Imprimer cette page

Frères des Hommes - www.fdh.org
COOPERER / INDE
« L’hôpital aux herbes » : des plantes pour la solidarité !

/ DANS CE NUMERO  

PARTICIPER / INDONESIE

MANIFESTER / PHILIPPINES

FORMER / INDE

COOPERER / INDE

INFORMER / PAKISTAN

TEMOIGNER / BIRMANIE

PORTRAIT / INDE

 

Le nom annonce la couleur : Sabuja Biplav, ou ‘révolution verte’, est un hôpital où des remèdes traditionnels sont préparés à partir de plantes, toutes disponibles localement. Surnommé « l’hôpital aux herbes », Sabuja Biplav [1] est situé à Jharbandhui, à 30 kms de Bolangir dans l’état d’Orissa au nord de l’Inde. Partant du constat qu’un foyer dépense en moyenne 10% de ses revenus dans les traitements coûteux issus de la médecine dite moderne, Dr Das a mis sur pied, en 2004, un projet de solidarité sociale étonnant et novateur. A Sabuja Biplav, les patients payent avec des plantes médicinales afin d’alimenter les réserves de l’hôpital. Ainsi, à l’entrée, on trouve des panneaux indiquant les noms des différentes herbes et leurs propriétés médicinales. La liste précise un prix pour chaque plante et les patients, qui récoltent les plantes dans leur jardin ou dans la flore sauvage avoisinante, donnent l’équivalent du prix des soins administrés en plantes. «Ici les traitements ne sont pas chers et je peux amener des plantes pour acheter les médicaments » témoigne Fakir, qui est venu pour faire soigner sa fille de trois ans. Ce système de troc permet à Sabuja Biplav de récolter une centaine de plantes pour produire des médicaments qui soulagent les problèmes les plus courants : maux de tête, de ventre, diarrhée, fièvre, troubles prémenstruels, toux, rhume…

Permettre à tous d’avoir accès aux soins et créer des sources de revenus pour les villageois 

 
  Préparation de remèdes traditionnels à base de plantes séchées moulues lors d’un atelier dans un village. © Kumar Das

Selon Dr Das, « les maladies qui requièrent un traitement lourd et coûteux commencent pour la plupart par un problème commun qui ne demande qu’un traitement simple. Si la nature du problème est trouvée très tôt, les familles peuvent économiser beaucoup d’argent sur les dépenses médicales. » C’est pourquoi, les communautés locales sont encouragées à faire pousser les herbes médicinales dans leur jardin familial, ce qui dans les zones rurales reculées où il y a pénurie de services médicaux et où les médicaments sont très chers, constitue l’aide la plus utile. Certaines plantes comme l’aloe vera poussent facilement et ont plus de 20 propriétés médicinales. L’équipe de l’hôpital se rend donc dans les villages isolés deux fois par semaine pour animer des ateliers destinés à apprendre aux villageois à identifier les plantes médicinales dans la nature et à les transformer. Ce projet n’a pas seulement « re-popularisé » l’utilisation des plantes médicinales dans la région d’Orissa, mais a aussi permis aux populations locales de développer une source de revenus en cultivant ou cueillant des plantes médicinales et en les revendant à Sabuja Biplav qui les rachète à hauteur de 5 roupies l’unité. 

« Si une personne a une maladie chronique, sa famille s’endette invariablement pour pouvoir la soigner alors qu’il y a des plantes médicinales en abondance dans toute la région. Malheureusement ce n’est pas une ressource utilisée par les gens les plus pauvres. » Santosh, médecin de « l’hôpital aux herbes. »

S’adapter aux nouvelles contraintes légales 

Alors que l’hôpital accueille jusqu’à 60 patients par jour, il est depuis janvier forcé de faire profil bas par suite d’un décret obligeant les fabricants de médicaments naturels à respecter un cahier des charges hautement contraignant. Bien que ce décret assure à la population des produits fiables et certifiés, son application nécessite des unités de transformation onéreuses et une technologie pointue, que les petites fabriques locales, comme Sabuja Biplav, ne peuvent se permettre. Tandis que les profits des industriels de ce secteur sont déjà faramineux, l’augmentation des coûts de production des petites fabriques rend très difficile le maintien de la compétitivité et rend les grandes sociétés privées plus puissantes. Pour y faire face, Sabuja Biplav et l’équipe de médecin de l’hôpital multiplient les ateliers dans les villages pour généraliser l’usage des plantes médicinales en zones rurales.


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1] Sabuja Biplav Mapalad : http://maporissa.com - sabujabiplav@yahoo.com > contact : Dr Kumar Das


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations suivantes : Source : Frères des Hommes - www.france-fdh.org