| EDITO
Ecoutez-les ! Viviane [ce
mois-ci dans notre rubrique rencontrer] et Lucie, deux femmes
africaines, racontent leur quotidien au service du respect des droits
de l’homme.
L’une vit dans un pays troublé
par la guerre, la République démocratique du Congo,
l’autre dans un pays en reconstruction, le Burundi. Elles
nous peignent un même tableau : la violence comme arme
de guerre ou de terreur mais en tous cas quotidienne envers les
femmes et les enfants. Elles nous décrivent ce qu’elles
ont vu, entendu, défendu avec des mots puis parfois le silence.
Silence éloquent lorsque les mots n’arrivent plus à
l’être assez pour décrire l’injustice,
l’amertume et le sentiment de non-droit. Le silence devient
coupable lorsqu’il empêche la justice et le respect
de la dignité de milliers de femmes bafouées dans
leurs droits les plus élémentaires.
Leur résistance ? La non-violence.
Ces femmes qui répondent par le droit et les jeunes médiateurs
communautaires [ce
mois-ci dans notre rubrique témoigner] réussissent
à fédérer autour de la paix. Et pour tous ces
combats pour le droit, un même mode d’action :
la non-violence!
Nous le constatons, ces actions de résistance
non-violente émaillent le continent africain, allant de la
désobéissance civile des femmes vivant en zone de
conflits aux projets visant à rétablir un véritable
lien social et une place respectée pour la femme dans la
société. L’Association pour la promotion de
l’entreprenariat féminin, au Sud-Kivu (République
démocratique du Congo), aspire à replacer les femmes
comme actrices à part entière du développement
économique et social, notamment par l’accès
à des formations et à des microcrédits.
En Côte d’Ivoire et au Rwanda, l’heure
de la reconstruction est arrivée, et c’est l’occasion
pour les femmes de réaffirmer le rôle de pilier qu’elles
ont dans la société et de le faire respecter.
La résistance à la violence
dont font preuve, au péril de leurs vies, Lucie, Viviane
et bien d’autres femmes africaines est exemplaire et porteuse
d’espoir pour tous ceux qui sont engagés partout dans
le monde pour la défense des opprimés.
Elise Reslinger
Frères des Hommes
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| Résonances
n’est qu’une
des facettes de
Frères des Hommes.
Pour en savoir plus sur nos autres activités, laissez-nous votre
adresse, nous ne manquerons pas de vous contacter.
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| CONTRIBUTIONS
Togo : Elorm Kokou
Amegadze, Elise Esso - Afrique du Sud: Silumko
Radebe,
Teboho Nkhensy - Cameroun : Pascal
Nkwe Makongo -
Burundi : Gilbert Mussumba,
Lucie Nizigama - Mali : Alhassane Dicko, Ousmane
Diarra, Sidi Mohamed Simpara - RDC : Viviane
Kitété - Bénin :
Constance Facia, Laurence Sossa, Ghislain Agboton - France
: Anne-Marie Diény, Christine Voissière, Elise Reslinger,
Lisa Quaas, Maia Levasseur, Raúl Montero, Roukayatou Adamou Souna,
Valentine Solignac, Yves Altazin |
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PARTICIPER / AFRIQUE
DU SUD
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Porter une minijupe est-il un crime ?
« Nous aimons nos minis », « Il
n’y a pas de raccourcis pour les droits des femmes ».
Tels étaient
les messages affichés sur les pancartes des centaines d’hommes
et femmes qui ont manifesté main dans la main en mars 2008
à Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est après
l’agression d’une jeune femme par un chauffeur de taxi
pour le seul fait qu’elle portait une minijupe que les Sud-Africains
se sont mis en marche : le Forum des femmes Remmoho et
Peuple contre la maltraitance des femmes ont
organisé deux manifestations de soutien pour sensibiliser
les Sud-Africains aux droits des femmes, encore fragiles dans le
pays. Des milliers d’entre elles utilisent chaque jour les
taxis et un grand nombre doit faire face aux insultes des chauffeurs,
aux autocollants sexistes, aux agressions sexuelles et parfois même
au viol parce
que leurs tenues sont jugées indécentes.
Ces actes de plus en plus fréquents depuis une dizaine d’années
ne font souvent l’objet d’aucune enquête policière
et ne sont que rarement dénoncés par les médias.
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MANIFESTER / AFRIQUE
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La souveraineté alimentaire au menu du Forum social mondial
Echanger, élaborer, discuter, manifester ;
pour la souveraineté alimentaire, la paix, la démocratie ;
contre la pauvreté et les Accords de partenariats économiques
(APE) qui visent à instaurer le libre-échange entre
les pays africains et l’Union européenne. Le Forum
social mondial,
cette année décentralisé, a eu lieu à
travers le monde du 25 au 27 janvier 2008. Retour sur ces Journées
de mobilisation et d’action mondiales décentralisées
menées au Togo, au Cameroun et en Afrique du Sud.
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FORMER / BENIN
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Les personnes handicapées grandissent dans leur univers
Alain le kinésithérapeute, Yves l’éducateur
spécialisé et les six bénévoles s’activent
pour accueillir des
enfants handicapés et leurs parents, au sein de l’espace-contact
de l’association Equilibre Bénin.
Situé à Abomey-Calavi, dans le sud du Bénin,
et constitué de trois paillotes sur pilotis, ce centre socio-éducatif
est un lieu de brassage et d’échange. Alain, lui-même
handicapé, a d’abord été pris en charge
par l’association. Il apprend aujourd’hui aux mamans
comment effectuer les gestes de rééducation et leur
redonne confiance en elles. Les bénévoles, formés
par l’association, animent des groupes de discussion où
ils parlent aux parents d’hygiène et de nutrition et
où ils les encouragent à ne pas baisser les bras et
à s’entraider. Constance Facia, la présidente,
assistante sociale pendant plus de trente ans et fondatrice de l’association,
explique que « tout le succès du centre réside
dans le fait qu’il donne l’occasion aux parents de s’ouvrir
les uns aux autres et de partager leurs expériences. »
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COOPERER / MALI
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Les expulsés de France témoignent
« Non à l’expulsion », « Non
au refoulement », « Droit et justice pour
tous ». Tels
sont les messages inscrits sur les banderoles au centre culturel
Djoliba, dans le centre ville de Bamako au Mali. Plus de 700 personnes
ont répondu présent les 15 et 16 mars dernier au Mali
à l’appel de l’Association des Maliens expulsés
(AME), réunissant
des expulsés des pays européens (notamment la France)
et des refoulés d’Afrique du Nord.
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INFORMER / BURKINA
FASO
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Laabali, fenêtre sur la société
L’idée ? Créer un support original pour
informer, former et divertir. La réponse ? La naissance
de Laabaali
! Un journal pas comme les autres, réalisé
par des femmes et des hommes ayant participé à des
cours d’alphabétisation en gulmancema,
langue locale du Burkina Faso. Ils peuvent ainsi utiliser leurs
nouvelles connaissances pour écrire des articles et devenir
des « correspondant de presse ». Ils peuvent
aussi participer aux comités de rédaction qui traitent
les informations envoyées par les correspondants. Formés
par des journalistes de métier, ils apprennent à collecter
et traiter cette information. Quant à l’impression
du mensuel, elle est assurée par l’imprimerie de presse
Programme d’alphabétisation de Gulmu, situé
à Fada. Laabaali,
qui peut aujourd’hui se revendiquer comme un véritable
journal d’informations, connaît un réel succès
auprès des populations.
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TEMOIGNER / GRANDS
LACS
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Des jeunes médiateurs construisent la paix dans la région des Grands Lacs
Plus de mille jeunes Rwandais, Congolais et Burundais âgés
de 16 à 26 ans ont cheminé côte à côte,
en juillet 2007, pour délivrer un message de paix. La Marche
pour la paix clôturait le vaste programme Amahoro-Amani (« la
paix » en kirundi,
langue du Burundi, et en swahili)
lancé en octobre 2005 par sept associations scoutes et guides
du Burundi,
de la République démocratique du Congo et du Rwanda.
420 jeunes ont été formés à la médiation,
la prévention et la gestion pacifique des conflits pendant
deux ans, afin de promouvoir durablement la paix dans la région,
encore récemment déstabilisée par des conflits.
Cette Marche des jeunes, regroupés en plusieurs Caravanes
de paix, leur a permis de rencontrer des communautés fragilisées
par les guerres en organisant des conférences-débats
sur la construction de la paix dans la région. Ils ont aussi
déposé leurs déclarations et souhaits auprès
des autorités locales, avant de se retrouver début
août 2007 pour le Rassemblement international pour la paix
à Gitega au Burundi, en
présence de participants de 11 pays et de plusieurs associations
internationales.
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RENCONTRER / REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO
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Viviane Kitété, une avocate engagée auprès des sans-voix
En République démocratique du Congo (RDC), Viviane
Kitété voue sa carrière d'avocate à
la défense des femmes victimes de violences et d'abus, dans
un contexte où celles-ci ont de multiples difficultés
à faire reconnaître leurs droits. Elle lutte courageusement
contre l'utilisation massive du viol comme arme de guerre et dénonce
un système judiciaire déficient dans son pays.
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