![]() | 80% des Dalits survivent en tant qu’ouvriers agricoles saisonniers, et ouvriers non qualifiés dans la construction et l’industrie de sous-traitance. Traditionnellement, les Dalits n’ont pas le droit d’être propriétaires de terres. A l’Indépendance, les terres étaient aux mains de grandes familles féodales contrôlant des villages entiers et ceux qui y vivaient : métayers (de castes moyennes) et ouvriers agricoles (massivement Intouchables). Des lois de réforme agraire successives (de 1951 à 1975) ont tenté, pour moderniser l’agriculture, de briser cette concentration. Résultat : les castes moyennes sont devenues propriétaires, mais les Intouchables sont toujours ouvriers agricoles, en situation de quasi-esclavage. |
| Depuis l’époque britannique, des programmes de distribution des terres aux Dalits ont bien été mis en œuvre (terres Panchami), mais il s’agit de très petites surfaces (un quart d’hectare par famille en moyenne), de qualité marginale, rarement irriguées, insuffisantes pour les faire vivre. Des terres bien souvent récupérées par les gens de caste du village soit par force, soit par le biais de l’usure (terres hypothéquées). Malgré les succès relatifs de la Révolution Verte, et la modernisation de l’agriculture, la situation socio-économique des Intouchables en milieu rural n’a donc pratiquement pas progressé depuis 50 ans, et 80% des ouvriers agricoles sont Dalits… | ![]() |
![]() | Le travail forcé au village reste une pratique courante : il s’agit d’activités non rémunérées, au service personnel de familles des castes supérieures (travail agricole sur les parcelles des hautes castes, travaux domestiques…). Si les Dalits ne s’y soumettent pas, ils subissent un ostracisme ou un boycott social, on ne leur donne plus de travail au village. |
| Hommes, femmes et enfants trouvent également du travail non qualifié, souvent saisonnier, comme ouvriers dans les chantiers de travaux publics et privés, les carrières, les briqueteries, et la sous-traitance industrielle. Des villages entiers de Dalits migrent saisonnièrement vers les villes à la recherche d’un travail, ou pour mendier. De plus en plus de femmes travaillent dans de petits ateliers ou à domicile dans la confection, la taille de pierres artificielles, la fabrication de beedis (cigarettes locales), de bracelets etc. Des activités aux salaires de misère, et ne bénéficiant d’aucune protection de la législation du travail. | ![]() |
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![]() | Des secteurs où l’on trouve aussi une forte proportion de travailleurs liés («bonded labor»), une forme d’esclavage pour dette qui en Inde concerne au minimum dix millions de personnes, en majorité des Dalits, et que les statistiques officielles refusent de prendre en compte. Certaines organisations parlent même de 65 millions. Ce travail à vie pour rembourser une dette se transmet souvent de génération en génération, et concerne donc beaucoup d’enfants. Il concerne également des secteurs de production à l’exportation, dont les tapis sont un exemple significatif. |