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INFORMER
/ NEPAL
La toile, un nouvel outil pour la jeune démocratie
Le Népal est à un tournant de son histoire. En pleine transition démocratique, après plus de dix ans d’insurrection maoïste et alors que le roi a perdu au printemps 2006 l’essentiel de ses pouvoirs. A Katmandou, la capitale, une poignée de journalistes défendent un Nepal démocratique et pacifié à travers le blog [1] United We Blog ! for a democratic Nepal (UWB) [2]. Dans ce pays himalayen, seule une infime minorité de la population a un accès à internet. Pourtant Dinesh Wagle, à l’origine de la création du blog, est le symbole d’une jeunesse qui entend bien braver les difficultés d’accès et de connections, afin d’utiliser les nouvelles technologies pour défendre leurs rêves pour le futur du Népal. Et ce, en grande partie pour la marge de manœuvre qu’elles offrent par rapport aux médias traditionnels. Internet, pour une marge de liberté plus large Février 2005, le roi Gyanendra proclame l’état d’urgence, et met fin au multipartisme au sein du gouvernement. Il suspend les droits fondamentaux et contrôle fermement les médias en muselant presse et radio. Dinesh Wagle est alors un jeune journaliste de 26 ans, spécialisé dans les arts au sein de Kantipur [3], l’un des principaux quotidiens nationaux. Il tient également un blog, UWB, qui traite exclusivement de sujets liés à la musique, aux spectacles, et aux médias.
Alors
que pendant la première semaine de l’état d’urgence,
il est absolument impossible d’utiliser internet et le téléphone,
le roi autorise très vite à nouveau l’utilisation
du réseau des communications pour des raisons économiques.
Dinesh Wagle utilise alors son blog pour remédier aux contrôles
trop nombreux qui pèsent sur la presse écrite. Très
vite, il met en ligne la nouvelle orientation du site : « UWB
veut que la paix et la démocratie soit restaurées au plus
vite au Népal. » A partir de ce jour, le blog s’impose
comme un nouveau média politique et parvient à échapper
en grande partie à la censure imposée par le roi et l’armée
d’un côté, aux pressions des rebelles maoïstes
de l’autre. Un blog, pour que tous participent Depuis sa conversion de l’artistique vers le politique, UWB a acquis au Népal une large légitimité, y compris au sein des médias traditionnels. En particulier parce que Dinesh Wagle a tenu à conserver pour ses articles la même qualité que pour ceux de la presse écrite. D’après lui, « même des journalistes de Kantipur, qui jusque là ne lisaient pas mon blog ou même l’ignoraient le suivent tous les jours. Des reporters politiques me transmettent des informations qu’ils ne peuvent pas écrire dans Kantipur. »
Devenu une source d’information majeure, UWB reste un blog et ses jeunes journalistes, maintenant au nombre de trois, ne souhaitent pas en faire un site d’informations traditionnel. Car la force de UWB vient également du fait que chacun, dans n’importe quel coin du monde, est invité à y laisser une trace. Une vision nouvelle du journalisme, avec une idée en tête : la démocratie est l’affaire de tous, et elle commence par la liberté d’expression. Cette nouvelle liberté, gagnée sur la toile, arrive comme un excellent test. Régulièrement censuré, le blog, par le biais de ses journalistes, doit en effet continuer de se battre pour faire entendre sa voix et pour que grandisse la démocratie naissante au Népal. Une lutte de chaque jour.
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