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Frères des Hommes - www.france-fdh.org
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La société civile mobilise des juristes contre l’impunité

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La Justice nationale et internationale dans la lutte contre l’impunité en RDC. C’était le thème du séminaire de formation qui s’est tenu du 21 au 23 juin 2007 en République démocratique du Congo (RDC). Organisé par l’association congolaise Culture pour la paix et la justice (CPJ) [1], il a bénéficié de l’appui majeur de la Cour pénale internationale et du Barreau pénal international. Cet événement porteur d’espoir pour la justice congolaise marque en soi un premier recul de l’impunité en RDC.

Un séminaire pour instaurer un État de droit 

La CPJ est une organisation non-gouvernementale qui œuvre pour l’éclosion des valeurs universelles, dont la paix et la justice. Déjà initiatrice de nombreuses conférences, émissions radiotélévisées et autres événements de sensibilisation pour promouvoir la défense des droits de l’homme en RDC [2], l’association CPJ se place comme un acteur de poids dans la renaissance de la société civile congolaise. Le séminaire tenu en juin dernier s’inscrit dans une somme d’actions qui visent à instaurer un État de droit dans ce pays. Cent quarante personnes ont pris part à ces trois journées de travaux, ateliers et débats modérés par Maître Liévin Ngondji Ongombe, fondateur et président de la CPJ. Les participants étaient des acteurs de justice du pays : magistrats, avocats, membres d’organisations non gouvernementales ou d’associations. La CPJ peut même s’enorgueillir d’avoir fait remonter la question de l’impunité dans les plus haute sphères politiques nationales puisque le séminaire a été ouvert par un discours de Madame Odia, vice-ministre de la Justice. Quelques journalistes ont également participé à la médiatisation de l’événement.

 
  Des hommes et des femmes réunis pour un État de droit bannissant l’impunité / © Eleuthère Molisho

Le droit international à la rescousse de l’appareil judiciaire congolais 

Depuis de nombreuses années, des régions entières de la République démocratique du Congo sont en proie à de violents conflits. Viols aggravés, tortures et assassinats sont froidement infligés par des milices armées sur des civils sans défense. A Kinshasa, la capitale du pays, la situation n’est guère plus sécurisante. En effet, si les conflits ne s’étendent pas jusque dans les grandes villes, celles-ci sont pourtant le théâtre de plusieurs exactions commises par des hommes en armes sur les populations. L’appareil judiciaire congolais s’est jusqu’alors révélé impuissant quant à la répression des auteurs des violations et le rétablissement des victimes dans leurs droits et leur dignité. Consciente des effets que peut engendrer l’impunité, comme la reproduction des exactions et la pérennisation des conflits, la société civile congolaise met tout en œuvre pour la bannir du paysage congolais.

« Les juristes, épaulés par les plus grandes instances internationales, jouent un rôle majeur dans la lutte pour la justice. »

Le séminaire de la CPJ a permis de renforcer les juristes du pays en leur donnant des clefs d’actions par la mise à leur disposition de connaissances élargies sur la justice pénale nationale, mais surtout internationale. Maître Éleuthère Molisho, secrétaire général de la CPJ, raconte: « Au cours de ce séminaire des cellules de réflexion ont été créées sous forme d’ateliers, au cours desquels des questions sur la réforme du droit congolais et le renforcement des capacités pour la défense des intérêts des victimes ont été évoquées. » En plus d’être en soi un premier pas vers la lutte pour la justice et contre l’impunité, ce séminaire renforce les capacités des juristes congolais en droit international. La participation des instances internationale comme la Cour internationale de justice et le Barreau pénal international a déjà incité le gouvernement congolais à améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats et avocats congolais, condition nécessaire à l’impartialité de la justice. Ces derniers, incités à adhérer au Barreau pénal international, contribueront à l’amélioration de l’État de droit et à une paix durable dans le pays.  


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1]  CPJ - cpj_ong@yahoo.fr , emolisho@yahoo.fr > Contact : Éleuthère Molisho

[2]  Lire l’article « La population réclame la mort de la peine capitale » dans Résonances africaines n°14, mai 2007.


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