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PARTICIPER
/ HAITI Vallue ne veut plus rien entendre
mais écoute les propositions
Vallue menacé, Vallue dévisagé mais Vallue déterminé. Après de longs mois de conflits avec la Digicel, société de téléphonie, le village résiste et entend bien obtenir gain de cause. Situé à flanc de montagne sur la commune de Petit-Goâve et surplombant la plaine de Port-au-Prince, Vallue est aujourd’hui très connu en Haïti. Grâce aux activités de l’Association des paysans de Vallue (APV), mais aussi parce que la zone où le village est implanté constitue un couloir de communication de première importance pour le sud-ouest du pays. Aujourd’hui l’accès à ce couloir est bloqué et les villageois marchent main dans la main avec l’APV. Un conflit inextricable Tout
commence à l’automne 2005 quand la multinationale Digicel
arrive à Vallue où elle achète un terrain. Celui-ci
accueille les ruines d’une ancienne habitation caféière,
vestige de l’époque coloniale ciblé par le programme
de développement touristique de l’APV. Prenant connaissance
de cette transaction, l’APV tente de contacter Digicel pour lui
demander de surseoir à tout projet sur le site récemment
acquis. Il leur propose de choisir ensemble un autre terrain, plus propice
aux activités de la compagnie.
Réaction de la communauté de Vallue Pour sa part, l’APV estime que Digicel contrevient à la politique de développement local définie avec la communauté de Vallue qui prône une utilisation rationnelle des ressources naturelles (dont fait partie le couloir de communication). Depuis décembre 2006, l’accès à ce couloir est bloqué. Les villageois couchent d’abord un tronc d’arbre en travers de la route, puis apposent un panneau spécifiant l’interdiction faite aux véhicules motorisés d’y circuler. L’objectif de cette action est d’attirer l’attention et de forcer un changement de comportement. La communauté de Vallue exige une forme de dédommagement pour les nuisances causées par Digicel. Elle refuse de laisser cette entreprise exploiter des infrastructures et un environnement qui représentent des années de travail communautaire sans aucune forme de contrepartie. Un combat est donc engagé afin d’ouvrir un espace de discussion avec Digicel et de parvenir à un compromis. Les salariés de la Digicel ne sont jusqu’à présent pas parvenus à forcer le barrage. Aucune issue au conflit ne semble pour l’instant réellement se dessiner. L’APV n’envisage cependant pas d’entamer un recours en justice. Etant donné l’état dégradé de l’appareil judiciaire haïtien et la corruption rampante, un tel recours n’aurait que très peu de chances d’aboutir.
En revanche, des requêtes ont été déposées auprès de la présidence de la République, du Premier ministre, du ministère de la Culture et d’autres ministères concernés. Des rencontres se sont tenues afin d’évaluer la situation, ceci en partenariat avec l’Institut de sauvegarde du patrimoine national. L’APV est maintenant dans l’attente du rapport du ministère de la Culture qui devrait proposer des solutions. « Même si aujourd'hui, conclut Yvon Yacinthe Faustin, une proposition était formulée, il devient urgent qu’on trouve un réel arrangement. »
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