| POURQUOI UNE CAMPAGNE POUR LES DROITS DES DALITS |
| LE CONTEXTE INTERNATIONAL : |
| Depuis le début du 20ème siècle, divers groupes internationaux ont tenté de promouvoir les droits humains des Dalits, en particulier les missions chrétiennes et leurs institutions internationales, les Dalits représentant la majorité de leur base de conversion en Inde. Cependant, l’appui à la lutte des Dalits pour leurs droits nécessite un travail important d’information et de sensibilisation à l’étranger. En effet, à la différence de l’apartheid, la communauté internationale n’est pas fortement sensibilisée à l’existence et aux conséquences du système des castes. Le fait que la plupart des mouvements sociaux et intellectuels indiens (y compris les plus progressistes), de même que la diaspora indienne dans le monde, ont nié bien souvent vigoureusement toute persistance ou pertinence du système des castes et de l’intouchabilité, n’est pas étranger à cette situation. D’autre part, toujours à la différence de l’apartheid, qui était mis en œuvre de manière officielle et ouverte par le régime sud-africain, les discriminations imposées par le système des castes sont officiellement dénoncées par la Constitution et la législation indiennes, dont de nombreuses dispositions visent à protéger les plus vulnérables du système des castes, notamment par des mesures de discriminations positives. Mais bien que ces textes juridiques n’aient été que très partiellement mis en œuvre en faveur des Dalits, leur existence rend la mobilisation de l’opinion publique internationale plus difficile à entreprendre. L’Inde, en tant que membre des Nations Unies, a accepté depuis 1945 l’obligation, stipulée dans la Charte des Nations Unies de 1945, de travailler à la réalisation des droits humains et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, sexe, langue ou religion. Elle a également ratifié la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies en décembre 1948. Depuis le début des années 60, les Nations Unies se sont particulièrement penchées sur la lutte contre les discriminations raciales, en particulier contre l’apartheid en Afrique du Sud. Le 21 Décembre 1965, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopte la Convention Internationale pour l’Elimination de Toutes Formes de Discrimination Raciale, instrument entré en vigueur le 4 janvier 1969, et qui compte actuellement 155 Etats signataires (dont l’Inde, qui s’est très fortement mobilisée contre l’apartheid), pour lesquels il a force juridique. Cette Convention définit (art.1) la discrimination raciale comme toute distinction, exclusion, restriction ou préférence basée sur la race, la couleur, la descendance, ou l’origine nationale ou ethnique, qui a pour objet ou effet d’annuler ou d’affecter la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice(...) des droits humains et des libertés fondamentales. Les Etats parties à cette Convention sont d’accord pour condamner le racisme, et pour prendre des mesures afin d’en éliminer toutes les formes. Deux Conférences Mondiales pour Combattre le Racisme et les Discriminations Raciales se sont tenues depuis (1978, et 1983), et se sont principalement penchées sur le problème de l’apartheid. La question des Dalits n’y était pas encore abordée. Par ailleurs, les Nations Unies ont successivement adopté des Décennies internationales de lutte contre le racisme et les discriminations raciales (1973=>1982 puis 1983=>1992), toutes deux essentiellement consacrées à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Lors de la deuxième Conférence Mondiale des Droits de l’Homme (à Vienne en 1993) les Nations Unies ont constaté que malgré la fin de l’apartheid au début des années 90, l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les discriminations raciales persistent, voire augmentent, dans de nombreux pays, de même que les violations des droits des minorités, des femmes et des peuples indigènes. C’est pour lutter contre ces différentes formes de discriminations qu’une Troisième Décennie (1994-2003) a été adoptée. C’est à cette époque que les organisations Dalits (en particulier le Ambedkar Centre for Justice and Peace) et leur réseau international d’appui (notamment Human Rights Watch, et le Conseil Œcuménique des Eglises) ont commencé à attirer l’attention des Nations Unies et de la communauté internationale sur les droits des Dalits. |