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Bolivie




Quelques chiffres
sur la Bolivie

Superficie : 1 098 581 km2 (3)

Population : 8 516 000 habitants en 2000 (3)

Population en dessous du seuil de pauvreté (- de 2 $US / jour) : 34 % (1)

Taux d’analphabétisme : 15 % de la population en 2000 (1)

Espérance de vie à la naissance : 61 ans (3)

Population rurale : 38 % (1)

Taux de mortalité infantile : 66 pour 1000 naissances (contre 5 en France) (2)

Indice de développement humain : 114ème rang mondial sur 173 pays (1)

Nature de l’Etat et du régime : République unitaire. Démocratie présidentielle.

Langues officielles : Espagnol, Quechua et Aymara

Religion : catholique (95%)

 

(1) Rapport mondial sur le développement humain 2002, PNUD, éd. De Boeck Université
(2) L’Etat du monde 2003, éd. La Découverte

Terre et dignité pour les paysans boliviens

Depuis le début des années 80, Frères des Hommes et son partenaire la Corporation Paysanne d’Agriculteurs et d’Eleveurs (CORACA-PROTAL) accompagnent la reconstruction des communautés paysannes, au cœur de la Bolivie.

Au cours des années 80, des milliers de paysans boliviens, ont connu une forte paupérisation due au manque de terres exploitables, à la privatisation et la modernisation des mines et à la baisse du cours des prix des produits agricoles.

Acculés par la misère, ces derniers pensaient n’avoir pour alternative que l’exil, vers les bidonvilles des grandes villes boliviennes ou, vers la région de Chaparé, zone de culture intensive et illégale de la coca.

Quelques-uns avaient choisi une option qui restait toutefois transitoire et incertaine, c’est à dire, l’occupation spontanée de terres de manière désorganisée et sans aucun appui.

Se mobiliser pour reconstituer des communautés paysannes
Pour enrayer ce processus donnant aux paysans un choix négatif, vivre dans la misère ou produire de la drogue, des organisations paysannes, dont notre partenaire CORACA-PROTAL, leur ont proposé de participer à un programme global de développement appelé « projet Ayopaya ».

L’objectif principal de ce programme était de constituer des communautés sur les terres vierges non occupées et à fort potentiel agricole d’Ayopaya et de relancer la production de cultures vivrières, afin de permettre à ces familles d’accéder à des ressources économiques et à une reconnaissance sociale.

Progressivement , de 1988 à 1993, des familles volontaires, en majorité des jeunes couples, des familles sans terre et d’anciens mineurs d’origine paysanne ont créé ces communautés sur ces terres accessibles après plusieurs jours de marche, à travers la montagne.

Une fois sur place, tout était à construire, habitations, école, points d’eau potable, voies d’accès…. Chaque famille y a participé activement en apportant moyens humains et matériels, en fonction de ses possibilités.

Mobilisation et formation pour relancer l’économie agricole
La reprise des activités économiques a également nécessité une forte mobilisation pour la sélection, la répartition et le défrichage des terres ainsi que pour le lancement des cultures vivrières, adaptées aux habitudes et aux marchés locaux.

Des formations et une assistance technique ont été et sont toujours dispensées par notre partenaire, afin de permettre aux paysans d’optimiser l’exploitation des ressources de manière rationnelle, la protection de l’écosystème, la mise en valeur des terres, la gestion de leurs exploitations, l’organisation de la commercialisation et de la transformation de la production.

La reprise des activités économiques a démarré dès le début du « projet Ayopaya » avec la relance de la production du «locoto», piment local, premier produit commercial, dans ces zones où il tient une place très importante dans l’alimentation.

Au fil des années, ces communautés se sont multipliées et couvrent aujourd’hui un territoire beaucoup plus large que celui envisagé à l’origine du « projet Ayopaya », et intègrent les zones de Totolima et Altamachi. Le nombre de «coracas» ou organisations paysannes créées dans la région a donc augmenté de manière concomitante.

Les paysans des communautés de Qoti Mayo, Carmen Pampa, Maiqa Monte et San Julian, avec lesquels nous travaillons ont choisi de se regrouper au sein d’une même «coraca» afin de vendre ensemble leur production. Ils ont ensuite officiellement créé l’entreprise paysanne PROTAL (Produits Totolima Altamachi) dont ils assurent eux-mêmes la gestion.

Pour répondre aux demandes du marché, consolider leur activité économique et l’entreprise PROTAL, les communautés ont engagé des investissements en matériel et équipement et ont lancé la production de miel d’abeille.

Par exemple, pendant la période 1998 - 2000, l’achat de micro-centrales hydroélectriques et de fours de séchage du locoto a permis de procéder à sa transformation en poudre, d’améliorer sa qualité (près de 40% de sa production est biologique ou semi-biologique) et, d’augmenter ses ventes d’environ 60%, entre 2000 et 2001.

La production de miel a également connu un développement significatif. Depuis début 2002, 9 tonnes ont déjà été vendues, soit 70% de plus qu’en 2001.

La commercialisation de ces produits est entièrement gérée par PROTAL, via divers points de distribution et un magasin central, spécialement créés à cet effet, et grâce à des clients réguliers, commerçants de la région.

Une diversification des activités économiques
Depuis leur création, les communautés de CORACA-PROTAL mènent une réflexion afin de diversifier progressivement leurs activités économiques.

Dans les communautés de Qori Mayo et Carmen Pampa, une nouvelle activité de « Tourisme Alternatif Paysan », à petite échelle, a été décidé par les familles qui deviendront hôtes de touristes nationaux et internationaux.

Cette forme de tourisme rural et écologique, privilégiant le contact interculturel, l’aventure et l’effort physique est en cours de préparation. Malheureusement, les travaux de construction de l’auberge pour accueillir les premiers touristes ont du être suspendus.
En effet, de fortes chutes de grêle ayant entraîné des dizaines de morts et conduit le gouvernement bolivien a déclaré l’état d’urgence de mi-juin à ??? 2002, ont également touché la zone où travaille CORACA-PROTAL.
Notre partenaire nous a d’ailleurs écrit à ce sujet le 24 juillet dernier «…Les 1500 briques de terre ont été détruites car elles étaient inutilisables puisque détrempées par la neige. Les membres de la communauté sont très tristes car ils n’ont rien pu faire. Nous avons décidé de suspendre la construction de l’auberge à Challa car pour l’instant, le gel ne permet pas de fabriquer les briques qui se congèlent avant d’être sèches et se brisent. »

Une fois mis en place, ce tourisme alternatif devrait également permettre d’impulser l’amélioration de la production artisanale locale, la revalorisation des cultures indiennes Quechua et Aymara ainsi que la cuisine typique.

Les producteurs de miel ont également décidé de diversifier leur production apicole. Ils recevront prochainement des formations via CORACA-PROTAL afin de développer leur gamme de produits comme par exemple, le pollen, le propolis ou la gelée royale.


A ce jour, CORACA PROTAL, avec le soutien de FDH, permet à 225 familles de vivre et travailler dans la dignité. Grâce à la réorganisation des communautés, un tissu social et économique pérenne mais encore fragile, a été recréé. Grâce à ce projet, ces familles ont toutefois pu se battre contre le cercle vicieux de la pauvreté et accéder à une certaine autonomie.

En effet, outre l’aspect économique, ce projet mis en œuvre par les paysans eux-mêmes, allie des considérations sociales, environnementales, agricoles et culturelles qui leur permet de se saisir du développement de leurs communautés dans toutes ses dimensions.

Sabine Benjamin

Site de CORACA-PROTAL : http://www.altamachi.org/



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