Imprimer cette page

FORMER [savoir pour agir]
PHILIPPINES
Si tu ne vas pas à l’école, la « Mobile Unit » viendra à toi

SOMMAIRE  

PARTICIPER [citoyen engagé]

MANIFESTER [combat public]

INDE
Surendettés, les paysans ne récoltent que des pertes
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

FORMER [savoir pour agir]

COOPERER [partage des moyens]

INFORMER [confronter les idées]

TEMOIGNER [culture solidaire]

PORTRAIT [à la rencontre de ...]

 

C’est dans les quartiers de Paco et de Juan Luna de la capitale philippine que la Fondation Virlanie a mis en place en octobre dernier son tout nouveau projet : la « Mobile Unit », une véritable école itinérante qui  intervient auprès des enfants des rues, au cœur de leur environnement. Située à Manille, cette ONG philippine de protection de l’enfance œuvre depuis 15 ans pour aider les enfants en errance dans les rues de la capitale.
Aux Philippines, près de 35 % de la population totale a moins de 14 ans. Et la jeunesse constitue l’avenir d’un pays, dit-on. Pourtant, beaucoup trop de jeunes Philippins ne savent même pas ce que le mot avenir veut dire, leur seule perspective quotidienne se résume à essayer de survivre. On estime à plus d’un demi-million le nombre d’enfants vivant dans les rues de Manille et entre 50 000 et 80 000 ceux qui habitent dans le métro [1] ! Livrés à eux-mêmes, ces enfants doivent faire face à de nombreux dangers. La drogue, la violence, la faim, voire les sévices sexuels sont monnaie courante et les intempéries, les privations, les maladies mais aussi l’indifférence générale les meurtrissent au quotidien.

Une précarité intolérable 

La Fondation Virlanie, forte de son expérience et d’une équipe de travailleurs sociaux qualifiés et investis, continue de redonner aux enfants des rues l’espoir et les possibilités d’un futur meilleur grâce à ce nouveau projet : la « Mobile Unit ». Le principe est simple : une camionnette équipée de moyens dignes d’une vraie classe - tableau noir, craies, livres, crayons, cahiers…- se déplace quotidiennement dans les quartiers les plus pauvres de la ville. S’appuyant sur des outils pédagogiques adaptés et innovants, deux professeurs, diplômés d’Etat, donnent leurs cours sur des places ou parcs, de façon bi-hebdomadaire, à plus d’une centaine d’enfants de 4 à 16 ans. 

 
  Un tableau noir, des craies de couleur et les enfants redeviennent des enfants /
© Virlanie Fundation Incorporation

Car en effet, souvent issus de familles nombreuses, rurales, que la vision utopique de la ville a poussées à migrer de la campagne vers Manille, ces enfants des rues se trouvent dans une situation plus que précaire. Anarosa par exemple, du haut de ses 8 ans, travaille dix heures par jour dans la rue. Elle trie les poubelles pour récupérer du plastique qu’elle revend quelques centimes le kilo afin de rapporter un peu d’argent et aider sa famille. Le petit Jay, lui, était une bouche de trop à nourrir pour ses parents. Il a « donc » été abandonné et vit, mendie, dort dehors avec « ses copains de rue ». 

Redonner le sourire aux enfants des rues 

D’où l’intérêt de cette « Mobile Unit ». Sur le plan éducatif, outre les matières dites classiques comme l’alphabétisation, le tagalog [2], l’anglais et les mathématiques, l’«éducation alternative » est également au programme. Il s’agit là de sensibiliser les enfants à la santé, à la sécurité, aux droits de l’enfant, aux valeurs morales ainsi qu’aux risques des abus sexuels. Ce programme est complété par des activités de développement telles que l’éducation physique, l’expression artistique ou des sorties récréatives.
Ces interventions sont aussi l’occasion de rappeler aux enfants les règles essentielles d’hygiène et de nutrition. Après la classe, les élèves doivent se laver les mains puis un repas équilibré est servi à chacun et pour finir, des brosses à dents leur sont distribuées. 

Aux Philippines, beaucoup d’enfants voient le jour et sombrent très vite dans la nuit.

Enfin, au-delà des actions de sensibilisation, des soins basiques sont assurés régulièrement par une infirmière. Les enfants sont vaccinés contre l’hépatite B et la tuberculose et parallèlement, un suivi dentaire est effectué par un professionnel. 
Un projet qui confirme donc l’engagement de la Fondation Virlanie. Un engagement qui se poursuit d’ailleurs puisqu’un nouveau projet est en cours de construction : une ferme biologique où les adolescents pourraient apprendre le travail de la terre et s’épanouir dans un endroit éloigné, très éloigné de Manille.


Notes :

[1]  Chiffres de l’UNICEF et du Bureau international du travail, 1999

[2]  Langue officielle parlée aux Philippines


Fondation Virlanie - www.virlanie.org - virlanie@virlanie.org > contact : Dominique Lemay


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations suivantes : Source : Frères des Hommes - www.france-fdh.org