![]() |
|||||||||||
|
FORMER
/ SENEGAL
Les jeunes se forment, l’artisanat se professionnalise
Traditionnellement au Sénégal, ce sont les maîtres artisans qui transmettent leur savoir aux jeunes apprentis, pour qui ce n’est souvent que l’unique formation. Ceci peut se révéler extrêmement complexe et long lorsque ces adolescents et jeunes adultes, peu ou pas scolarisés, ne maîtrisent ni la lecture ni l’écriture ni le calcul. Pour l’artisan, il ne s’agit dès lors plus seulement de transmettre un métier, mais aussi en amont d’enseigner les bases. Et cela peut commencer par des choses aussi indispensables que l’appréciation du mètre, du centimètre et du millimètre. La Kora-PRD [1] a donc lancé des programmes de formation par alternance pour les artisans et apprentis et propose des cours du soir d’alphabétisation, de calcul, de gestion, de comptabilité ou de dessin. Ces formations ont lieu à Dakar et sa banlieue, et à Thiès. Elles sont gérées par la Kora, mais sont menées conjointement avec des structures artisanales partenaires, comme Le Groupement des artisans professionnels du bois de Thiès ou l’Association des artisans et entrepreneurs de Guinaw Rail, dans les faubourgs de la capitale. Cependant la Kora n’entend pas s’arrêter là, même si elle souhaite à terme que ce soit les pouvoirs publics qui assument ces programmes de formation. Structurer les formations, s’adapter aux exigences de qualité
Afin de remédier aux premiers problèmes rencontrés dans la mise en place des formations, notamment en matière de contenu et de cohérence de celles-ci, un séminaire a été organisé en février et mars 2007 afin d’établir des chartes de compétences concernant cinq corps de métier : le bois, la construction métallique, la maçonnerie, la coiffure et la couture. L’association a utilisé la méthode DACUM [2], méthode internationale qui permet d’élaborer une classification des compétences nécessaires à un emploi spécifique et particulier. De ces chartes, Mahktar Anta Diop, directeur de la Kora, espère d’une part « déduire un programme de formation professionnelle conforme aux réalités actuelles du marché du travail pour les apprentis du domaine » et d’autre part, « permettre l’identification de besoins de formation des maîtres artisans communément appelés “patrons” ». Elles devraient également mener à une évaluation des connaissances afin de déterminer si un apprenti a ou non les savoirs nécessaires pour être considéré comme artisan. La filière bois, pionnière dans l’organisation de l’artisanat Ce travail de professionnalisation des formations s’inscrit plus spécifiquement dans la volonté de la Kora d’appuyer la structuration du secteur de la menuiserie. C’est dans cette optique que l’ONP-Bois (Organisation nationale des professionnels du bois) a été créée en 2005. Constituée par des organisations professionnelles de tout le Sénégal, le but est d’organiser la filière et de défendre les intérêts des artisans. Il s’agit également de leur permettre d’avoir accès à des marchés nouveaux et à forte valeur ajoutée. Et ce, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.
Dans
le pays, la Kora travaille en collaboration avec l’ONP-Bois et l’APDA
[3]
à la réalisation
d’une centrale d’achat des menuisiers à Dakar, qui
permettrait de centraliser l’offre et la demande à un niveau
national. Pour ce qui est de la coopération avec les pays étrangers,
une mission tchèque a récemment pris contact avec l’ONP-Bois.
Elle a proposé de leur vendre 12 machines d’équipement
de menuiserie bois comme support pour les formations. Ces machines seront
installées à Thiès dans un hangar prêté
pas la mairie. En échange, la société tchèque
consent à commercialiser en Tchéquie et en Slovaquie près
de 30% de la production des artisans sénégalais.
|