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Frères des Hommes - www.france-fdh.org
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Le bois de Pogolotti semeur d’espoir

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Iluminada partage avec nous son univers. Un petit couteau de cuisine à la main, elle cueille quelques fleurs de mariposa [1] pour la prochaine Santería [2], avant de poursuivre son petit tour dans le bois de Pogolotti, qu´elle apprécie tant après en avoir supervisé le reboisement. Durant des décennies, cette aire du Conseil populaire de Pogolotti-Finlay-Belén-Husillo n’a été qu’un dépôt d’ordures à ciel ouvert. « On y trouvait des chiens morts au milieu des déchets, des carcasses de voitures », témoigne Iluminada, cofondatrice du projet de rénovation du bois. Autour des immeubles où s’entassent toujours des dizaines de familles havanaises, l’air était peu respirable du fait de l’implantation en contrebas d’une usine de matériaux de construction dégageant des substances toxiques depuis des années. Jusqu’à provoquer un grand nombre de problèmes pulmonaires chez les habitants de la zone, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. Face à cette situation insoutenable a surgi la volonté de la communauté de reboiser cet endroit insalubre du Parc Métropolitain de la Havane (PMH) [3]. La direction du Parc et son équipe technique, appuyées par les habitants et les Conseils populaires, ont alors pris le taureau par les cornes. En 1996 le projet s’est concrétisé.

Des habitants se mobilisent pour améliorer leur environnement 

Certes, il y avait bien quelques maigres arbres, isolés, qui avaient poussé naturellement à divers endroits, mais qui n´assuraient en rien une barrière végétale satisfaisante pour protéger les habitants des émanations de gaz et poussières industrielles. « Au début, un petit groupe de voisins et moi avons décidé de nous investir de façon bénévole dans ce projet de reforestation qui nous semblait fondamental tant l’environnement était affecté », poursuit Iluminada. Deux ans plus tard, ce bout de femme, leader communautaire, et son équipe étaient embauchés par le PMH pour entretenir le bois. « Nous avons également planté des bambous aux abords du ruisseau Santoyo. C´est une espèce adaptée au milieu puisque évoluant principalement en zones humides. De plus, cette espèce a permis de stabiliser le sol en pente. La pépinière de bambous favorise la production de plants nécessaires à la reforestation des berges », reprend Iluminada.  

 
  Iluminada devant les fleurs de mariposa
qu’elle s’apprête à cueillir
© Nicolas Dallet (FdH)

La reforestation de la zone a permis, en plus d’offrir un espace récréatif de qualité aux citadins, d’améliorer de façon notable la qualité de l’air. Mais aussi celle de l’eau du Santoyo, affluent du fleuve Almendares (tous les déchets du quartier ruissellent ou s’infiltrent dans le sol en pente pour finir en contrebas dans le ruisseau). La qualité de l’environnement se voit aussi renforcée par la création d’une station de phyto-épuration en amont et une station de traitement en aval. 
Enfin, le projet a généré la création d’une dizaine d’emplois pour les ouvriers qui entretiennent le bois. Le centre communautaire de Pogolotti met également à profit l’aménagement de ce bois pour inculquer des valeurs de respect de l´environnement à travers des « ateliers de transformation ». Une belle expérience, qui tient lieu d’exemple pour d’autres quartiers de la capitale et de l’île. 

« Nous voulions remplacer les ordures par des arbres. »

Un zèle et une motivation inébranlables malgré le peu de moyens 

Cependant, on note ces derniers temps une légère détérioration du bois, par manque d’entretien. Faute de matériel. Iluminada et son équipe ne demandent pas grande chose : de simples outils pour travailler. Le Parc devrait répondre à leurs besoins d’ici peu, malgré les limites de la réalité cubaine qui s´imposent… bureaucratie, manque de ressources financières et matérielles. Mais même si le manque de moyens est flagrant, le désir de la population d’aller de l’avant et d’améliorer l’espace de vie, lui, prédomine.

 
/ ET PLUS SI AFFINITES

[1]  Jolie fleur blanche devenue emblème national, cette fleur est surtout utilisée pour les rites religieux afro-cubains.

[2]  Ensemble de manifestations religieuses où fusionnent croyances catholiques et les traditions Yoruba d’Afrique de l’Ouest.

[3]  Le PMH est le poumon vert de la capitale. Projet urbanistique socioculturel et environnemental qui s'étend le long du fleuve Almendares, sur plus de 700 ha - pmh@enet.cu, yociel2002@yahoo.com > Contact : Yociel Marrelo FdH y a soutenu différents projets en partenariat avec le CIERIC, de 2002 à 2006. Voir sur le site de FdH : http://www.france-fdh.org/galerie/cuba/galeriecuba.htm


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