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PARTICIPER [citoyen engagé]
Venezuela : l’université contribue à la vie des quartiers

SOMMAIRE  

PARTICIPER [citoyen engagé]

Venezuela  : l’université contribue à la vie des quartiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

MANIFESTER [combat public]

Les paysans boliviens obligent le parlement à voter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

FORMER [savoir pour agir]

Les pêcheurs honduriens protègent l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

COOPERER [partage des moyens]

INFORMER [confronter les idées]

TEMOIGNER [culture solidaire]

PORTRAIT [à la rencontre de ...]

 

Placardé sur les murs du centre ville, on a pu lire : « les étudiants en gestion sociale pour le développement local de l’Université bolivarienne du Venezuela ont le plaisir de vous inviter, voisins et voisines, à participer à un conseil communal qui se tiendra le samedi 18 novembre 2006, à 14h, au coin de la rue Santa Rosa. Assistez-y. Nous comptons sur votre soutien. » Une annonce qui suscite un vif intérêt puisqu’une trentaine d’habitants du « barrio » [1] de Sarria, situé à l’entrée d’un bidonville du centre de Caracas, ont répondu à l’appel.

Dès cette première rencontre, des hommes et des femmes de tout âge élaborent ensemble un « diagnostic participatif » en identifiant les problèmes à résoudre dans leur quartier : insécurité, drogue, absence de gaz, ramassage des déchets, etc. Ils définissent ensuite les priorités pour un projet communautaire. Chaque prise de parole se fait dans le plus grand respect et tous s’écoutent attentivement. Derrière cette participation, il y a en réalité 200 à 300 bénéficiaires et ces rassemblements ont pour effet, en renforçant les liens sociaux entre habitants, de donner vie aux quartiers et de permettre à ses habitants de jouer leur vrai rôle citoyen.

 
  Intervention d’un des habitants du « barrio »
de Sarria / © Camille Court

Les résultats sont là : la quantité d’ordures qui gisaient jusqu’alors de façon anarchique ça et là, a considérablement chuté. Une réussite que les habitants doivent en partie aux étudiants en développement social qui leur ont insufflé cette dynamique, mais surtout qu’ils doivent à leur propre engagement. Car l’objectif principal de cette expérience de démocratie participative  est de rendre autonomes et responsables les habitants du quartier. L’interaction entre milieux universitaire et populaire se fait d’autant plus facilement que les « étudiants » ont entre 22 et 45 ans [2]. Au prochain conseil, certains seront là pour assurer un suivi, mais ce sont bien les habitants qui, à terme, prendront les décisions seuls.

Ces rassemblements font suite à une loi du gouvernement [3] qui prévoit un conseil par commune, voire par quartier, pour demeurer au plus proche des réalités de tous les citoyens. Si la politique de H. Chávez est controversée au Venezuela, scindant la population en deux pôles, le clivage disparaît ici : les pro- et les anti-Chávez ont choisi de se réunir pour faire face à leurs problèmes quotidiens. Cette participation active au sein des conseils communaux permet aux gens de mieux connaître leurs droits et d’être acteurs de l’amélioration des conditions de vie dans leur quartier. Un rôle qui se traduit également par un impact dans le fonctionnement des communes puisque aujourd’hui, certaines décisions de mairies sont soumises au vote des habitants.

Les initiatives populaires ne datent toutefois pas d’hier. L’exemple de la communauté du « barrio » de La Vega, accueillant 250 familles, est particulièrement exemplaire. Dès sa création il y a plus de 30 ans, les quelques familles qui viennent s’installer dans cet endroit reculé imposent leurs règles : les dealers de drogues sont exclus ! Un bon moyen de lutter contre la violence. Aujourd’hui c’est par la mise en place d’un réfectoire populaire et de nombreuses activités culturelles - théâtre pour enfants, danses africaines, etc. - que les habitants arrivent à préserver la paix du quartier. Récemment, une manifestation s’est tenue à l’occasion d’une journée contre la violence destinée à commémorer le décès par balle d’un adolescent suite à un règlement de compte amoureux. Ce jour-là, le slogan « contre la violence, la culture populaire » [4] a été lancé. Il résonnera longtemps dans la rue et dans les têtes.

FDH


Notes :

[1]  Quartier

[2]  Créée par le gouvernement du président Chávez pour promouvoir l’accès à l’éducation, l’université est gratuite et accueille des étudiants de tous âges.

[3]  Le contexte fait que s’opère un changement total des institutions. Le but du gouvernement est de combattre la corruption dont elles font l’objet et d’y faire entrer le socialisme du XXI e siècle.

[4]  « Contra la violencia, cultura popular »



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