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INFORMER
/ AFRIQUE DU SUD
Une newsletter promotrice de mouvements sociaux
Le nom annonce la couleur : Workers World News (WWN) [1]. Combiner une analyse critique de l’actualité et une parution résumée de ses recherches en sciences sociales, voilà ses bases fondatrices. WWN informe, relie et donne la parole à des syndicats et des mouvements sociaux principalement en Afrique mais aussi sur d’autres continents. Cette newsletter a été créée à la fin des années 1980 par Ilrig [2], une ONG spécialisée dans la recherche et l’éducation populaire qui voulait alors créer un trimestriel populaire. Analyser l’actualité de manière ludique et éducative Ilrig est née en 1983 et s’occupe principalement de mener des recherches sur des sujets internationaux en opposition à la mondialisation. Les articles du WWN relatent les recherches principales de façon résumée et concise. Selon Mzimasi Mngeni [3] « le principal but de cette newsletter est d’augmenter le savoir de la classe travailleuse sur les politiques néolibérales et de le faire pour des sujets importants mais concrets pour nos lecteurs. » Il y a donc à la fois une volonté de fonctionner à partir de sources propres et approfondies tout en s’adressant en priorité à un public populaire. Léonard Gentle, président d'Ilrig, ajoute : « nous désirons analyser les événements et les débats d’actualité en Afrique du Sud de manière ludique et éducative. »
Par exemple dans le numéro 42, de juin 2007, on peut trouver des articles qui s’interrogent sur des problèmes très hétéroclites. Quel type de soutien apporter aux femmes du Zimbabwe qui se sont vues réprimées violemment lors d’une manifestation ? Dans la rubrique internationale, comment comprendre la prise de contrôle de travailleurs argentins de leur usine de céramique à Zanon depuis 2001 ? Ou encore une analyse économique et politique qui dénonce la volonté hégémonique de l’Afrique du Sud sur son continent. Dans chacun de ces articles une mise en perspective historique introduit systématiquement le problème traité et les faits exposés sont souvent le fruit d’une recherche synthétisée d'Ilrig. Il y a également la rubrique Alternatives to globalization qui sert d’avantage de lien en parlant de l’actualité des mouvements sociaux, des manifestations ou des activités de partenaires. Une newsletter active et populaire Ilrig tient au côté populaire de WWN tant pour les sujets de ses articles que pour son lectorat. Léonard précise que les « articles sont écrits de manière à être accessibles à tous – car il y a des militants dont l’anglais peut ne pas être la première langue », c’est-à-dire dans un anglais simple. La même logique prévaut quant à la rédaction des articles, Léonard reprend qu’ils « ne sont pas écrits par des universitaires mais le plus souvent par l’équipe d'Ilrig et par des militants issues de syndicats ou de mouvements sociaux ».
Il y a également une rubrique intéressante qui s’intitule My organisation. Elle permet à une organisation (syndicale, non gouvernementale…) ou à un mouvement social de s’exprimer, de relayer sa cause. Dans le numéro de juin 2007, l’organisation en question s’intitule le Masibambane Unemployed Project (MUP) [4]. Elle est née en 2003 et vise à regrouper des anciens membres de syndicats qui s’étaient retrouvés au chômage. La rubrique offerte par WWN permet par exemple pour le MUP de faire connaître ses luttes toujours en cours. Mzimasi Mngeni justifie cette rubrique par sa nécessité : « Nous invitons aussi des organisations communautaires à écrire à propos de l’actualité de leurs luttes dans un contexte de communication et de résistance difficile pour ce genre d’organisations. » Une newsletter qui s’efforce donc de proposer une information et des analyses de qualité tout en veillant à s’adresser à un public populaire. WWN constitue au final un instrument éducatif et accessible qui instruit les individus et renforce les mouvements sociaux.
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