![]() |
||||||||||||
|
TEMOIGNER
/ GRANDS LACS
Des jeunes médiateurs construisent
la paix
dans la région des Grands Lacs
Plus de mille jeunes Rwandais, Congolais et Burundais âgés de 16 à 26 ans ont cheminé côte à côte, en juillet 2007, pour délivrer un message de paix. La Marche pour la paix clôturait le vaste programme Amahoro-Amani [1] (« la paix » en kirundi , langue du Burundi, et en swahili ) lancé en octobre 2005 par sept associations scoutes et guides du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Rwanda. 420 jeunes ont été formés à la médiation, la prévention et la gestion pacifique des conflits pendant deux ans, afin de promouvoir durablement la paix dans la région, encore récemment déstabilisée par des conflits. Cette Marche des jeunes, regroupés en plusieurs Caravanes de paix, leur a permis de rencontrer des communautés fragilisées par les guerres en organisant des conférences-débats sur la construction de la paix dans la région. Ils ont aussi déposé leurs déclarations et souhaits auprès des autorités locales, avant de se retrouver début août 2007 pour le Rassemblement international pour la paix à Gitega au Burundi, en présence de participants de 11 pays et de plusieurs associations internationales.
Les jeunes médiateurs, capables d'identifier les indicateurs d'intolérance existant dans leurs communautés - stéréotypes, discriminations, etc. - se réunissent au sein de Clubs de paix et forment d'autres jeunes à gérer les conflits sans violence. Ensemble, ils entreprennent des activités concrètes pour bâtir la paix dans leur entourage immédiat, intervenant dans les conflits aussi bien familiaux et scolaires qu'ethniques. Ils acquièrent par là des compétences essentielles pour monter des microprojets de développement et rendre leurs actions visibles auprès des autorités. « J'ai appris à gérer les autres jeunes et à prendre la parole en public. Je sais aussi approcher les responsables administratifs qui me soutiennent dans l'organisation de nos activités » affirme Bucumi, jeune médiateur burundais de 19 ans, responsable d'un Club de paix. Les médiateurs communautaires participent aussi activement à la reconstruction du lien social en assistant des personnes en difficulté. Des médiateurs de Bujumbura au Burundi ont par exemple organisé des jeux avec les enfants des rues. Ils leur ont appris des chants sur la paix, ont mené une causerie avec eux où chacun a pu exprimer ce qu'il entend par le mot paix, dessiner sur le sujet et expliquer son dessin. A partir du lien créé entre les enfants et les médiateurs, ces derniers ont pu aider les enfants à trouver des foyers d'accueil.
Des jeunes porteurs d'unité et de réconciliation Les activités entreprises sont adaptées aux contextes et histoires locaux. Presque 15 ans après le génocide au Rwanda, l'œuvre de réconciliation est à construire au jour le jour : « Dans mon Club de paix, explique Cyubahiro, un médiateur rwandais de 23 ans, nous avons assisté à une réunion de gacaca (tribunal communautaire villageois) et après nous avons échangé entre nous, jeunes, sur le fait que nous devons sensibiliser la population à dire la vérité pendant les gacaca .» L' entente pacifique dont les jeunes veulent témoigner commence par se construire entre eux au sein des Clubs de paix, qui regroupent des jeunes d’origines différentes. Pour Gilbert Mussumba, responsable du programme Amahoro-Amani, « après le succès de la Marche, nous souhaitons que les Clubs de paix se consolident et que d'autres se créent, pour que les jeunes puissent continuer à contribuer à la cohésion sociale de leur région. »
|