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PARTICIPER [citoyen engagé]
INDONESIE
Une mobilisation paysanne pour rendre la terre à ceux qui la cultivent
Bandung, ouest de l’île de Java. C’est ici que du 9 au 21 mars derniers, s’est tenue la toute première rencontre de la SPORA [1], une nouvelle plateforme regroupant diverses organisations paysannes indonésiennes. Cette rencontre, porteuse de nombreux espoirs pour le renforcement des mouvements paysans, était très attendue par tous les participants ! Une coalition débordante d’ambitions
Au cours de ces dernières
années sont nées de multiples organisations paysannes cherchant
à promouvoir le droit à la terre et focalisant leurs actions
sur les problèmes d'organisation, de sensibilisation et de mobilisation
du peuple pour les droits des plus pauvres. Courant mars, lors de cette
première rencontre de la SPORA, à l’initiative de
la SPP, du KPA et de la PERGERAKAN,
14 organisations se sont réunies afin de se fédérer
et de commencer à établir une nouvelle stratégie
d’actions communes. But ultime de cette rencontre : une coalition
plus massive que jamais pour se faire entendre au niveau du gouvernement
et pour élaborer une réforme agraire contre l’expropriation
et pour l’attribution des terres aux personnes qui la travaillent.
La rencontre de la SPORA arrive à point nommé puisqu’en
avril 2007, le gouvernement indonésien se réunira afin de
traiter la question des problèmes agraires et de proposer son nouveau
Programme national sur les réformes agraires.
Les 12 jours de réunion ont permis aux représentants des 14 organisations d’échanger leurs expériences, de mettre en exergue leurs forces et faiblesses et de faire un bilan sur les actions menées jusqu’à présent et celles à mettre en place. Pour cela, chacun a fait un point sur les problèmes sociaux, économiques, politiques et culturels rencontrés au sein de son mouvement. Quatre priorités ont été mises en avant durant cette rencontre. D’une part, améliorer la productivité agricole des organisations grâce à des programmes de formation aux nouvelles techniques agricoles. D’autre part, renforcer les mouvements locaux en les aidant à s’organiser au niveau interne. Ensuite, chercher à établir une collaboration avec les classes moyennes des milieux ruraux dans le but de fédérer tout un peuple et avoir un impact plus important. Enfin, créer un vrai réseau de solidarité entre les 14 organisations, favorable aux échanges et discussions. La pression sur le gouvernement gagne du terrain ! Selon
l’une des organisatrices, Hilma Safitri : « Tous
les participants ont beaucoup apprécié la rencontre et en
ressortent débordant d’enthousiasme ! » Elle
ajoute : « Ce nouveau mouvement sera l’initiateur
de grands bouleversements sociaux tant attendus en Indonésie ! »
Suite à cette première réunion, les leaders paysans
se retrouveront dans 6 mois afin de mesurer l’avancée de
leurs actions et d’en évaluer les résultats pour proposer
de nouvelles directives.
Si une telle mobilisation
a eu lieu, c’est que dans une perspective de développement,
le gouvernement indonésien a poursuivi ces dernières années
une politique d’acquisition des terres pour les revendre à
de grandes entreprises privées ou les utiliser pour son compte.
Actuellement, les petits paysans possèdent seulement 13% de la
terre alors que les grands propriétaires terriens contrôlent
les 87% restants. Le 20 mars, devant le grand hôtel Mélia
de Jakarta où se tenait une réunion du G33
[2],
des centaines de paysans ont manifesté en brandissant des banderoles
sur lesquelles on pouvait lire : « La Terre n’est
pas un bien que l’on peut vendre », slogan réaffirmant
que la planète appartient au peuple et non aux gouvernements.
[1] Sekolah POlitik untuk Reforma Agraria, (Institution politique pour les réformes agraires) [2] Le G33 est un groupement de Pays En Développement (PED), il comprend 42 PED, dont 10 également membres du G20, et 28 du G90. Il défend en priorité le droit des PED à maintenir une forte protection à l’importation.
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