les bulletins de la présidentielle pour annuler les élections. Ils se sont trompés : ils ont brûlé ceux des législatives», raconte un témoin. Plus grave : quelques-uns des membres de la garde armée de Bemba ont tiré sur la police, sans faire de victime.

Garde armée. Il n'en fallait pas plus pour agacer le clan présidentiel, lassé de la présence déstabilisatrice en plein centre-ville de la garde armée de Bemba, estimée à un millier d'hommes. Du côté de la population acquise à «Jean-Pierre», on commence aussi à trouver le temps long. Le lendemain des échauffourées, Kabila a demandé au représentant de l'ONU, William Swing, de faire en sorte de dégager ces fauteurs de troubles «d'ici 48 h».

Pour trouver une solution, l'Eufor, la force européenne ad hoc chargée de sécuriser les élections, a été mise à contribution. «Kabila a été déçu du comportement de certains éléments de la Monuc, qui n'ont pas été capables de sécuriser la Cour suprême», estime un officiel proche du dossier.

Du coup, la force européenne a été pressentie pour organiser l'évacuation des gardes vers Maluku, à 80 km de Kinshasa. Jeudi dernier, 50 gardes armés de Bemba et leurs familles avaient quitté le centre-ville. Ce premier départ avait été suivi d'un autre, samedi. Depuis, plus rien, et le problème est loin d'être réglé. Plusieurs centaines d'hommes de la garde de Bemba restent stationnés au centre de Kinshasa, sous l'étroite surveillance de la Monuc. Quant à l'Eufor, son mandat s'achève officiellement aujourd'hui. Ce qui n'est pas sans poser problème : désormais, les règles d'engagement n'autorisent plus l'Eufor, qui va mettre quatre à six semaines pour plier bagage, qu'à la «légitime défense» ou à l' «assistance à personne en danger», ce dernier critère impliquant qu'un soldat européen soit témoin direct.

Bombe à retardement. Désormais, «il va falloir que Bemba remplisse ses engagements d'intégrer ses forces dans l'armée», insiste Jason Stearns, analyste pour International Crisis Group. Las, depuis cinq ans, en collaboration avec l'Etat congolais, la Monuc tente de réintégrer les éléments armés des différentes rébellions dans les forces armées. Les milices de Kabila et de Bemba n'avaient pas été incluses dans le processus. Une bombe à retardement qu'on n'en finit pas aujourd'hui de désamorcer.

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