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Frères des Hommes - www.france-fdh.org
PARTICIPER / CONGO BRAZZAVILLE
Les femmes de la Vía Campesina Afrique réunies
pour échanger sur leur quotidien

/ DANS CE NUMERO  

PARTICIPER / CONGO BRAZZAVILLE

MANIFESTER / AFRIQUE CENTRALE

FORMER / R. D. CONGO

COOPERER / NIGER

INFORMER / R. D. CONGO

TEMOIGNER / AFRIQUE DU SUD

RENCONTRER / SENEGAL

 

Faire émerger une force collective chez les femmes rurales africaines, tel était le but de la première rencontre des femmes de la Vía Campesina [1] Afrique qui s’est tenue du 28 au 30 novembre dernier au Congo Brazzaville. La rencontre est partie d’un constat unanime : « Le quotidien des femmes paysannes africaines, principales actrices de la production vivrière est aujourd’hui trop ingrat. » La Vía Campesina a choisi de réunir la commission femmes d’Afrique afin que les femmes puissent partager leur expérience sur leur quotidien ainsi que sur leurs initiatives locales, et trouver des solutions collectives aux problèmes auxquelles elles sont confrontées.

Partager des solutions pour des problèmes communs 

Vingt-trois femmes ont participé à la rencontre de Brazzaville. De Madagascar au Togo, en passant par l’Angola et São Tomé et Príncipe, elles sont venues d’une dizaine de pays du continent. Isabelle Dos Reis, coordinatrice de la Vía Campesina Afrique, participait à la rencontre. « Cette rencontre, témoigne-t-elle, a été l’occasion pour ces femmes venues de pays différents de partager leurs expériences, d’évoquer les problèmes auxquels leur condition de femmes rurales les confronte et de définir ensemble un plan d’action efficace pour envisager des solutions. »  

 
  Rires et complicité entre les femmes de la Vía Campesina Afrique / © Isabelle Dos Reis

Une grande partie des trois jours d’échange et de réflexion a été consacrée aux témoignages et au partage d’expérience. Chaque participante a eu l’opportunité de présenter la condition des femmes rurales dans son pays, et les problèmes auxquels elles avaient à faire face au quotidien. Par des mysticas, saynètes culturelles qui ouvrent les sessions de travail dans la Vía Campesina, les participantes ont pu partager leur ressenti. Il s’avère que la situation est partout précaire, et semblable : des maris souvent brutaux qui ne participent pas aux travaux, analphabétisme, mariages précoces, accès difficile aux soins de santé et à l’éducation, obstacles liés à l’accès aux ressources et moyens de production (terre, eau, équipements, crédits, marché). Autant de problèmes qui freinent la contribution des femmes au développement.

La deuxième journée a été consacrée à la visite d’une zone maraîchère, en partenariat avec la Concertation nationale des organisations paysannes et des producteurs agricoles du Congo Brazzaville [2], hôte de cette rencontre. Un moment festif et très convivial qui a favorisé le rapprochement des femmes entre elles. Celles-ci ont pu grâce à cette réunion se sentir ensemble et unies dans leur combat quotidien, mais aussi envisager des actions communes pour l’avenir.

Se former et mobiliser pour que les femmes soit actrices du développement 

« La rencontre de Brazzaville a été une manière pour les femmes africaines de la Vía Campesina de préparer leur participation à la 3e assemblée mondiale des femmes et à la 5e conférence de la Vía Campesina qui se tiendront en octobre 2008 en Afrique, au Mozambique. »

Le dernier jour a permis de synthétiser toutes les problématiques évoquées grâce à un travail de réflexion des femmes, réunies en ateliers, puis d’établir un plan d’action. Les femmes ont proposé des actions aussi variées que nombreuses. Ainsi, Alphonsine de RDC a-t-elle suggéré de lancer une action de protestation des femmes africaines : « Un mois sans mari au lit ». Elles ont également largement remis en question les coutumes et traditions qui fragilisent leurs droits. Parmi les résolutions concrètes de la rencontre de Brazzaville, les femmes ont prévu de se former sur le commerce international, afin de maîtriser les questions de l’accès au marché et à l’internationalisation des échanges.  Elles savent que le manque de connaissances techniques reste le plus grand frein au développement économique des femmes rurales africaines, et qu’elles doivent donc s’emparer des outils et exigences du monde économique moderne. « Cette première rencontre des femmes de la Vía Campesina Afrique, conclut Isabelle Dos Reis, a été un véritable semeur d’espoirs pour ces femmes qui se sont aperçues qu’elles n’étaient pas seules, et qu’elles pouvaient ensemble lutter pour une amélioration de leur condition. »


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1]  Vía Campesina: mouvement international de lutte pour l’agriculture paysanne - www.viacampesina.org - vcafrica@gmail.com > Contact : Isabelle Dos Reis

[2]  CNOP-CONGO -   http://www.e-monsite.com/cnop-congo04/


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