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Frères des Hommes - www.france-fdh.org
PORTRAIT / EQUATEUR
Grâce à son art, Laureano amène les enfants des rues
à devenir des citoyens engagés

/ DANS CE NUMERO  

PARTICIPER / HAITI

MANIFESTER / BRESIL

FORMER / BOLIVIE

COOPERER / NICARAGUA

INFORMER / BOLIVIE

TEMOIGNER / PEROU

PORTRAIT / EQUATEUR

 

Laureano Nastul Cardenas est animateur en Equateur pour le Programa del Muchacho Trabajador (PMT), créé par la Banque centrale du pays en 1983. Ce programme s’adresse aux enfants et adolescents marginalisés des rues et leur propose des ateliers de formation, d’information sur leurs droits, ainsi que des ateliers artistiques et culturels. Le PMT est présent dans près de 30 quartiers à travers le pays, via les « espaces alternatifs », lieux d’accueil et d’enseignement des enfants et des jeunes.

Laureano, parle-nous un peu de tes origines et de ton parcours  

Je suis Equatorien et Latino-Américain de cœur. Mes parents sont d’origine colombienne, et je suis l’aîné de 6 garçons. Je suis né dans un petit village de campagne et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 12 ans. Puis mes parents m’ont envoyé étudier à Quito, la capitale. J’ai suivi un enseignement d’arts plastiques, notamment la peinture et la gravure. Afin de devenir éducateur, j’ai également fait des études de travailleur social, de communication, et d’anthropologie urbaine. 

Comment en es-tu venu à travailler avec les enfants des rues, et pourquoi as-tu choisi le PMT ?

A mon arrivée dans la capitale, je me suis installé, et vis toujours, dans le quartier périphérique de Mena del Hierro. Comme j’y suis arrivé jeune, j’ai dû assumer des responsabilités d’adulte, et c’est ce qui m’a amené à m’identifier aux exclus, principalement les enfants et les jeunes, et à devenir éducateur populaire. Je me suis donc investi très jeune dans la vie de quartier. Après mes études, je n’ai pas choisi le PMT, c’est lui qui est venu me chercher ! Je travaille pour le PMT depuis 16 ans et je suis maintenant coordinateur national du programme des espaces alternatifs. Je me considère à la fois éducateur populaire et artiste, puisque j’utilise l’art comme un outil de travail.

 
  Laureano se bat au quotidien pour
les enfants et adolescents des rues
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© Laureano Nastul Cardenas

Veux-tu nous donner un exemple concret d’un projet que tu as mené avec des enfants ?

Avec eux, nous avons réalisé une maquette du quartier. Puis nous avons identifié les endroits insalubres, les coins dangereux où les enfants étaient victimes de maltraitance, etc. Nous avons également indiqué les aires de jeux, les lieux où les droits des enfants étaient respectés, les maisons où un habitant animait le quartier grâce à sa musique. Nous avons utilisé l’art pour partager avec toute la communauté cette réalité que nous avions mise à jour. Nous avons écrit des poèmes, réalisé des dessins muraux et des cartes. Cela a permis d’améliorer la vie de quartier en proposant un projet de vie où tous respectent les droits humains. 

Quelle est la situation des enfants avec qui tu travailles et comment parviens-tu à surmonter leurs difficultés ?

Les enfants avec qui nous travaillons souffrent de la pauvreté, qui touche plus de 3 jeunes équatoriens sur 5, et 20% sont exclus du système scolaire. De plus, les enfants que nous rencontrons souffrent de maltraitance, parfois de malnutrition, et évoluent dans un environnement hostile qui les confronte au suicide et autres morts violentes. Mais grâce à l’art et à notre méthodologie qui place l’enfant au cœur des projets, nous pouvons vaincre la timidité des enfants, avoir leur confiance, et travailler sur leur agressivité. Chaque activité réalisée permet à ces jeunes d’être moins impulsif, de reprendre confiance en eux, de retrouver l’usage du dialogue avant tout, et d’exercer une démocratie directe.

« Il est possible de transformer une société en se battant contre l’ignorance et l’injustice ».

Comment appréhendes-tu ton travail ?

Pour être éducateur, il faut aimer le contact avec les enfants et j’ai choisi de travailler toute ma vie avec ceux qui sont exclus. Je souhaite créer les conditions nécessaires pour que chaque personne puisse être avant tout un être humain. J’aime la justice et les défis me plaisent. Pour cela, nous devons vivre, apprendre, penser, lutter, vaincre et tout simplement être. Grâce à mon expérience d’artiste et d’éducateur, j’ai réalisé que oui, il est possible de transformer une société en se battant contre l’ignorance et l’injustice. C’est ce que j’appelle la pédagogie de l’espérance : n’ayons pas peur des défis ! 

Souhaites-tu transmettre un message ? 

Au nom de tous les enfants et jeunes d’Equateur, je vous souhaite un ciel bleu plein d’espoir.


Programa del Muchacho Trabajador (programme pour les enfants travailleurs) : http://www.geocities.com/pmt_ec/ - inastul@bce.ec > Contact : Laureano Nastul Cardenas


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