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INFORMER
/ BURKINA FASO
Laabali, fenêtre sur la société
L’idée ? Créer un support original pour informer, former et divertir. La réponse ? La naissance de Laabaali ! Un journal pas comme les autres, réalisé par des femmes et des hommes ayant participé à des cours d’alphabétisation en gulmancema, langue locale du Burkina Faso. Ils peuvent ainsi utiliser leurs nouvelles connaissances pour écrire des articles et devenir l'un des 38 « correspondants de presse ». Ils peuvent aussi participer aux comités de rédaction qui traitent les informations envoyées par les correspondants. Formés par des journalistes de métier, ils apprennent à collecter et traiter cette information. Quant à l’impression du mensuel, elle est assurée par l’imprimerie de presse Programme d’alphabétisation de Gulmu, situé à Fada. Laabaali, qui peut aujourd’hui se revendiquer comme un véritable journal d’informations, connaît un réel succès auprès des populations. Tin Tua, « développons-nous nous-mêmes » L’association Tin Tua [1] a repris le journal Laabali un an après son lancement. Le choix de ce nom pour l’association nous dévoile ses racines : l’objectif principal est de donner aux hommes et aux femmes l’accès à des droits fondamentaux comme la culture, la liberté ou encore la justice.
Autant de droits difficiles à faire valoir sans savoir lire et écrire, et par conséquent sans être autonome pour accéder à l’information. Fondée en 1989 par des enseignants et des étudiants, l’association Tin Tua s’engage auprès de la paysannerie et favorise les actions pour son développement. Tin Tua accorde une place de choix à Laabaali, car se doter d’outils d’informations, de formation et de sensibilisation est primordial pour défendre ses droits. De l’écriture à l’impression, la gestion de l’ensemble des étapes de la production du journal permet une totale liberté tant dans le contenu que dans sa diffusion, principalement orientée sur les zones rurales. En avril 2008, le journal est tiré à 3 500 exemplaires, et le lectorat potentiel est estimé à 100 000 personnes. Permettre aux populations rurales d’accéder à l’information L’association fait du journal un vecteur de valeurs. En effet outre sa démarche pédagogique auprès des journalistes en herbe, Laabaali permet à des populations rurales souvent isolées d’accéder aux informations de la politique nationale ou aux questions économiques ou sociales. Mais avant même les actualités, Laabaali offre une éducation civique avec des articles sur la décentralisation ou les élections. Le journal aide par ailleurs à la conscientisation des populations autour de problématiques sociales actuelles telles que les violences faites aux femmes ou encore la lutte contre l’excision.
Enfin il aborde des thématiques ayant trait au quotidien des lecteurs, comme la sensibilisation à l’hygiène ou à la santé avec une rubrique mensuelle de « pharmacopées », recettes ancestrales pour se soigner. Laabaali est également une fenêtre sur la société, son fonctionnement, ses maux et son quotidien. Parce que l’accès à l’information est indispensable, elle est conçue en parallèle des actions de lutte contre la pauvreté que mène l’association. Laabaali permet à chacun d’accéder au savoir de manière globale. Parce que comme indiqué dans la charte de Tin Tua, l’homme constitue la base et la finalité du développement.
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