Le systeme des castes

Les castes existent depuis deux mille cinq cents ans : la preuve irréfutable en est apportée par la langue sanscrite. Dès lors la société est régie selon des principes clairement établis.

La société est divisée en quatre varna, ou couleurs.
Ce terme, généralement traduit par castes, se réfère à des groupes distincts et fermés. Le système repose sur l’opposition entre le pur et l’impur. Plus la relation au sacré est grande, plus le statut social est élevé.
  • Les Brahmanes sont prêtres, les Kshatriyas sont guerriers, les Vaisyas sont agriculteurs et commerçants.
  • Les Shudras sont artisans, ouvriers, serviteurs, autochtones tolérés par les premières castes, et qui les servent.
  • Les Intouchables, sont considérés comme impurs, (tellement impurs qu’ils sont «intouchables»), inassimilables, et comme tels rejetés, hors caste. Ils sont voués à l’équarrissage, au travail du cuir, au nettoyage des latrines et des égouts, à la crémation des morts etc... aux tâches impures.

Cependant, il existe bien plus de quatre castes, en fait probablement plusieurs milliers. Les jatis (=espèces) sont des sous-castes, à l’intérieur de chaque caste, en très grand nombre, liées à la division du travail, elles-mêmes encore subdivisées : dans chaque village coexistent des dizaines de castes (quelquefois beaucoup plus) aux vocations religieuses, politiques et professionnelles variées. Les castes forment un système hiérarchisé.
Une caste indienne n’existe que par rapport aux autres castes, et les relations entre les castes forment un système très hiérarchisé, divisé en un très grand nombre de groupes, superposés, opposés, héréditairement spécialisés.
  • La caste est associée à un métier, ou à une tâche rituelle précise, créant ainsi une spécialisation héréditaire.
  • Le caractère héréditaire associé à la caste est renforcé par l’endogamie : pour appartenir à une caste, il faut naître de
parents membres de cette caste. On est membre de sa caste à vie, alors qu’autrefois l’acquisition du savoir permettait de changer de caste, même de devenir brahmane
  • La spécialisation rend impossible la vie d’une caste en autarcie, une caste ne peut vivre qu’avec les autres, d’où ce «système» ou «régime», très complexe et subtil.
  • Aujourd’hui
    • Le système des castes, tel qu’il existe actuellement, ne reflète plus les principes émis initialement : l’apparition continuelle de nouveaux métiers et professions, a transformé, corrompu, la «belle adéquation» en place, et l’appartenance à la caste relève maintenant de la naissance et non du métier. Cependant, le système perdure, se complexifie, se cristallise.
    • Que la démocratie politique indienne prenne en compte, officiellement, le facteur caste peut paraître antidémocratique, mais comme l’explique C. Jaffrelot dans «La démocratie en Inde» les choses sont loin d’être simples : après l’arrivée des Britanniques, les leaders luttèrent pour que leurs castes soient bien représentées, les castes commencèrent donc à s’organiser en fonction du nouveau jeu politique, et devinrent une des pièces du lent processus de démocratisation. Ce, en dépit de la contradiction apparente.
    • Les conflits inter castes sont de plus en plus fréquents : ils donnent lieu à de violents affrontements (Bihar, Karnataka, Tamil-Nadu et Andra Pradesh ), essentiellement entre Dalits et basses castes.
    Références :
    • Robert Deliège :Le système des castes (Que sais-je ? P.U.F. 1993 )
    • Christophe Jaffrelot : La démocratie en Inde, Religion, caste et politique. (Fayard 98)
    • Histoire Mondiale de la Femme : tome 3, La Femme en Inde des origines au XIXè siècle, Jeannine Auboyer (Nouvelle librairie de France, Paris, 1974)