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MANIFESTER
/ BRESIL
Défendre
la culture pour tous contre
la monoculture pour certains
Calmes mais déterminées en ce jour d’automne sud-américain, près de 1 300 femmes de Via Campesina Brésil ont occupé les terrains de grandes entreprises telles que Aracruz [1], Votorantim, Stora Enzo, el Ingeno Cevasa [2]. C’était durant la semaine du 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale de lutte des femmes de Via Campesina, mouvement international de petits paysans. Le thème portait cette année sur « Les Femmes dans la lutte pour la souveraineté alimentaire et contre l’agrobusiness ». La plupart sous l’égide du Mouvement des Sans Terre (MST), ces femmes membres de l’Organisation paysanne internationale dénonçaient le désert vert [3] instauré par les géants de l’agroalimentaire et qui empêche les paysans de cultiver. Avertir des méfaits de la monoculture Déjà
le 8 mars 2006, les femmes de Via Campesina Brésil avait occupé
l’entreprise d’Aracruz pour manifester contre sa monoculture
d’eucalyptus. Elles renouvellent l’action cette année
et dénoncent par la même occasion d’autres grandes
entreprises.
La
production d’éthanol vendue à très bas prix
aux Etats-Unis bénéficie à peine à l’agro
négoce. Elle se fait au détriment de la société
brésilienne et des besoins de la majorité de la population.
Une réforme agraire s’impose pour éviter de transformer
le pays en grand producteur d’éthanol. Elle passe par l’adoption
d’un autre modèle agricole qui bénéficierait
aux cultures nourricières, seules garanties de la souveraineté
alimentaire. Les femmes de Via Campesina déplorent aussi la monoculture
pratiquée par ces grandes entreprises, qui appauvrit le sol et
qui rend toute autre culture impossible. Elles sont les grandes perdantes,
plus nombreuses dans l’agriculture et notamment dans celle directement
liée à l’alimentaire.
Prêtes à tout pour une souveraineté alimentaire Le thème principal de ce 8 mars a tourné autour de « pour la défense de la vie, contre l’agro négoce ». Les femmes de Via Campesina Brésil ont établi une liste de principes de ce qu’elles appellent « projet d’agriculture paysanne » pour atteindre la souveraineté alimentaire pour laquelle elles luttent. On y trouve, le respect et l’attention portés à la nature, le contrôle des moyens de production par les travailleurs et les travailleuses et enfin la valorisation et la reconnaissance des femmes et de leur travail. Les femmes de Via Campesina veulent une agriculture forte, diversifiée, respectant les règles de l’écologie, qui garantirait au peuple brésilien une nourriture de qualité. Elles voudraient pouvoir conjuguer agriculture autosuffisante et environnement sain. Le 17 avril, lors de la Journée internationale des luttes paysannes [4], elles étaient toutes unies sous le slogan : « refusons les politique néolibérales ! Construisons la souveraineté alimentaire ! »
[1] Entreprise grande productrice de papier plus connue sous le nom de Aracruz Cellulose [2] Une des plus grandes entreprises productrices d’alcool du Brésil [3] Des centaines de milliers d’hectares de terre occupées par la monoculture de canne à sucre [4] Lire le Hors-série Résonances « Journée internationale des luttes paysannes », du 17 avril 2007
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