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Nos correspondants au Sud / Geoffrey - Bolivie
Nos correspondants au Sud

 

Geoffrey a 21 ans. Pendant trois mois, au sein de l’équipe de Frères des Hommes à Paris, c’est au travail délicat de journaliste en herbe que Geoffrey s’essaye, rédigeant des articles pour notre mensuel d’informations citoyennes Résonances. Les informations étant dures à récolter, son émerveillement fut sans pareil, tel un bambin devant son arbre de Noël, lorsqu’il reçut sa première réponse par mail d’un de nos partenaires.
Car l’une des principales qualités de notre jeune stagiaire est bien sa capacité à s’interroger sur tout. Je vous laisse imaginer les moments douloureux vécus par ses parents qui cauchemardent encore aux sons des « Pourquoi ceci ? Pourquoi cela ? ». Véritable caméléon, il sut s’improviser chef de chantier lorsque la mission nous fut donnée d’affliger un rajeunissement aux locaux parisiens de l’association. Le 16 octobre 2007, il s’envolera en Amérique latine pour rejoindre nos partenaires boliviens à Cochabamba, CIOEC cbba et Coraca Protal.

C’est tout d’abord sa soif de découverte et de voyage qui motive ce breton francilien pour cette nouvelle expérience. Habitué aux périples épiques, cela fait trois étés qu’en compagnie de deux compères il parcourt les routes centre européennes, ibériques et balkaniques à bord d’un van antique apparaissant immortel. D’un naturel jovial, son aisance à aller vers les autres lui permet donc souvent de faire des rencontres aussi atypiques qu’enrichissantes qu’il se plaît à narrer à ses retours, tel un véritable carnet de bord interactif. Débrouillard, il se délecte à se sortir des situations les plus insolites.
Un brin baroudeur, vous l’aurez compris, il laissa de côté en juin 2006 sa carcasse à quatre roues pour revêtir un simple sac à dos et partir pour un baptême latino-américain au Pérou. Déjà passionné par ce continent, il revint la tête emplie d’une multitude de souvenirs, avec le désir de pouvoir bientôt gouter à nouveau aux charmes de l’Amérique du Sud, en adoptant cette fois-ci une démarche plus constructive que passionnelle, à travers Frères des Hommes et ses projets locaux.

Car malgré cette description honnête mais quelque peu abracadabrantesque, notre jeune stagiaire à bel et bien la tête sur les épaules. Titulaire d’un baccalauréat scientifique, c’est vers des études relativement littéraires qu’il s’oriente. Avec l’ambition d’intégrer un Institut d’Etudes Politiques, c’est à L’institut Catholique de Paris qu’il préparera, en 2004, ses concours, et tentera de relever ce défi. Car notre ami est un homme de défi. Ne lui dites surtout pas que telle ou telle chose est impossible, il prendra un malin plaisir à vous prouvez le contraire…une témérité sans limite. C’est également en ces lieux qu’il fera la connaissance de Franck, son acolyte stagiaire.

Le défi fut donc bien évidemment relevé et Geoffrey rentra à Sciences-po Aix en 2005 ou il se spécialisa au sein de la section politique et société. Il s’adapta à la vie méridionale et conforta son côté festif, notamment au cours d’une année de colocation mémorable, à la hauteur de la saveur si particulière de la vie estudiantine.
Ses talents d’orateur hors paires, que les non adeptes pourraient parfois apparenter à un faux-semblant de sophisme lorsque l’on connaît son pêché mignon de vouloir toujours avoir le dernier mot, pourrait parfaitement le faire cheminer dans une carrière politique. Ce serait évidemment ne pas faire fi de toute ma narration et oublier le côté aventurier du garçon qui aspire à une carrière journalistique, et plus précisément de reporter.

Il sera donc dans son élément, passionné et besogneux, déterminé à prendre part activement à ce projet de développement local, à découvrir de nouvelles populations, de nouvelles cultures ainsi que de nouvelles problématiques, et, principalement, à mener à bien la mission qui lui sera confiée par Frères des Hommes en terre bolivienne. Un voyage qui s’annonce d’ores et déjà mémorable, tant sur le plan personnel que professionnel.

GEOFFREY - BOLIVIE


20 nov. 2007
Bolivie : Une initiative citoyenne accouche d’un nouveau projet législatif pour un tourisme alternatif

Après un an de préparation et de rédaction, la remise officielle de la loi sur le « tourisme durable » auprès du Congrès national de Bolivie a eu lieu le mardi 13 novembre. Cette loi est le fruit du travail de l’association Tusoco [1] qui représente et coordonne au niveau national 15 projets touristiques communautaires. Cette loi propose une législation qui permettrait le développement d'un tourisme alternatif. Mais alternatif a quoi? Au tourisme de masse, destructeur pour les communautés, que personne ne contrôle ni n'encadre et qui bénéficie essentiellement aux opérateurs privés. Le but principal de cette loi est de construire une dynamique économique qui soit à la fois locale, nationale, partagée, responsable, et encadrée, en bref durable.

Créer une dynamique nationale en partant du local
Locale, car le tourisme communautaire est au centre du projet avec une idée simple; qui mieux que l’habitant peut faire découvrir sa propre région? Nationale, car organisé en réseau, avec Tusoco, ce type de tourisme peut peser réellement à l’échelle de la Bolivie. Partagée, car la première règle du tourisme communautaire est qu’une partie de ses ressources générées bénéficie à toute la communauté. Responsable, car des formations de guides (en environnement, en santé, en éducation,...) sont prévues pour quelques membres des communautés qui décident de se lancer dans ce tourisme alternatif. Encadrée enfin, car pour chaque projet une série de normes doivent être respectées afin que le mot tourisme ne rime plus avec celui de dégradation.

Un tourisme plus accessible
Le vote de cette loi en séance plénière devrait avoir lieu dans environ 6 mois. La proposition de loi est soutenue par Hilario Callisaya Quispe [2], membre du MAS (Movimiento Al Socialismo), le parti au pouvoir qui détient donc la majorité au Congrès. De ce fait il y a peut être une chance que la loi soit votée plus facilement. Le principal frein au bon déroulement de cette procédure devrait venir du Sénat tenu par l’opposition, en d’autres termes composé d’une majorité de droite.
Cette loi contient également une vision sociale car elle impose des prix préférentiels pour certaines populations défavorisées. Le développement du tourisme national, notamment à travers des partenariats avec des écoles, représente un défi colossal que cette loi commence à relever.

Si le tourisme communautaire peut revêtir plusieurs formes (l’ethnotourisme, l’écotourisme, etc.) un de ses principaux buts est de construire un tourisme qui va à la rencontre d’une certaine culture et non l’inverse.

Geoffrey

[1] Red Tusoco: Red Boliviana de Turismo Solidario Comunitario; Réseau Bolivien de Tourisme Solidaire et Communautaire.
[2] Hilario Callisaya Quispe est le député responsable du comité des ethnies et des communautés originaires auprès de la chambre des députés bolivienne.


18 nov. 2007
Retour de La Paz

Hola,

Je suis rentre à Cochabamba jeudi dans la nuit. Une semaine importante et chargée a La Paz s’est achevée; un séjour au Congreso (Assemblée nationale) pour déposer notre loi sur le tourisme "durable", deux rendez vous avec le vice ministre du tourisme et un passage à l'ambassade de France pour obtenir une subvention d’environ 4000 euros (objectif réussi).

Pour la présentation de la loi, notre coordinateur nationale, Sandro, a présenté la loi avec une présentation dont la préparation m’avait été confiée (préparation d’une dizaine de pages écrites et une autre résume sur un power point ; sur les photos ce sont les images sur fond vert derrière le député).
Ensuite nous avons été reçus par le vice ministre qui se dit dispose a soutenir notre réseau touristique devant les journalistes et la commission de politique sociale mais qui se rappelle dans son bureau en aparté avec nous qu il ne peut pas débloquer la moindre subvention (alors qu’avec l’ambassade de France il a suffit d’une visite de 30 min).

Mais la déposition de la loi sur le tourisme durable auprès du Congreso national (que vous pouvez voir sur une des photos) est un pas de géant pour Tusoco et le tourisme en Bolivie. Le vote de cette loi en séance plénière devrait prendre 6 mois mais, étant donne que le député qui nous soutient est du MAS (Movimiento al Socialismo) qui est accessoirement le parti au pouvoir et qui détient donc la majorité a l’Assemblée (Congreso) il y a peut être une chance que la loi soit votée plus facilement. Le principal frein devrait être le Sénat qui comme dans la plupart des pays qui en ont un est de droite.

Cette loi que nous avons titrée (un jour avant sa remise officielle): « loi sur le tourisme durable » veut proposer une législation qui permettrait le développement d'un tourisme alternatif. Mais alternatif a quoi? Au tourisme de masse que personne ne contrôle ni n'encadre et qui bénéficie essentiellement a des opérateurs prives. Le but principal est la construction d une dynamique économique basée sur les richesses culturelles et naturelles de la Bolivie mais une construction locale, responsable et encadrée.

Locale car le tourisme communautaire est au centre du projet avec une idée simple; qui mieux que l’habitant peut faire découvrir sa région? Responsable car des formations de guides (en environnement en santé, en éducation même) sont prévues pour quelques membres de la communauté qui décide de se lancer dans du tourisme communautaire. Encadrée car pour chaque projet des normes imposent un nombre limite de personne sur les lieux touristiques afin que tourisme ne rime plus avec dégradation.

Le tourisme communautaire peut revêtir plusieurs forme de tourisme: ethno tourisme, écotourisme, ... Différentes expériences communautaires que Tusoco s’évertue a coordonner nationalement, a conseiller (financièrement et juridiquement) et a aider au cas par cas. Le Forum national de Tusoco qui se tiendra dans une communauté d'ici une semaine vise a partager et a diffuser ce genre d idée, ainsi qu’a se renforcer en tant que réseau alternatif.

Geoffrey


03 nov.-07
Kawsay Wasi, un projet touristique communautaire dans le Chapare

Kauzay Wasi signifie "maison de la nature" en quechua. Un nom qui tente d’englober la diversité de la faune et de la flore du parc Carrasco situe dans la légendaire région du Chapare du département de Cochabamba. Le projet Kauzay Wasi est né en 2004 sur une impulsion donnée conjointement par l’Etat bolivien et l’Union Européenne. Quelques infrastructures, des formations de guides offertes aux gens des communautés environnantes (17 personnes seulement finiront cette formation), et une volonté de créer un tourisme qui va a la rencontre de la culture et de l endroit et non l’inverse.

Les guides sont formes en écologie (faune et flore), savent administrer les premiers secours d’urgence et doivent obligatoirement être sympa et fou comme le responsable du projet, Julio Saaevedra qui n a que 24 ans. Mais quand il s’agit de vous faire découvrir les murciélagos (chauve-souris) ou les oiseaux rares comme les guácharos ou encore de vous présenter la flore comme le Palo Santo, seul arbre qui ne possède aucune végétation ni sur son tronc ni autour de son pied car il vit toute sa vie en symbiose avec des fourmis, il est imbattable (…)

La suite avec des belles images de la jungle sur http://cochab.over-blog.com/article-13529934.html


21 octobre 2007

Bonjour à tous

Comme vous l’a dit Franki nous sommes bien arrivés à Cochabamba. Nous avons rencontré Sandro et toute l’équipe de Coraca Protal et de Tusoco (voir en pièce jointe l’immeuble ou l’on va travailler au second etage pour Franki et au premier pour moi, on peut aussi voir le magasin de Protal en dessous.)

Mon rôle ici va consister à envoyer de l’information pour Résonances mais également à participer au projet en cours de tourisme solidaire Tusoco. Ce projet a été créé par PROTAL en 2005 autour de deux objectifs principaux. Que les paysans tirent aussi profit de la mane touristique (en accueillant chez eux les touristes et en étant leurs guides), tout en créant une alternative au tourisme de masse qui transforme la culture des endroits qu’il investit, c’est à dire créer un tourisme ethique et respectueux. Nous aurons plus d’informations à vous communiquer à partir de la semaine prochaine quand nous aurons pris nos fonctions.

Geoffrey

PS. en pièces jointes quelques photos
adresse de mon blog : http://cochab.over-blog.com/




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