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FORMER
/ BOLIVIE
A
Cochabamba, l’agriculture « biolivienne » bat
son plein
Miel, confitures, vins mais aussi poivrons, maïs et ail en poudre… Autant de choix que de délicieuses sensations gustatives lorsque l’on goûte aux produits cultivés, manufacturés et commercialisés par les petits paysans des hautes montagnes boliviennes. Les OECA [1], organisations économiques paysannes de Cochabamba [2], se sont aujourd’hui fédérées et organisées pour proposer toute une gamme de produits, cultivés de façon biologique et écologique. Ces aliments répondent à une nouvelle volonté de « consommer bien, consommer bio » qui se ressent également sur les terres sud-américaines, mais ils répondent avant tout à un besoin pour ces paysans de survivre et d’améliorer leurs conditions de vie. Des communautés d’agriculteurs responsables et solidaires Les producteurs indigènes de la région de Cochabamba, paysans de génération en génération, se sont regroupés sous forme d’OECA. A l’heure actuelle, 23 cellules se sont créées en Bolivie et se sont fédérées pour former la CIOEC. Au total, plus de 3 600 familles sont concernées par ce collectif et travaillent main dans la main. Ensemble, elles veulent augmenter leur rendement économique en s’organisant pour gérer toute la chaîne de production. Elles se concertent également pour savoir qui cultive quel produit afin de diversifier leur offre. Enfin, elles conjuguent leurs efforts pour améliorer les techniques de production et les capacités de gestion des exploitations. En effet, les liens de solidarité sont très forts entre les diverses OECA. Un exemple flagrant : chaque OECA ne se limite pas à promouvoir sa production mais toutes se soutiennent dans la promotion des produits de chaque communauté. Selon Sandro Saravia, coordinateur départemental de la CIOEC, « notre organisation repose sur quatre principes. Nous cherchons tout d’abord à nous insérer dans une économie sociale et solidaire en privilégiant les hommes et le travail et en redistribuant les bénéfices à parts égales entre les producteurs. Nous voulons ensuite accéder à une autogestion en intégrant tous les agriculteurs dans les prises de décisions. » Et de poursuivre : « Notre troisième principe consiste à cultiver de manière durable en n’utilisant que des produits sains et en respectant les sols et l’environnement. Enfin, nous désirons atteindre la souveraineté alimentaire en élaborant nos propres stratégies de production, de distribution et de consommation. »
L’ère du bio est arrivée ! Les produits bios des OECA s’étendent de plus en plus sur les marchés locaux boliviens et la CIOEC en assure la promotion. Car vanter la production de ces petits agriculteurs est indispensable et sensibiliser la population à une consommation naturelle est important. Ainsi, à partir du 5 mai, la chaîne nationale bolivienne 42 PAT diffusera six samedis de suite Nutrición y buena salud [3], un programme où seront invités des membres de la CIOEC afin de discuter de l’agriculture écologique, de ses bienfaits et de présenter leur organisation et ses productions. De plus, durant la première semaine de mai à Cochabamba se déroulera une fête organisée par les OECA de la région pour inciter à consommer mieux et surtout faire connaître le travail des OECA. Elles cherchent aussi à démontrer que la souveraineté alimentaire et l’autogestion sont possibles quand on se regroupe. En juillet, ce sera au tour de La Paz d’accueillir cette manifestation qui réunit chaque année des milliers de participants.
Malgré tous ces rassemblements autour d’une consommation plus saine de produits aux goûts authentiques, la majorité des adeptes du bio en Bolivie restent les touristes. Cependant, des accords ont été récemment passés entre la CIOEC et les collectivités locales boliviennes afin qu’elles distribuent dans les cantines scolaires quelques-uns de leurs produits. Ce qui laisse présager d’une évolution certaine des comportements de tous les Boliviens…
[1] Organizaciones Económicas CAmpesinas – Organisations économiques paysannes [2] Ville au cœur de la Cordillère des Andes en Bolivie [3] Nutrition et bonne santé
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