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MAIA - INDONESIE
Maia,
la petite abeille des Pays Basque, a le goût du voyage. Il
y a cinq ans déjà, elle est venue butiner les fleurs
de la solidarité à Paris… Travaillant au sein
de Frères des Hommes depuis le mois d’Avril, c’est
le 2 juillet que Maia s’est envolé pour Java, l’île
principale de l’Etat archipel. Elle rejoindra KPA, l’organisation
indonésienne soutenue par FdH depuis bientôt 5 ans,
afin de collaborer sur leur projet de réforme agraire. Un
combat pour l'accès à la terre et pour la consolidation
des initiatives économiques entreprises par des paysans de
l'ouest de l’île.
Envie de bouger, de changer d’air, de découvrir de
nouveaux horizons… en fait, en venant à Paris, Maia
avait surtout en tête d’étudier le japonais.
Car son truc depuis toute petite, c’est ça, c’est
le Japon. Une obsession qu’elle peine à expliquer…
si ce n’est un vaste souvenir d’enfance… un de
ces reportages sur le pays qui l’a marqué. Et puis,
les années lycée. L’occasion se présente
: un voyage d’échange avec le pays de ses rêves.
Une langue qui lui mettra bien plus que l’eau à la
bouche. Elle décide de se lancer dans des études qui
lui permettront de continuer à explorer ce pays si spécial
pour elle. En route pour la capitale, donc. Pour le japonais, c’est
plus pratique. C’est parti pour un DULCO à l’école
de langues orientales INALCO puis une licence et un Master d’expertise
internationale en HEI (Hautes Etudes Internationales). En parallèle,
elle suit une licence d’anglais à Jussieu. Ses années
lui permettent d’acquérir de solides bases en droit
international, économie du développement, géopolitique…
Sans oublier la spécialisation « Asie Pacifique ».
Petit à petit donc, son intérêt migre vers l’Asie
continentale et l’Indonésie.
Depuis tout bout de choux, elle voyage avec ses parents, d’ailleurs
parrains d’une jeune libanaise qui passera quelques années
au bercail de la petite Maia. Son goût pour l’ouverture
internationale s’affirme au fil des ans... En 2005, c’est
un voyage au Sénégal qui la retourne, bouleversant
une fois de plus sa vision de la vie. Bref, l’environnement
familial et ses expériences associatives forgent petit à
petit ses convictions sociales. Jeunes, handicapés, SDF…
sont autant de publics qui l’interpellent. A l’inverse
de la fourmi, Maia est plutôt prêteuse. Dès son
arrivée à Paris, elle se rend bénévole
en faisant du soutien scolaire en maison de quartier ou en étant
animatrice avec des personnes handicapées moteurs et mentales.
Plus récemment, elle donnera ses énergies positives
aux sans abris, sur la péniche du Cœur, le rejeton autonome
de l’asso de Coluche. De façon hebdomadaire, elle assure
avec une bonne équipe de bénévoles l’aspect
logistique mais surtout humain, de la soirée.
Alors… Frères des hommes ? Pourquoi pas ! Adhérant
totalement à la philosophie de travail de l’ONG, elle
cautionne le fait que la structure ne développe pas l’assistanat,
sinon bien les populations autochtones elles-mêmes. Pour Maia,
ce stage lui permet de mieux appréhender le fonctionnement
d’une structure modeste. L’intérêt est
double : elle peut voir deux facettes de l’association et
appréhender les liens entre les activités de l’association,
des bureaux au terrain… La rédaction d’articles
pour Résonances lui permet de rencontrer les partenaires
du monde entier. Une belle opportunité selon elle.
Ces dernières années Maia a beaucoup travaillé
sur l’Indonésie. Alors, lorsqu’on lui a demandé
sur quel projet elle aimerait travailler… c’était
l’occasion d’y mettre les pieds !
Après cette expérience en France puis en pays du
Sud, elle espère pouvoir y voir plus clair dans ses réelles
motivations et définir les grandes lignes de son investissement
futur… A l’issue de ce stage de fin d’études,
Maia espère en effet pouvoir viser plus juste vers un métier
qui lui plait. Là n’est-il pas l’essentiel…
Une question cependant : « combien de mois mettrais-je avant
de trouver du travail ? ». Elle souhaite de pied ferme bosser
dans des petites associations de développement. Son rêve
: Que le monde vive en paix.
Que la petite abeille se réalise dans son travail, en accord
avec ses idéaux, ses idées hautes, dans son travail
engagé, ici où là-bas.
En plus de participer au cycle de projet indonésien, Maia
sera chargée de jouer la reporter en recherchant de l’information
dans des médias alternatifs et en réalisant des interviews.
Elle ne manquera pas de nous transmettre ses expériences
à travers son carnet de voyage…
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Des nouvelles ...
Juillet | Août
| Septembre
Bonjour!
Me voici de retour d’Indonésie. L’avion a atterri
dimanche 30 septembre sur le tarmac de Roissy… Et le choc thermique
a été tel qu’il m’a même valu un méchant
rhume. Mais qu’importe le nez qui coule, j’avais encore la
tête dans les étoiles… indonésiennes.
Après l’avoir tant étudié, j’ai pu enfin
voir de mes propres yeux cet archipel de l’Asie du Sud-est qui me
fascinait tant… Loin des articles de journaux parlant invariablement
du tsunami, des tremblements de terre, de la corruption et des islamistes
censés se balader dans le coin, j’ai découvert un
pays fascinant, en pleine ébullition. La population profite depuis
la chute de la dictature militaire en 1998 d’un nouvel espace démocratique,
qu’elle investit à grand renforts de mobilisation sociale.
Il faut dire que j’ai eu l’avantage non négligeable
de découvrir le pays par le biais des partenaires de Frères
des Hommes, qui m’ont réservé un accueil remarquable
!
Je me suis mêlée à leurs activités militantes
et me suis retrouvée plongée dans le bain de la réforme
agraire: manifestations, rencontres avec des responsables politiques à
Jakarta, session de formation dans les campagnes… Ballotée
d’une activité à l’autre, j’ai pu découvrir
l’Indonésie urbaine puis rurale sur l’île principale
de Java, à la rencontre d’Indonésiens issus de la
haute sphère politique, des classes moyennes éduquées
ou des populations les plus défavorisées. Toujours, j’ai
été accueillie à bras ouverts et toujours, j’ai
rencontré des populations avides d’échanges et de
débats.
Il n’était pas rare que, de passage dans un village, une
vingtaine de personnes vienne me rencontrer le soir venu, dans le seul
but de partager nos visions du monde autour d’un thé. Mes
hôtes et interlocuteurs me remerciaient d’abord souvent d’avoir
fait le déplacement jusqu’à eux, et me demandaient
de relayer largement à mon retour ce que je voyais pendant mon
voyage. S’en suivait un long débat sur leur situation et
leur combat pour la terre, mais aussi sur la question de l’agriculture
en France, les cultures produites ou les subventions dont bénéficient
les paysans. L’occasion pour moi de prendre vraiment conscience
de l’importance capitale que revêt une bonne gestion de la
terre, tant à l’autre bout du monde, où je me trouvais,
que ici en France et en Europe.
J’ai certes pu me rendre compte que le tableau de la société
civile en Indonésie n’était pas tout rose. Les mouvements
sont encore fragiles et les violences envers manifestants, syndiqués
ou opposants n’ont pas disparu. Mais après un mois passé
au contact des plus engagés, je suis revenue en France frappée
par tant d’énergie et de combativité, dont nous aurions
à nous inspirer ! J’ai notamment été très
agréablement surprise par l’implication des étudiants
auprès des mouvements paysans, une alliance difficilement envisageable
en France et qui pourtant fonctionne parfaitement en Indonésie.
Et bien sûr, au-delà de la découverte des partenaires
de Frères des Hommes et de leurs actions, c’est tout un pays
et une culture que j’ai pu pénétrer. Hasard du calendrier,
j’ai eu la chance de vivre une partie de mon séjour au rythme
du ramadan, assistant ainsi à une véritable métamorphose
du pays ! Malgré toute ma bonne volonté de suivre le mouvement,
mon jeûne n’a pourtant pas duré plus de quelques jours.
Je me suis donc ensuite mêlée aux catholiques, aux femmes
enceintes, aux bouddhistes et aux athées pour avaler sur le pouce
un bol de riz le midi. Le riz, j’ai eu la joie de le croiser sur
mon chemin matin, midi et soir. Mais il commence déjà à
me manquer, tout comme le tofu, les beignets de crevettes, les pattes
de poulet, et les boulettes de viande qui l’accompagnaient souvent.
Et bien sûr, je garde un souvenir impérissable des sourires
échangés (ma connaissance du bahasa se limitant au minimum
vital de survie) au détour des rues et des rizières avec
les enfants, fascinés à la vue d’un « boulé
» (les Blancs) et avec leurs parents.
Ma première expérience indonésienne m’a séduite,
ce ne sera donc certainement pas la dernière !
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Les partenaires me
font découvrir
les plantations de thé, cultivé
au dépend des cultures vivrières. |
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Elections municipales
à Keteleng : la population
se déplace massivement, et élit pour la
première fois un petit paysan. |
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Quelques sourires
échangés …
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