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| Nos correspondants au Sud / Fanny - Inde / Des nouvelles... juin 2007 |
| Nos correspondants
au Sud |
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Bien le bonjour ! De nouveau un petit mail pour poursuivre mes récits sur la mienne, de petite vie. Tout se passe toujours très bien, même de mieux en mieux. Voila déjà trois semaines que je suis ici et le processus d’adaptation est en phase terminale !! J’ai appris a me déplacer seule sans trop me perdre dans cette immense ville, je mange de mieux en mieux avec mes mains (car oui, croyez le ou non, ce n’est pas si facile !), les plats épicés ne me font plus peur, mon estomac est rodé ! Je m’habitue également à la langue, retiens les prénoms, le nom des plats, apprends les bases du kanada (langue locale, du Karnataka, état ou je vis ; chaque état a sa propre langue officielle et l’Hindi dans le sud est en fait très peu parle), me suis fait quelques amis en dehors du travail… bref, plein de petites choses qui facilitent la vie de tous les jours et qui font que je me sens vraiment bien dans ce nouvel univers… Vous êtes plusieurs a m‘avoir demandé en quoi consiste mon stage ici… alors sans être exhaustive et en essayant d’être claire, je vais donc aujourd’hui aborder cet aspect…Jusqu'à maintenant, j’étais pas mal à l’office et travaillais principalement sur le thème des travailleuses de la confection textile (exploitation, sous paiement, harcèlement, maltraitance) en faisant des recherches, lisant des rapports nationaux, internationaux, des enquêtes… J’ai imprégné à présent assez bien la problématique et viens de finir de préparer deux enquêtes. Une à distribuer à des travailleuses elles-mêmes (connaître leurs conditions de vie, de travail..), et une autre, que je vais mener par interviews individuels auprès des employeurs (connaître leur version à eux !)… Je commence la semaine prochaine ces entretiens. Toujours pour ce qui est de mon travail sur Bangalore, je planche aussi
sur le thème de l’accès à la propriété
dans les bidonvilles et je vais également commencer les visites
la semaine prochaine. Par contre, pour ce qui est du mois de juillet et
du mois d’août, je vais être beaucoup moins sur Bangalore.
Mon programme est, pour mon plus grand plaisir, très chargé
! En effet, FEDINA mène ses projets (droit au travail, syndicalisation,
violence contre les femmes, accès a la terre, discrimination et
marginalisation des Dalits et populations Voilà pour ce qui est de mon programme… ces deux prochains mois devraient donc être passionnants à tous les niveaux !! Et je m’avoue bien contente de quitter Bangalore régulièrement car j’ai pu découvrir ces derniers jours la campagne indienne et j’ai rencontré une tout autre Inde…si magique… Samedi, je suis allée a une représentation théâtrale à environ une heure de Bangalore, dimanche à un mariage hindou (je précise hindou car on trouve en Inde également beaucoup de chrétiens et de musulmans), tout près de là où j’étais la veille et surtout lundi et mardi, je suis allée à Madanapalle, à environ trois heures et demie de Bangalore. J’y ai accompagné le directeur et la coordinatrice des programmes de Fedina. Nous avons rendu visite à des associations qui veulent intégrer le réseau Fedina (syndicats de travailleurs ruraux pour résumer)… trois associations et donc trois meetings en tout. Et c’était vraiment très, très intéressant. Les travailleurs ont fait part de leurs difficultés, des discriminations dont ils sont tous les jours victimes, de leur combat, de leurs espoirs… On pouvait lire dans les yeux des plus vieux la fatigue de la vie, la lassitude, la souffrance endurée par des heures quotidiennes de durs labeurs pour quelques centimes… Les plus jeunes, eux, respiraient l’espoir, l’envie de se battre pour obtenir des droits, de meilleures conditions de vie. Pour ne vous donner qu’un exemple, nous avons rencontré un groupe de travailleurs : des hommes qui rapatrient des paniers de légumes des champs aux marchés… c’est un travail bien difficile, chaque panier pèse des dizaines de kilos… ces gens travaillent de 5 heures du matin a 8 heures du soir, 7 jours sur 7 et gagnent 50 roupees, soit moins de un euro, par jour !! Un salaire bien en-dessous du seuil de pauvreté… le salaire minimum indien étant normalement de 150 roupees par jour. Et la campagne donc... très jolie, rustique et traditionnelle : les petits villages avec des maisons en terre et aux toits de chaumes, des animaux partout, les singes au bord des routes, des troupeaux de vaches qui bloquent les routes et les paysannes indiennes qui leur crient dessus pour qu’elles se poussent, les femmes qui vont au puits chercher l’eau et la ramènent dans des énormes cruches en terre qu’elles portent sur leur tête, les paysans qui labourent leurs champs à l’aide des vaches, qui se déplacent en charrette tirée par les bœufs… et toutes ces petites scènes quotidiennes prennent place entre les champs de terre rouge, les cocotiers, les manguiers, les bananiers et plein d’énormes arbres dont je ne connais pas les noms, entre les collines rocheuses et les petits étangs… Bref, la campagne indienne est vraiment ravissante… mais malheureusement il n’y fait pas si bon vivre pour ses habitants… Bon, vous tous, ce sera tout pour aujourd’hui… ce mail est une fois encore bien long… et pourtant il y a encore tant de choses que j’aurais bien envie de raconter. Mais ni le temps, ni le courage ne me le permettent pour aujourd’hui… et réciproquement, je suppose que ni votre emploi du temps, ni votre courage ne vous permettent d’en lire plus pour aujourd’hui !!!!! Alors sur ce, bon baisers d’Inde, et prenez bien soin de vous. Bonjour a vous tous, Je m’indianise donc, petit à petit ; j’observe, j’écoute, je sens, je partage le quotidien de ces personnes… Et tout se passe très bien. Pour être un peu plus concrète, voici d’abord un petit compte rendu du week-end dernier agrémenté de quelques photos. Nous sommes donc partis avec une quinzaine de femmes et trois jeunes hommes soutenus par Fedina à environ trois heures de Bangalore pour assister le lendemain matin à une formation. Le départ était prévu à 16h, nous sommes partis à 19h30… et oui, en tant que petite occidentale bien réglée et organisée, j’avais osé espérer que l’Inde serait épargnée de ce fléau « d’imponctualité » commun et irrémédiable à ces pays du sud. Mais non, ici aussi le temps n’a pas de valeur et la patience n’a pas de limites ! Enfin, après quelques prières récitées, quelques chants fredonnés et bâtons d’encens brulés afin d’invoquer Vishnou (le dieu protecteur hindou) pour qu’il ne nous arrive rien durant le trajet, nous avons pris la route, tous agglutinés dans notre petit minibus bleu. Etant donné la façon de conduire indienne, j’ai vite compris pourquoi toute cette cérémonie avant de partir… Le chemin s’est déroulé cependant sans embuche, nous nous sommes juste perdus un bon bout de temps en pleine campagne et fait secoués dans tous les sens en passant et repassant sur des chemins de terre pleins de trous, avant de trouver l’endroit bien isolé où nous allions passer la nuit puis la matinée. Plus de 60 personnes étaient déjà sur place. Apres des bonjours, des présentations et bon repas pour soulager nos petits estomacs tout vides, il était largement l’heure de se coucher. En guise de lit, un toit et des tapis et en guise de berceuses, des chants indiens… Moment magique sur ces terres inconnues et sous ses milliers d’étoiles… ! A 6h le lendemain, le réveil a par contre été difficile…
(et oui, je ne suis pas de ces français qui se lèvent tôt
! ;-) … le dos en compote et les yeux qui ne demandaient qu’à
se refermer, il n’a pas fallu trainasser. A 7h30, ça démarrait.
La formation réunissait à peu près 70 travailleuses
(« euses » car 90% de femmes) employées dans des fabriques
de confection de vêtements et qui avait pour but de les sensibiliser
aux droits du travail afin qu’elles les fassent valoir en se syndicalisant.
Sous payées, exploitées, maltraitées, harcelées,
menacées d’être Vers 14h, la formation s’est achevée. Sur le chemin du retour, l’ambiance était au rendez vous et les baffles « crachaient » de la musique indienne. Se fut à notre tour de secouer le minibus dans tous les sens et d’user les amortisseurs en dansant comme des p’tits fous. C’était trop drôle, le chauffeur a même repassé au moins cinq ou six fois la même chanson d’affilée tant elle avait provoqué une vague de folie dans la clique !! Puis, à ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, l’aventure ne s’arrêtait pas là ! Nous nous sommes stoppés à trois reprises pour visiter des temples. Super chouette et assez impressionnantes les cérémonies… Je vous laisse regarder les photos pour ce qui est de la description des temples mais pour terminer ce mail, je vais quand même essayer de vous décrire comment se passent les cérémonies, la communion hindouiste. Cela se déroule très vite, en 3 minutes peut être. Le brahman, prêtre hindou, pendant que tout le monde dépose des offrandes (fleurs et plantes, encens…) et prie, prépare des encens à bruler qu’il « bénit » en chantant puis les tend sur un petit plateau aux fidèles, qui, comme si c’était de l’eau, prennent la fumée dans leurs mains et s’en aspergent le visage. Le brahman leur tend ensuite un nouveau plateau plein d’une poudre rouge et tous mettent le doigt dedans pour se faire un point entre les deux yeux ainsi qu’un trait en haut du front. Tous se remettent ensuite à prier. Un des fidèles fait sonner une cloche et le prêtre verse ensuite un liquide jaunâtre dans les creux des mains de tous. Tout le monde s’empresse de boire ce liquide et passe ensuite leur main au-dessus de leur tête… Enfin, certains se mettent à plat ventre et embrassent le sol. C’est un moment un peu euphorique, tout le monde saute sur ce que tend le brahman, et fort, on sent une telle ferveur en ces gens… Il est difficile de décrire avec exactitude ces cérémonies. Il faudrait que je filme pour vous montrer ca, en m’assurant que ce n’est pas déplacé, mais en tout cas c’est vraiment impressionnant et intriguant. Il faut que je me renseigne plus sur tout ce rite et ses symboliques. Le week-end était donc très sympa… travail et bon temps, rencontres et visites, échanges et découvertes… Bon, j’aurais plein d’autres choses encore à raconter mais je pense que ca suffit pour aujourd’hui, je reviendrai la prochaine fois plus en détail sur la culture indienne, ces petites choses quotidiennes qui m’étonnent, me ravissent, m’amusent ou me chagrinent, provoquent mon incompréhension, mon admiration… En espérant que vous allez tous très très bien,
je vous laisse reprendre vos activités et vous souhaite un très
bon week-end. Pour ce qui est du mien, j’ai décidé
d’aller acheter une carte de Bangalore, un plan des bus, j’ai
fait une petite liste des lieux a visiter et je compte me lancer tout
a l’heure dans ce chaos urbain pour découvrir plus en profondeur
cette ville et ses habitants. J’avoue que c’est un peu angoissant,
la ville est si grande ! Mais c’est surtout excitant ! De minis
aventures et de petites galères m’attendent !! Petit coucou à tous pour vous dire que ça y est, j’ai posé le pied sur les terres indiennes hier en fin de journée… Le voyage a été bien long et la nuit difficile étant donnée l’escale de 4h à 9h30 du matin heure française à Dubai !Contente d’être arrivée, très bien accueillie par Annie, une dame qui travaille à Fedina. Je loge chez elle pour le moment. L’Inde, pour le peu que j’en ai vu, senti et goûté… je l’apprécie déjà. Je retrouve cette ambiance des pays du Sud que j’aime tant. Cette organisation formidablement « bordélique », ce grouillement incessant de gens, ces enfants qui jouent partout dans les rues, ces commerçants ambulants qui crient à tout va… Mais aussi ces petits boui-bouis où l’on vend de tout et de rien, les routes cahoteuses, parfois non goudronnées qui t’offrent des nuages de poussière quand les motocycles aux vrombissements assourdissants passent ou encore les petits bus blindés qui roulent comme des fous et qui te klaxonnent pour ne pas t’écraser… Sans oublier bien sûr la chaleur, bien humide par-dessus le marché vu que la mousson a commencé, et les éternels moustiques qui sont bien friands du sang des pauvres touristes… A rajouter à tout ce « déjà vu » les choses nouvelles : les bons plats indiens, épicés comme je m’y attendais, mais toutefois délicieux, les indiennes particulièrement élégantes dans leur tunique, une nouvelle langue dont je ne comprends pas un mot, le sens de circulation inversé au nôtre, la monnaie et la conversion à laquelle je dois m’habituer… Bref, pour le moment j’observe, découvre, m’étonne,
discute, goûte, sens, ressens… je prends mes repères
et me mets dans le bain !! J ai découvert ce matin Fedina et rencontré
petit à petit ses salariés. Impossible de me rappeler des
noms, il faut déjà les comprendre et arriver à |
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