| " D A L I T " . Un FILM de 30 mn (Vidéo Numérique) Une réflexion sur les Droits de l'Homme et la vie des Dalits , Intouchables ou Hors caste en Inde, de Claude Yvans et le Collectif Dalit Français, avec les photos et la présence de deux photographes: Frédéric Anthone et Pascale Mitterrand. ![]() Claude Yvans Trois Organisations françaises de Solidarité internationale: Ader ( association pour le développement économique régional), France Libertés-Fondation Danièle Mitterrand, et Frères des hommes, engagées avec des Organisations Dalits d'Inde du sud dans le travail de réflexion et de sensibilisation ici et là-bas, sont à l'origine de ce Collectif. Ces organisations mènent en Inde, des actions en matière de développement , de défense des Droits de l'Homme , d'éducation à la citoyenneté. La construction de ce film est une des suites de la 6ème Conférence mondiale d'éducation à la paix de l’UNESCO (INJEP-IAEP) qui se prolonge par la décennnie de la Culture de paix et de non violence (2001-2010) déclarée par l'ONU et l'UNESCO ( http:// www.espacific.org ). ![]() Réalisé par Claude Yvans avec les nouvelles technologies informatiques de cinéma: Diaporama numérique, et tournage DV, mais aussi quelques images du film de ARTE sur le combat des femmes intouchables, et des sons cueillis sur place par Josiane Racine, écrivain , spécialiste de l'Inde. Quatre voix pour conter ce film : deux féminines , une pour l'historique et les lois , l'autre pour l'Espoir et l'Action des Femmes Dalits ; et deux masculines : un enfant qui dit "l'insupportable" et un narrateur qui fait le lien avec l'Art Dalit et l'Inde Moderne. Des Photos de Ramu, Rahath Woysufi, Frédéric Anthone, et Pascale Mitterrand ; le tournage d'une réunion du Collectif, pour saisir la collaboration et les actions. | ||
| Le film " DALIT " tourne autour du travail photographique de Frédéric Anthone et Pascale Mitterrand. Frédéric Anthone a passé dix mois en Inde en 1999 dans le but de réaliser un reportage sur le travail des enfants. Il a ainsi pu approfondir un travail commencé depuis 1992 sur les familles en état de servitude pour dettes, employées dans les briqueteries. | ||
![]() Frederic Anthone | Pascale Mitterrand prend ses images en Janvier 2000 en mission avec France Libertés pour réaliser un reportage sur les initiatives indiennes en matière de citoyenneté et de développement. Elle s'est attachée à transcrire le sensible, la marche des Femmes Dalits, l'Art Dalit, le beau, l'accueil, le présent à côté des plus terrifiantes injustices, le contraste entre ces deux plans. | ![]() Pascale Mitterrand |
| Mixé par Claude Yvans et avec les mots du Collectif, la complémentarité des deux photographes sur cette cause est étonnante . Ce film est modestement une vision occidentale, française, d'une réalité indienne très complexe basée sur les discriminations, l'oppression et le viol permanent des Droits de l'Homme , mais aussi sur la richesse de la culture et la grandeur des Dalits. | ||
![]() le Collectif Dalits | ||
| En milieu scolaire et éducatif, « DALIT » peut servir de base à un travail sur la citoyenneté. « Du fond de la Terre Ou au bout de cette rue Egaux, Perdus C'est le même Combat de ce Millénaire" disponible au Collectif Dalit c/o Frères des Hommes, 9 rue de Savoie, 75006 Paris Tél: 01 55 42 62 62 - Fax : 01 43 29 99 77 email : collectif-dalit@globenet.org |
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| Texte du film et extraits photos | ||
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| " Unis / Egaux / Rassemblés / Par notre Terre / Et ouverts sur celle de tous / Une Terre unique / Avec ses humains aux cultures différentes / Mais tous / Face à face / Unis " | ||
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| Taluk d'Amoud Bagal - Etat du Karmataka -Inde du sud -Janvier 2000 Etre femme et Dalit - parias en Inde et doublement opprimées, dans leur action pour améliorer les conditions des leurs , les femmes Dalits font face aux gens de caste et aux hommes Dalits . Elles luttent au quotidien , portent les espoirs qu'elles nourrissent secrètement pour leurs enfants , leur famille , pour leurs propres droits et dignités. Le système de castes qui divise la société indienne est sans doute la hiérarchie sociale la plus ancienne du monde : quatre grandes castes…
Les Dalits appelés Intouchables ou hors caste sont 17% de la population indienne, 170 millions de personnes présentes partout dans le pays. Etre "Intouchable" c'est être en bas de l'échelle de la société En Inde , à la naissance , on naît pur..! ou pas. Pur , c'est le droit à l'éducation , à des fonctions , à des honneurs . Impur , Intouchable, c'est le travail du cuir , les opérations de nettoyage, Les travaux les plus durs et les moins payés, dans les champs , dans les usines , et surtout , pas le droit de regarder en face , de marcher avec des chaussures dans les rues des gens de caste , pas d'accès aux temples , aux puits , aux lieux publics , aux maisons , aux cuisines…Vivre dans un espace à l'écart du village… Même si un Dalit devient riche, ou a un travail important, pour tous, il restera un Intouchable. | ||
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| La Constitution indienne de 1947 déclare contraire au droit à l'égalité, les discriminations reposant sur la religion , la race , la caste , le sexe ,et le lieu de naissance . Cet article prohibe toutes les interdictions d'entrer dans les magasins , restaurants , tous les lieux publics bénéficiant du financement de l'état , les puits , les rues . L'Intouchabilité est abolie dans son article 17. Le travail forcé est déclaré illégal dans son article 23. Une loi de 1989 met en place un dispositif juridique pour poursuivre les responsables de violences contre les Intouchables. Mais dans une très longue histoire , ancestrale et actuelle , lointaine et présente , infiniment complexe , beaucoup plus que ces quelques mots , les pires violences continuent , souvent impunies , viol et meurtre compris . | ||
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| Des enfants sont exploités jusqu'à vingt heures par jour , dans un travail forcé , jusqu'aux doigts déformés et à la vue diminuée. Ecartés de l'école , ils sont dominés toute leur vie par des plus éduqués . Parce qu'ils sont nés impurs à côté d'autres qui seraient nés purs..? | ||
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| Orly aérodrome / Frédéric Anthone , photographe , il passe dix mois en Inde en 1999 " J'ai passé dix mois en Inde en 1999 dans le but de réaliser un reportage sur le travail des enfants pour différentes ONG . J'ai ainsi pu approfondir un travail commencé depuis 1992 sur les familles en état de servitude pour dettes, employées dans les briqueteries . Ces familles appartiennent aux plus basses castes de la société indienne et sont pour la plupart agricultrices . Pour une mauvaise récolte , ou la maladie d'un des leurs , ou pour constituer la dot de leur fille , elles doivent emprunter une somme d'argent , souvent minime à l'usurier du village . Afin de pouvoir rembourser une partie de la dette contractée ( les taux d'intérêts extrêmement élevés pouvant aller jusqu'à 100% ), ces familles sont dans l'obligation de migrer pour trouver un autre travail . Souvent originaires du Bihar , de l'Uttar-Pradesh , de l'Orissa , les états les plus pauvres de l'Inde , elles parcourent des centaines de kilomètres pour vivre huit mois de l'année dans des baraquements insalubres loin de leur village . Ce système savamment entretenu par les gros propriétaires terriens peut être assimilé à l'esclavage car à la mort des parents , la dette retombe automatiquement sur la tête de leurs enfants, et ainsi de suite de générations en générations. Les briqueteries du West Bengale, comptent parmi les plus grosses de l'Inde. On en dénombre une cinquantaine employant chacune jusqu'à 300 personnes . Là , les familles originaires du Bihar sont soit musulmanes , soit des tribus Santhals . Composées de quatre à cinq membres travaillant du lever au coucher du soleil , elles fabriquent un millier de briques par jour pour un salaire ne dépassant pas cinquante Roupies (8 francs). La plupart étant illettrées , donc dans l'impossibilité de comptabiliser leur travail , elles se font exploiter par les gros propriétaires. | ||
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| L'Inde - Demain - Le plus grand pays du monde-Plus d'un milliard d'habitants - La plus grande démocratie du monde …Un informaticien peut gagner 20000 roupies par mois, sa secrétaire 5000 , et 600 pour une famille entière de Dalits, uniquement dans la saison des pluies. 600 à 2000 Roupies , seulement 3 ou 4 mois par an . Certains Dalits ont obtenu des terres peu fertiles , arides et sans irrigation . Cependant , 80% des Dalits sont ouvriers agricoles . | ||
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| Dans la plus grande démocratie du monde, tous n'ont pas accès à l'eau ! Dans la tradition , le puits se trouve dans le village sous le contrôle des gens de caste . Les Dalits n'y ont pas droit .. Pas le droit de se servir directement de l'eau. Ils vont chercher de l'eau, à la mare , à la rivière , éloignée et non potable . Les Dalits doivent se mobiliser pour avoir droit au réservoir d'eau. | ||
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| Paris : Pascale Mitterrand / Photographe : elle prend ces photos en Janvier 2000 | ||
| "On a rencontré une journaliste à laquelle on a demandé pourquoi les droits de l'homme étaient autant bafoués dans ce pays et elle nous a répondu : « mais les droits de l'homme ! quels droits de l'homme ? les vôtres ? Tu nais ‘libre et égaux en droits’ , ça n'existe pas en Inde! … » Alors , au début , les quelques premiers jours , on a pratiquement envie de pleurer à chaque coin de rue ; c'est ça qui est bizarre parce que donc , il y a cette période de transition où tout d'un coup , on se dit " je dois m'adapter" parce que sinon , on reste pas . Evidemment , je ne parle pas de ceux qui partent faire un voyage pour les vacances dans les hôtels parce que là , on voit rien : c'est vachement beau !... quand c'est luxueux l'Inde c'est magnifique . Et au bout d'un moment, on n'arrive plus à parler …Enfin , il y a vraiment une période de transition où on a l'impression de ne plus être soi-même, parce qu'il faut changer. » | ||
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| …On est allé visiter une ville de Dalits Chrétiens qui ne vit que grâce à la mine d'or
et donc, c'est toute une ville , tous les hommes sont des mineurs, et voilà par exemple les dessins que l'on peut trouver sur les murs- leurs tags -c'est la mort , ils disent à la mort de venir les chercher tellement leur vie est insupportable …
Ils cherchent à se faire reconnaître en tant qu'êtres humains vivants. L'impression que j'en ai eu, et les questions que j'ai pu poser par rapport à la religion , c'est que, en, fait , le système des castes existe parce que, mythologiquement parlant, elles sont dues à un démantèlement de l'être cosmique , c'est à dire que le Brahmane -donc la haute caste- c'est la tête, qui est donc le prêtre ; enfin , l'intellectuel -celui qui a tout le savoir - et après , il y a les castes intermédiaires et la basse caste : c'est les pieds , les jambes … Mais les Dalits sont encore en dessous , ils sont ‘en dehors’ de l'être cosmique ..." | ||
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| Dans l'histoire de l'Inde moderne et des Dalits , un homme … révolutionnaire , penseur , sociologue : Bhimrao Ramji Ambedkar. Né dans une famille intouchable en 1891 , il a un destin exceptionnel . Il est le premier avocat Dalit, docteur en droit après de hautes études en Europe et aux Etats Unis. De retour en Inde en 1917 , il passe toute sa vie à servir la cause des classes défavorisées . Il est l'architecte de la constitution indienne. Il se convertit au bouddhisme et propose cette solution aux Dalits pour échapper à l'intouchabilité. Mais changer de religion ne permet pas de modifier le regard des autres . Il meurt en 1956 . Dans les années 90 s'organise un mouvement Dalit unitaire , non violent , héritier de la pensée d'Ambedkar. «Des quotas sont instaurés pour réserver aux Dalits une représentation parlementaire et des postes dans les emplois publics et l'éducation ». En 1996 , pour la première fois , un femme Dalit , Mayawaty , dirige le plus grand état de l'Inde : l'Uttar Pradesh. Le cinquantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme a semblé la bonne date pour une reconnaissance des droits humains des Dalits et l'abolition effective de l'intouchabilité . Une campagne est lancée en 1999 : le mouvement Dalit demande que le système des castes soit reconnu comme une discrimination raciale, et inscrit comme tel dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Les Dalits ne peuvent pas gagner la bataille seuls . Il est nécessaire de rallier à cette cause la solidarité internationale. Nous entrons tout juste dans une décennie de la culture de paix et de la non violence, déclarée par l'ONU et l'UNESCO. | ||
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| Le COLLECTIF DALIT :une rencontre dans les locaux de France-Libertés | ||
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| "Alors , le collectif Dalit est né en 1999 . L'idée de départ , c'était de partager les expériences de terrain de trois organisations, donc France-Libertés , Frères des Hommes , et ADER . Oui , parce qu'en fait ‘Dalit’ , c'est pas directement intelligible pour un public européen, français , le terme ; non , absolument pas ! Donc , ce qui s'est passé, c'est qu'on a été sollicités, par une organisation indienne, qui était venue ici pour nous parler de son expérience… Pour lier une campagne internationale, pour intégrer dans la Déclaration universelle des Droits de l'homme la discrimination de caste comme une violation des Droits de l'Homme … On a commencé à réfléchir à un moyen de sensibiliser , d'informer les citoyens français, à ce que pouvait être le problème des castes en Inde, et en particulier , le problème des Dalits . Ce qui est intéressant , c'est que ça vient vraiment des Dalits en Inde … Oui c'est une demande ; nous , on relaie une campagne… On n'est pas à l'initiative , en fait , ce sont eux qui sont à l'initiative …" | ||
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| "Je suis allée à Londres au titre du Collectif pour une rencontre d'organisations Dalits qui venaient de toute l'Europe , des immigrés indiens ou d'Asie du sud (qui sont Dalits et qui se sont regroupés en association dalit), aussi des Etats Unis et certains venaient d'Inde ; et en fait, moi , ce que j'ai trouvé surtout très intéressant , c'est la présentation du phénomène de discrimination de castes en Europe, au sein de la communauté sud Asiatique ; et surtout le fait que cette discrimination augmente de plus en plus essentiellement au sein de la jeune génération : les enfants des immigrés qui sont venus dans les années 60/70 - parce qu'ils sont à la recherche de racines et que finalement , le système des castes leur offre une identité - eux-mêmes sont confrontés au racisme ici, et ça leur donne une sorte de cadre de protection. Ils se retrouvent en petites communautés, par caste. On assiste, d'après ce que nous disaient les témoignages à une recrudescence même de violence, parfois très forte, contre les intouchables s'ils osent briser les tabous de discrimination de caste ; ça m'a vraiment frappé parce qu'on a cité des exemples très forts. Il y a une demande actuellement des organisations dalits en Angleterre, ils font tout un lobby , tout un travail de pression, pour demander une modification de la loi anglaise, pour qu'elle intègre les discriminations de castes à côté des problèmes de racisme , de discrimination hommes/femmes, etc." | ||
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| "Nous étions invités dans le cadre d'un journée Inde organisée par un lycée pour ses classes de BTS, qui travaillent depuis un moment sur l'Inde , et dont un certain nombre d'élèves vont aller en stage dans des entreprises commerciales indiennes l'été prochain . Donc , ils étaient arrivés à un point où ils voulaient présenter leur projet à leur camarades et faire intervenir un certain nombre de gens ... Des entrepreneurs qui travaillent en Inde , un représentant conseiller économique de l'Ambassade d'Inde en France, et moi… Et c'était donc un petit peu gênant parce que j'allais être obligée de présenter un aspect de l'Inde qui était totalement en contradiction avec celui qui était présenté par le représentant du gouvernement indien. C'était un petit peu difficile, d'ailleurs , je voyais bien qu'il n'en pouvait plus. Il avait hâte que je m'arrête, parce qu'il avait besoin de dire le contraire de ce que je venais de dire. Cela dit, les étudiants étaient très ouverts à ce que je leur ai raconté et je leur ai présenté notre projet et, très en gros, les actions que nous avons là-bas" | ||
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| "Je vais vous raconter un petit peu ma mission , puisque je viens de rentrer d'Inde, il y a très peu de temps. On développe actuellement un programme de pompes, là-bas, pour les femmes hors caste ; notamment puisqu'on travaille avec un groupe de femmes à Amoud Bagall. Outre les problèmes récurrents pour obtenir l'électricité (pour en fait avoir des connexions pour les pompes), ce qui s'est passé , c'est que pour mettre les tuyaux, pour passer les tuyaux jusqu'au réservoir , il fallait passer par des terrains de gens de caste, puisque tous les terrains ne sont pas forcément l’un à côté de l'autre (des terrains des dalits) ; et bon c'est vrai que ça a été très dur à leur faire accepter ; d'autant plus que pour installer un réservoir, on avait fait des petites constructions en pierres (pour poser) et bon , là , ça appartient à l'association ; et par contre les gens de caste , parce qu'ils n'avaient pas vraiment accepté le projet, ont donc cassé cette construction en pierre . Ca a retardé beaucoup le projet , maintenant , c'est mieux compris parce que l'eau, elle n’était pas seulement faite pour les gens hors caste , en fait l'objectif, c'était aussi que les autres puissent en bénéficier. Alors , même s'ils n'en bénéficient pas réellement parce qu'ils ne l'utilisent pas, en tout cas , il y a une école avec des enfants qui sont là, de toutes les castes, qui prennent l'eau, etc. Donc , aujourd'hui , ça se passe mieux, mais enfin , c'est des problèmes qu'on trouve en permanence quand on agit en Inde ." | ||
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| "En fait , j'aurais voulu que vous interrogiez un petit peu les gens des groupes de base, là-bas, pour savoir quelles sont les suites données au massacre des Dalits, qui est intervenu en mars dernier dans le Kolar. C'était une situation quand même très dramatique, où , après qu'il y ait eu un jeune de caste -qui a été poignardé- la riposte a été immédiate et dramatique . A savoir que des gens de caste sont allés dans le village, ont agressé toute la population Dalit qui s'est retrouvée piégée dans deux maisons ; ils ont jeté du kérozène, ils ont brûlé les maisons, il y a eu sept personnes tuées ; et la situation ne s'arrête pas là, c'est à dire que - çà, je trouve çà assez fou- la police raconte que non seulement ils ont brûlé les maisons , ils ont tué des gens, mais en plus de cela, la foule a empêché les pompiers d'intervenir pendant une demi-heure, les camions sont restés coincés, et ils auraient pu sauver deux autres personnes qui entre-temps sont décédées. Donc , il y a une situation, vraiment, de violence extrême." | ||
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| "46 % seulement des Dalits sont alphabétisés et 19% seulement des femmes , mais il faut savoir que l'école est obligatoire, tout au moins dans la Constitution, mais que évidemment il y a peu de Dalits qui y vont. Les enfants Dalits, eux, sont obligés d'apporter leur assiette : évidemment , on ne mélange pas la vaisselle pour les gens de caste et pour les autres ; et tous les enfants lavent leur assiette, mais les Dalits , eux , n'ont pas le droit de laver leur assiette parce qu'ils utiliseraient la même eau que les autres, et que çà, il n'en est pas question." | ||
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| "Il y a eu aussi des choses qui sont extraordinaires…donc les femmes nous ont accueilli d'abord avec des fleurs, des pétales partout, et puis des couronnes aussi , des colliers de fleurs et les hommes, eux, jouaient de la musique dalit ; je ne pense pas que les femmes en jouent d'ailleurs et là , c'était essentiellement des tambours. Donc, ils faisaient chauffer leur peau, des tambours, sur du feu et après ils ont joué comme ça." | ||
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| "Obligatoire ! comme le nettoyage, dans la mort, et dans les excréments , la musique l’est aussi…Les Dalits sont obligés de jouer de la musique dans les cérémonies religieuses des gens de caste . Mais là, et bien avant, est née une expression , une musique Dalit , elle entièrement libre , alliée au théâtre et à la danse, et porteuse de revendications, illustrant les oppressions. Théâtre de rue pour stimuler leur mobilisation , pour faire l’union, il donne la parole aux femmes. C’est l’écho d’une lointaine culture, oubliée, des temps mythiques … Il y a aussi un courant littéraire Dalit, un langage de l’insurrection, une percée qui gagne du terrain. La culture Dalit ne parle pas de pureté et de supériorité mais de valeur de justice et d’humanité. Elle est féconde, c’est une culture qui respecte les fruits du labeur, où les humains sont face à face et unis." "Les Dalits sont à l’avant garde dans la lutte contre le système des castes, mais les non-Dalits, de plus en plus nombreux, sont également solidaires de ce mouvement." Le combat des Dalits est un combat pour la démocratie et la justice. Il nous concerne tous, ici et là-bas . Soyons solidaires. | ||
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© Copyright 2001 Claude Yvans et Collectif Dalit. | ||