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INFORMER
/ BOLIVIE
Makhurka Teatro échange des
maux racistes
contre des mots de Racine
Rétablir
le dialogue entre les cultures blanches,
indigènes et métissées… Pour Makhurka Teatro
[1],
il faut créer du lien entre ville et campagne. Les quatre compères
de la troupe bolivienne sont allés à la rencontre de peuples
indigènes de Cochabamba pour recueillir contes, mythes et légendes.
Des anciens du village de Limo aux enfants de Punata, en passant par les
paysans de Tacopaya, l’échange s’est avéré
fructueux… Objectif : sauvegarder les traditions orales et
monter une pièce qu’ils présenteront bientôt
aux citadins en vue de promouvoir l’interculturalité.
Entre ville et campagne… le malaise A Punata, deuxième ville la plus peuplée de la province de Cochabamba, la majorité de la population est d’ethnie quechua. Là-bas, la troupe a travaillé avec l’espace créatif la Cigarra [3], une institution qui reçoit des enfants des communautés alentour. A travers ateliers, jeux, dessins ou théâtre, les jeunes de 3 à 12 ans racontent les histoires qu’ils ont pu entendre de leurs parents et grands-parents… comme celle d’ Atoj Antonio y cumpa conejo (Le Renard Antonio et son pote le lapin), un conte traditionnel quechua. Ou encore celle des habitants de Cuchumuela : Sik’imira (L’Enfant fourmi), si petit qu’il fallait une loupe pour le voir…
La passion théâtrale et le respect pour l’humain ont rassemblé les quatre jeunes de Makhurka Teatro autour de cette initiative début 2007... Tout avait commencé par ce constat regrettable : aujourd’hui en Bolivie le racisme devient une plaie pour la société [4]. Un racisme réciproque entre indigènes et populations issues de milieux moins traditionnels. Makhurka Teatro veut donc sauvegarder les cultures autochtones, mais surtout rétablir le dialogue entre les Boliviens. « Nous ne faisons que relayer des témoignages. Les gens s’enferment dans leurs préjugés », relate Ivette, une des actrices . Véritable projet d’intégration, la pièce sera dans un premier temps présentée à un public citadin. Le Mot de trop, qu’il faut dire L’écriture
et la mise en scène du texte prennent forme. La
Palabra que Desborda (Le Mot de trop) relaie donc les histoires
des populations rencontrées, depuis la perspective même de
ses habitants. Même les animaux prennent réellement vie dans
cette pièce. L’écoute et le partage ont été
les meilleurs outils de recherche pour la réaliser.
« Grâce à notre modeste travail, on a reçu beaucoup de sourires, et suscité de nouveaux espoirs… C’est ça le plus important » confie Rocio, autre comédienne. La joyeuse troupe permet de redonner estime et confiance aux communautés elles-mêmes, cette dignité perdue. Et de troquer les préjugés de tous contre les mots. Suite à cette expérience très positive, la troupe a aujourd’hui de nombreux projets en tête. Elle a définitivement décidé de continuer à utiliser l’art pour favoriser l’expression de populations marginalisées et favoriser la communication entre tous.
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