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Le Monde Rural 


Nos projets en Afrique :

Sénégal : Accompagnement de l'insertion sociale et économique de jeunes ruraux par la formation

Rwanda : Promotion de la menuiserie artisanale de qualité

Nos projets en Asie :

Inde : Soutien aux petits paysans, aux travailleurs sans terre et aux populations tribales

Indonésie : Soutien aux paysans sans terre dans leur combat pour la réforme agraire

Pakistan : Soutien aux travailleurs vulnérables dans leur combat pour le respect de leurs droits

Philippines : Soutien aux populations sinistrées de la province de Pampanga

Philippines : Soutien aux populations sinistrées de l’île de Mindanao

Nos projets en Amérique Latine
et aux Caraïbes :

Bolivie : Accompagnement de la reconstruction des communautés paysannes

Brésil : Soutien du Mouvement des Sans Terre (MST)

Méxique : Soutien aux petits paysans organisés au sein du Front Démocratique Paysan (FDC)

Pérou : Renforcement institutionnel et promotion de l’économie locale pour combattre la pauvreté

Sensibilisation et campagnes :
- Terra
- Exodes
- Action mondiale contre la pauvreté

Pour en savoir plus :

Articles FDH :

OGM : le positionnement officiel de FDH France (juillet 2006)

Le tourisme solidaire : comment découvrir le monde autrement (Témoignages et Dossiers - mars 2005)

Le Mouvement des Sans Terre ou 20 ans de lutte pour la dignité du monde rural (Témoignages et Dossiers - septembre 2004)

Philippines : Travail, sécurité et dignité pour les habitants de Pampanga (Témoignages et Dossiers - mars 2004)

Pakistan : le combat des travailleurs informels (Témoignages et Dossiers - juin 2003)

Sénégal : La formation : vecteur d'insertion sociale et économique pour les jeunes ruraux sénégalais (Témoignages et Dossiers - mars 2003)

Bolivie : Terre et dignité pour les paysans boliviens (Témoignages et Dossiers - décembre 2002)

Projet d'appui à la menuiserie artisanale en Afrique (Témoignages et Dossiers - septembre 2001)

Dossier Indonésie : Un retour à la terre enfin possible (Témoignages et Dossiers - février 2002)

Autres sources :

Souveraineté alimentaire : déclaration de Nyéléni
(février 2007)

Femmes paysannes : la souveraineté alimentaire au quotidien (Nyeleni 2007 – 26/02/07)

L’agriculture emploie 70% des enfants qui travaillent dans le monde (FAO - 19/09/06)

Interview de Rajagopal, Ekta Parishad
(Ahimsa-Non Violence - 01/2006 - PDF)

Des bouées de sauvetage de plomb par Eduardo Galeano (16/08/06)

Inde : Suicides dans les champs de coton (RFI - 04/08/06)

Rapport de la Conférence Riz et souveraineté alimentaire en Asie et dans le Pacifique (26/07/06 – en anglais)

Le monde rural, acteur essentiel de changement

Depuis toujours les Hommes ont eu recours à l’agriculture, la pêche et l’élevage pour assurer leur survie. Cette fonction nourricière vitale pour tous est aujourd’hui fragilisée. Le monde rural est également confronté aux questions qui font débat dans nos sociétés telles que la paupérisation grandissante, la répartition inégale des richesses, la participation citoyenne aux politiques nouvelles, l’accès et la gestion des ressources naturelles, la lutte en faveur du respect des droits, la quête de sens, de repères et d’identité…
FDH et ses partenaires qui accompagnent depuis 40 ans les populations rurales marginalisées peuvent témoigner des mutations politiques et sociales observées en matière de développement et de défense des droits et, de construction d’une citoyenneté dont les combats bénéficient à l’ensemble de la communauté humaine.

Brosser le portrait du monde rural dans les pays du Sud pourrait revenir à réaliser un tableau bien sombre !
En effet, malgré la diversité des contextes politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux… de ces pays, un constat commun à tous s’impose, les populations qui y vivent doivent faire face à des problèmes structurels et conjoncturels difficiles à vivre et complexes à résoudre.
Souffrant de la faim, vivant dans des conditions sanitaires contestables, de faible niveau scolaire et parfois très isolés, les ruraux sont confrontés à de grandes difficultés d’accès aux ressources naturelles (terre, eau…), à des moyens techniques (formation, équipement, technologie, information…) et financiers (micro-crédit…).
Très vulnérables, leurs droits les plus élémentaires sont fréquemment bafoués par de grands propriétaires terriens, des usuriers, des employeurs leur imposant des conditions de travail proches de l’esclavage pour un salaire misérable et, des représentants des pouvoirs publics (police, justice…) dont les décisions relèvent souvent plus de l’arbitraire que de la loi…

Dans l’espoir d’échapper à la pauvreté et pensant y bâtir un avenir meilleur, des millions de ruraux ont migré vers les villes aux cours des décennies passées. La majorité d’entre eux s’y sont retrouvés socialement et économiquement exclus. Installés dans des habitats de fortune (bidonvilles), ils sont confrontés à la précarité d’emplois dans la construction ou le travail domestique… qui les enferme souvent dans le cercle vicieux de la survie.

FDH qui accompagne les ruraux ayant migré dans les centres urbains, a toujours tenu à soutenir ceux qui sont restés sur place et n’ont pas succombé aux mirages de la ville et de l émigration.
Depuis 40 ans, nous menons des projets initiés et mis en place par les populations afin de permettre leur développement non seulement économique, mais également social, politique, culturel et environnemental.

Les résultats déjà obtenus sont des preuves tangibles qu’avec une véritable volonté, des dynamiques porteuses peuvent émerger et faire de ces zones pourtant sinistrées, le berceau de pratiques pouvant avoir des répercussions positives sur l’ensemble de la société.

Des acteurs d’un développement solidaire
FDH et ses partenaires du Sud mènent des projets d’accompagnement des ces populations en grandes difficultés en les soutenant dans le renforcement de leurs capacités d’organisation, de négociation, de maîtrise de techniques, d’amélioration de leurs revenus et, de revalorisation de leur culture…

En Bolivie, Coraca Protal a permis à des descendants de paysans devenus chômeurs suite à la fermeture de mines de s’organiser pour réinvestir des terres vierges et reprendre la production agricole vivrière, plutôt que d’aller grossir les bidonvilles des cités alentours. Grâce à des formations et à des efforts communs pour valoriser le potentiel agricole de ces terres, des centaines de familles vivent et travaillent aujourd’hui dans la dignité. Elles ont par exemple relancé la production et la consommation du « locoto » (piment local) jusqu’à Cochabamba, ville principale de la région, rendue accessible par la construction d’une route négociée avec les autorités. Fortes de ces expériences, ces familles ont décidé d’organiser des circuits de tourisme solidaire, nouvelle source de revenus et moyen original de faire partager leurs traditions indiennes.
Au Rwanda, pays où les terres cultivables manquent, Duhamic-Adri accompagne les ruraux dans la création d’emplois et la diversification de leurs activités. Des dizaines d’entre eux suivent des cours de menuiserie artisanale et de maîtrise du processus artisanal (accès au crédit, gestion, commercialisation…) qui leur ont permis de participer à l’amélioration de l’habitat dans 2 régions rurales et urbaines du pays, tout en agissant de manière positive sur l’environnement en participant à un projet de reboisement.
Ces exemples prouvent qu’en dépassant une vision exclusivement économique des problèmes rencontrés par ces populations en difficultés on est en mesure d’apporter des réponses durables et porteuses à des problèmes structurels et conjoncturels. Par des formations techniques, la reconnaissance de leurs potentiels humains et de leurs identités et, une meilleure maîtrise des mécanismes de décisions, ces milliers de ruraux ont su conquérir une confiance individuelle et collective pour devenir acteurs de leur destin en ne subissant plus leur environnement comme une fatalité.

Contribuer à la construction de sociétés plus democratiques
Bien que souvent très marginalisés et bafoués dans leurs droits économiques, sociaux, politiques et culturels, les ruraux savent être très actifs dans l’impulsion et la construction de pratiques démocratiques.

Au Brésil, le MST est devenu un mouvement social dont les actions dépassent très largement la lutte pour la réforme agraire et l’amélioration des conditions de vie et de travail des paysans sans terre. Nombre de ses membres sont souvent des victimes non reconnues de brutalités et parfois de massacres orchestrés par de grands propriétaires terriens avec la complicité de représentants de pouvoirs locaux. Refusant catégoriquement le recours à la violence, le MST s’attache par voies légales à la recherche de la vérité et à donner de la visibilité aux violations de la loi en toute impunité si fréquentes au Brésil, pays inégalitaire s’il en est.
En Inde, les Dalits, tribaux et autres catégories discriminées membres d’IRDS ont partagé leur expérience de défense des droits avec des ruraux et d’urbains touchés par le tsunami. Après le départ des caméras du monde entier, ces victimes ont subi la volonté d’entreprises de tourisme, d’exploitation du gaz… et de certaines autorités de les déloger de leurs lieux de vie pour raison économiques contraires à leurs intérêts. Ces exclus dispensent des conseils juridiques et accompagnent ces populations dans leur processus de négociation.

Aux Philippines, PDRN qui s’est créé suite à l’éruption du Pinatubo est très active auprès des ruraux vivant dans des zones menacées par les catastrophes naturelles, très fréquentes dans la région de Pampanga. Elle soutient leurs activités de réhabilitation économique et sociale. Ses résultats obtenus lors des inondations de l’été 2002 en matière d’organisation des secours d’urgence, d’évaluation des besoins… dans les villages isolés a conduit les autorités régionales à solliciter la présence des représentants de PDRN et des villages au sein des « conseils régionaux de prévention des risques ». Depuis, ils participent à l’élaboration de politiques publiques, signe d’une reconnaissance officielle de la pertinence et de la qualité de leur mobilisation collective.
En Haïti, l’absence d’un Etat de droit fait de l’arbitraire, l’insécurité et les difficultés de subvenir à leurs besoins, le lot quotidien des haïtiens. Le CRESFED y mène un projet ambitieux en faveur de l’avènement de la démocratie, par la formation en milieux rural et urbain. Le but est de développer les compétences de responsables d’associations et d’animateurs de terrain. Favoriser la participation citoyenne à la vie sociale, économique et culturelle des communautés et du pays tout en renforçant les capacités d’élus locaux à la reconstruction du tissu social et à la gestion locale, est un de ses objectifs principaux. La réintroduction de l’instruction civique dans les programmes scolaires est d’ailleurs un de ses chevaux de bataille.

Malgré des conditions de vie et de travail très difficiles, les populations rurales s’organisent pour être plus forts dans un esprit non corporatiste, mais au nom de la défense du droit et de l’intérêt général. Conquérir la parole, prendre des responsabilités individuelles et collectives, développer des capacités de concertation, de négociation et d’action sont autant d’atouts pour une meilleure participation de toutes les composantes des sociétés.
Dans un contexte mondial où les lieux de prise de décision (OMC, BM, FMI, ONU…) et les critères de référence sont définis par un nombre restreint d’individus et d’institutions, il est important que les citoyens se donnent des outils pour mieux comprendre et participer aux débats.
Au sein du monde rural souvent perçu comme garant de la tradition émerge de plus en plus des acteurs de changement, de progrès qui savent faire entendre leur voix et créer des liens avec le reste de la société sur la défense du droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation… ; la prévention des conflits, l’accès et la gestion raisonnée des ressources naturelles, et au delà les dangers du brevetage du vivant, les traités de libre-échange… : des questions cruciales qui nous concernent tous.

Sabine Benjamin

CORACA PROTAL: Corporation Paysanne d’Agriculteurs et d’Eleveurs
MST : Mouvement des Sans Terre
IRDS : Fédération pour le droit à la terre des Dalits
PDRN : Réseau de lutte contre les catastrophes dans la région de Pampanga
CRESFED : Centre de Recherche et de formation Economique et Sociale pour le Développement
UGPM : L’ Union des Groupements de paysans de Méckhé
Consortio Junin : est composé de l’Association du Travail pour le Développement, l’ Equipe d’Education et d’Autogestion Sociale et l’ Institut de Développement Urbain

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