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Frères des Hommes - www.fdh.org
PARTICIPER / AFRIQUE DU SUD
Porter une minijupe est-il un crime ?

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« Nous aimons nos minis », « Il n’y a pas de raccourcis pour les droits des femmes ». Tels étaient les messages affichés sur les pancartes des centaines d’hommes et femmes qui ont manifesté main dans la main en mars 2008 à Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est après l’agression d’une jeune femme par un chauffeur de taxi pour le seul fait qu’elle portait une minijupe que les Sud-Africains se sont mis en marche : le Forum des femmes Remmoho [1] et Peuple contre la maltraitance des femmes [2] ont organisé deux manifestations de soutien pour sensibiliser les Sud-Africains aux droits des femmes, encore fragiles dans le pays. Des milliers d’entre elles utilisent chaque jour les taxis et un grand nombre doit faire face aux insultes des chauffeurs, aux autocollants sexistes, aux agressions sexuelles et parfois même au viol parce que leurs tenues sont jugées indécentes . Ces actes de plus en plus fréquents depuis une dizaine d’années ne font souvent l’objet d’aucune enquête policière et ne sont que rarement dénoncés par les médias.

Briser le silence du harcèlement        

Alors que la Constitution adoptée en 1996 contient un article promulguant l’égalité des sexes, les femmes se heurtent encore en pratique à l’opposition de nombreux traditionnalistes qui estiment que l’égalité des sexes n’est pas compatible avec la préservation des coutumes et traditions. Il est donc évident que les lois sur les violences faites aux femmes ne seront que des coquilles vides tant qu’il n’existera pas de structures, ni de réelle volonté politique pour garantir leur application. C’est pourquoi le Forum des femmes Remmoho souhaite que le système criminel judiciaire prenne plus au sérieux les agressions sexuelles et les violences contre les femmes et affirme qu’il est primordial de ne pas se taire. Lors des manifestations, le Forum a appelé les femmes victimes d’agression à dénoncer les violences subies et à utiliser toutes les voix institutionnelles de recours, comme la Commission des droits de l’homme et la Commission sur l’égalité des sexes, afin de faire valoir leurs droits. 

 
  800 femmes manifestent à Johannesbourg pour être respectées / © RWF

L’opinion publique est favorable, le gouvernement réagit, les leaders communautaires sont solidaires 

Lors des manifestations, la population a réagi positivement même si certains chauffeurs de taxi ont baissé leur pantalon en signe de protestation et ont qualifié de « prostituées » les filles qui ont pris part aux marches. Cette affaire a d’ailleurs suscité une telle polémique que le département de la sécurité communautaire de la province de Gauteng, dont les principales villes sont Pretoria et Johannesburg, a décidé de lancer dans les mois qui viennent une campagne de sensibilisation sur l’insécurité à laquelle des milliers de femmes sont confrontées. Cette campagne aura pour but d’éduquer le public sur les procédures de plaintes à suivre, ainsi que de l’informer sur le droit à la libre expression. Le gouvernement a, lui, pressé tous les hommes et plus particulièrement les chauffeurs de taxi à cesser toute forme de violence et attitude sexiste envers les mères et les filles de leur pays.

Nwabisa Ngcukana, la jeune femme agressée, a porté plainte contre ses agresseurs et reçoit un soutien psychologique. Elle a déclaré se sentir « belle et forte », un encouragement pour toutes les femmes victimes d’agression en Afrique du Sud.

De plus, il à promis de réviser le code de conduite des taxis pour inclure une clause interdisant les violences contre les femmes. La Maison nationale des leaders, établie pour répondre aux besoins et préoccupations des communautés et qui regroupe des représentants des communautés vivant selon les lois et coutumes traditionnelles, est également intervenue. Elle a enjoint « toute la nation à agir et à protéger nos jeunes femmes contre les hommes archaïques qui se servent de la culture comme d’un moyen pour agresser les femmes » et a déclaré qu’ « à aucun moment la culture ne dicte aux jeunes filles de porter des robes qui [descendent] sous leurs genoux et elle ne dicte pas non plus aux hommes d’agresser les jeunes femmes qui choisissent de porter des minijupes. »


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1]  RWF : Remmoho Women’s Forum (groupe affilié au Forum Anti-Privatisation http://up191.apf.m2014.net/) - nosiphotwala@gmail.com / nkhensy@metroweb.co.za > contact : Teboho Nkhenzy

[2]  POWA: People Opposing Women Abuse http://www.powa.co.za


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