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TEMOIGNER [culture solidaire]
Cuba, le théâtre itinérant jette les bases
d’une communauté culturelle

SOMMAIRE  

PARTICIPER [citoyen engagé]

Venezuela  : l’université contribue à la vie des quartiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

MANIFESTER [combat public]

Les paysans boliviens obligent le parlement à voter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

FORMER [savoir pour agir]

Les pêcheurs honduriens protègent l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

COOPERER [partage des moyens]

INFORMER [confronter les idées]

TEMOIGNER [culture solidaire]

PORTRAIT [à la rencontre de ...]

 

Clowns, comédiens, percussionnistes, danseurs, jongleurs - perchés sur des échasses ou parfois déguisés en personnages populaires -, déambulent sur l’artère principale de Cumanayagua, communauté de la province de Cienfuegos. Nous sommes en novembre à Cuba et c’est l’ouverture de la 8ème édition de la « biennale de Montagne ». Sur un parcours de près d’1 kilomètre, les membres de la troupe Los Elementos, et avec elle d’autres compagnies, rencontrent près de 1000 personnes. Sous des airs de carnaval, ces spectacles de rue, les « pasacalles », sont bien plus que de simples divertissements. Ils sont en réalité un moyen d’aller au devant des habitants et de les amener à réfléchir sur des thèmes variés tels que les migrations ou l’écologie. Pendant une semaine, quelque 150 participants de 9 troupes de théâtre venues de toute l’île ont ainsi proposé 60 représentations à plus de 9200 spectateurs !

Forte de son expérience auprès des populations exclues et dans les zones dites « de silence », où radios et télés sont difficilement captées, la compagnie Los Elementos a su au fil des ans diversifier ses activités. En parallèle des spectacles de rue qu’elle organise fréquemment, elle propose des ateliers et donne dans le pays et à l’étranger des représentations qui lui ont d’ailleurs valu de nombreux prix. Les thèmes abordés sont souvent difficiles. Ainsi Immigrants, qui raconte l’histoire de cinq étrangers, tous en quête d’identité, certains enfermés dans le carcan de leurs traditions et d’autres essayant de s’adapter à une nouvelle culture sans pouvoir se libérer de la leur. Cette question de la différence a également été abordée dans l’atelier Nous vivons sous le même ciel, nous sommes sur la même terre. Son objectif : démontrer que les nationalités et les langues ne doivent pas être motif à séparer les hommes.  

 
  Spectacle de rue à Cumanayagua, Cuba
© Teatro Los Elementos

Aujourd’hui, la compagnie s’adresse à un public très diversifié. Elle joue pour les paysans, les étudiants, les femmes au foyer, les sidéens, les prisonniers, les malades psychiatriques ... Depuis 6 ans, son travail s’adresse aussi aux enfants et c’est d’ailleurs une des fiertés de la troupe, comme le raconte Rubén Andrés, l’un des membres. Mi-janvier, les jeunes de la compagnie théâtrale La Yagruma donnent la première de l’adaptation du texte En habits du dimanche [1] du dramaturge Maíkel Chávez. Les mettre en scène n’était pas chose facile ; pourtant c’est avec brio que Geraydi Brito, comédienne du groupe Los Elementos, a relevé le défi. Pour Yurísleídy, adolescente de 16 ans, jouer Güírita - jeune paysanne qui décide un jour de quitter ses montagnes natales et de fuir le futur tout tracé de montera [2] que lui réserve ses parents pour se rendre à la ville et devenir comédienne – était un bon moyen de montrer que les nouvelles générations aspirent à une vie différente.

Après des années de parcours itinérant dans les lieux les plus reculés de l’île, la troupe Los Elementos a finalement pu s’établir. Pour José Oriol, fondateur et directeur du groupe, c’est une grande satisfaction d’avoir réussi à fonder sur les terres de ses ancêtres une communauté culturelle. Aujourd’hui, le site « d’El Jobero » bénéficie d’un amphithéâtre en plein air pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes et les activités culturelles ne cessent de se développer. Depuis quelque temps, les membres de la compagnie ont même étendu leur action à un travail de mémoire pour réinstaurer une agriculture pérenne. Ils incitent les habitants à utiliser les méthodes d’agriculture traditionnelle comme l’élevage d’animaux pour leur propre consommation ou l’utilisation de sources comme l’eau ou le vent comme énergie renouvelable. Quand le théâtre devient un vecteur de développement …    

FDH


Notes :

[1]  Inspiré du célèbre conte cubain El cangrejo volador   : lire le conte (en espagnol) sur le site de FDH

[2]  Le terme montera/o représente dans cette zone de l’île les personnes qui montent les bêtes de trait ou les bêtes de somme (chevaux, mules, ânes) et s’occupent d’elles.


Les Eléments / Teatro los Elementos www.teatro-loselementos.cult.cu/ / oriol@azurina.cult.cu  / element@azurina.cult.cu > Contact : José Oriol González Martínez - Rubén Andrés Fuentes Villalobos


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