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Nos
correspondants au Sud / Nicolas
- Cuba / Des nouvelles... octobre 2007 |
| Nos correspondants
au Sud |
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Des nouvelles ... 26/10/07 Bonjour bonjour! Me revoilà. Ou plus exactement… me voilà!
Car malheureusement jusqu’à présent je n’ai
pas pu vous donner beaucoup de nouvelles du pays (pour de nombreuses raisons
dont je vous épargnerai les explications...). Ici, on ne peut pas
tellement faire mieux en terme de communication. Ya lo saben. D´abord je voulais vous confier que pour travailler á Cuba, ça n´est vraiment pas facile. Oh non... ¨¡no es fácil!¨. Pas évident non plus pour moi de naviguer entre toutes les organisations (Parc Métropolitain, CIERIC, GDIC, maisons communautaires, etc.), à droite , à gauche... Mais bon, on prend les choses avec un grand sourire car de toute facon on n´a pas le choix.. Et puis il faut dire qu´ici il fait quand même bon vivre. Le soleil frappe toujours aussi fort (mais c’est loin d’être désagréable) et les pluies tropicales nous offrent une douche quotidienne. Les carrefours de Playa (“municipalité” de la capitale oú je vis á présent) se transforment vite en étang. Les maisons en pataugeoire. Et les guagua (bus urbains) se remplissent encore plus de piétons qu´a l´accoutumée (si, si, 200 dans un bus, c´est possible) qui tentent d´éviter les gouttes... Quant á moi je vais bien. Je n’en finis pas de m’émerveiller ici á La Havane. De m’interroger. Et de m’indigner aussi. Mais on fait comme la plupart des cubains : on essaie de prendre les choses du bon coté et d´aller de l´avant. Et de résoudre. “Resolver”, comme ils savent si bien le faire. C’est incroyable comme ils sont doués pour résoudre. Remarquez, il n’y a pas trop le choix. Ici, il faut inventer. De la maison au travail, du matin au soir, il faut résoudre… Système très formateur. Mais fatigant. Cynique selon d´autres jugements. Cuba, le pays des paradoxes et de la contradiction. Comme vous pouvez vous l´imaginer, le rythme de vie est bien différent de celui de notre petit cocon d’occident. Et le travail, toute initiative ou entreprise (entendez le sens noble du terme), jusqu´au moindre détail, prend une dimension incroyablement incroyable, oui oui. De plus, inertie et bureaucratie sont de mise (mais ça a le mérite de faire de Cuba un pays de plein emploi). Oh j’ai découvert tant de choses que je ne sais pas trop quoi vous raconter ou plutôt par oú commencer… NB: les références temporelles des informations qui suivent ne sont pas toujours exactes car j´ai écrit certaines infos il y a bien longtemps. Ces dernières semaines, j’ai mis entre parenthèses mon investissement au sein du Parc pour me tourner plus particulièrement vers les activités du CIERIC. Le Parc métropolitain souffre actuellement d’un certain malaise il faut l´avouer. Dur dur d´avancer dans ce bateau á l’abordage, ou en escale plutôt. Le PMH a développé des choses très intéressantes ces dernières années, entre autre grâce à l´appui de Freres des Hommes. Ca, c´est évident. Mais aujourd’hui on ne peut pas se voiler la face devant la réalité... Il est, pour commencer, comme pris d’une indifférence de la plupart des salariés (que le système ne sait motiver). De plus, le Parc est victime des conséquences directes de changements de direction et de restructuration interne (4 directeurs différents durant ces 5 dernières années. Le Gouvernement les place et les déplace)… Pour ne citer que ces quelques exemples. Cela n´arrange rien á cette petite cacophonie du quotidien. Dit comme cela ça peut paraître un peu réducteur de ma part mais c´est la triste réalité de nombreuses organisations étouffées dans le système. L´ambiance nationale en est pour beaucoup. J´ai donc laissé un peu de coté le Parc pour m´investir dans le PIS (Programme d´Initiatives Soutenables) avec super Carmen du CIERIC… ce qui m´a amené la semaine dernière (entendez il y a 3 semaines car j´ai commencé á écrire ce mail il y a 3 semaines) á participer á l´atelier donné á Pinar del Río sur le projet patio de Pelegrín et á celui de la Comunidad 23. Je tiens á préciser au passage que Carmen et toute l’équipe du CIERIC, au même titre que ceux du Parc, sont vraiment sympathiques, et ce malgré les événements peu réjouissants de ces derniers temps... Après avoir ravagé toute les machines de l’aula écologique du Parc Métropolitain (cela fait plus d’un mois qu’ils attendent qu’un informaticien les répare), Trojan, virus cubain de dernière génération, a infecté la quasi totalité des machines du CIERIC, emportant avec lui une mine d’informations et laissant la plupart des salariés dépourvus de leurs documents de travail et archives… Trojan n’a pas non plus épargné le PC de Carmen et ma clef usb avec toutes mes infos. Mais bon, on relativise et on va de l’avant. “Ah Nicolas… no es fácil” me glissent régulièrement d’une voix fatiguée mes collègues... Et aujourd´hui c´est moi qui glisse aussi des ¨ayyyy no es fácil¨ á mes collègues. Je serais presque devenu cubain un peu moi aussi. Alors on repense les priorités, on révise
son agenda et on se rend compte que tout ce que l’on avait prévu
de réaliser ne sera pas réalisable… Fabelo, directeur du CIERIC, est chargé plus particulièrement du suivi de ce projet et je l´ai accompagné pour donner un atelier lá bas. Une vingtaine d´habitants réunis á l´ombre de la végétation luxuriante pour définir ensemble les prochaines activités de leur Communauté, axées autour de 3 axes principaux : productif (potager communautaire pour assurer la souveraineté alimentaire), artistique (céramique et création d´une bibliothèque) et environnemental (sensibilisation et reforestation). Quelle sérénité. A la fin de la journée, chacun des groupes
avait produit son tableau de planification des activités avec notre
soutien et accompagnement.. Est venu le temps d’échanger
sur les différentes idées émises. Et de prévoir
le chronogramme des activités. La construction de la bibliothèque
est pour bientôt. Ils en arboraient fièrement le plan… Pour plus d´info: Cf. Article envoyé en Août dernier sur ce même projet. Il y a avait aussi Carmen, cette femme d’une communauté voisine, qui est venu pour échanger et participer car elle aussi elle souhaiterait développer des actions similaires au sein de son village. On a échangé un bon moment lá dessus. Elle m’a invité á découvrir son projet début novembre et est fortement intéressée par avoir de la documentation et des outils de gestion de projet, que je lui ai promis. Ca fair plaisir de pouvoir avancer avec des gens comme ca.
Le projet de la Comunidad 23 a germé en l’an 2001. Alfredo et ses compagnons ont été lauréats d’un concours organisé par le CIERIC, oú ils présentaient un projet de développent durable pour leur communauté, qui leur trottait dans la tête depuis l’année 1996. A partir de là le projet a germé. Il a bien fleuri. Et de ces fleurs qui ne fanent pas. Bien sûr tout n’a pas été rose et le groupe de gestion du projet s’est confronté á un grand malaise, qui a failli être fatal pour le projet... cette période que l’on connaît tous : l’époque oú, après avoir déployée de nombreuses forces face á l’idée d ‘un projet nouveau, cette motivation se perd petit á petit et naissent les conflits... : Lorsque l’on traite de développement durable, les résultats se réalisent sur du long terme. Et les habitants qui vivent au jour les jours en attendant des résultats concrets imminents se désillusionnent. Ce qui peut se comprendre d´une certaine manière. Mais eux, non, ils sont allés de l´avant. Car c´est précisément á ce moment là, vulnérable, qu’un petit groupe a décidé de se serrer les coudes et d’aller de l’avant pour redynamiser le projet, qui, depuis ce temps, se trouve plutôt en bonne forme. Il existe une certaine harmonie dans la Communauté, ce qui fait la force de l’organisation. Un grand nombre d’actions se sont donc développées
au sein de Comunidad 23… A commencer par la création d’une
éolienne mécanique dés la première année,
pour fournir l’énergie nécessaire á la remontée
d’eau potable pour la Communauté. Effectivement, l’approvisionnement
en eau potable a été un problème majeur et s’est
avéré être l’action qui a justifié le
lancement des initiatives. Bref á 11h ce jour lá, au beau milieu de l’Escambray, a commencé l´atelier de planification (mêmes objectifs que pour le projet de Pelegrin). On a pris les stylos et le paper board pour mettre sur papier toutes les idées. Bien que la plupart des habitants présents ayant suivi des cours de gestion de projet (avec le CIERIC), il leur était un peu difficile de planifier tout ça, de contextualiser leurs idées. Et je les comprends… quelles idées si intellectualisées et compliquées que notre méthodologie occidentale, non? Je me rends compte une fois de plus, quand ils nous regardent dans les blanc des yeux d´un air perdu (mêlé á une gène de ne pas oser dire ou montrer paraître que l´on ne comprend pas) que parfois toute cette méthodologie (bien que fort utile je le conçois) est bien loin des réalités campesinas. Alors on essaie de vulgariser les choses au possible. On y arrive tant bien que mal. Le plus important c´est que l´équipe
soit dynamique. Ca, elle l´est. Après s´être garni la panse on fait un petit tour du village á la rencontre de la population attentionnée. La conscientisation environnementale de ce projet a été un franc succès. Les enfants de l’école se font un plaisir de me réciter tout ce qu’ils ont pu apprendre grâce á Alieski, leur animateur environnement bien sympa. Les documents réalisés lors des ateliers sont collectés puis nous les traitons informatiquement au bureau du CIERIC. Nous réalisons les mémoires des ateliers qui sont ensuite remis au communautés pour qu’elles continuent de travailler dessus en attendant la prochaine réuni on mensuelle. :) |
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