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Frères des Hommes - www.fdh.org
TEMOIGNER / BIRMANIE
Des rappeurs s’élèvent contre la junte militaire

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La bataille est ouverte entre les artistes birmans et le régime, et les membres du groupe Acid en tête de file en ont subi les conséquences. En 2000, les jeunes birmans Yan Yan Chan, Anagga et Zar Yar Thaw forment le groupe de hip-hop Acid [1], qui va vite devenir l’un des plus connus car il répond aux attentes d’une nouvelle jeunesse birmane qui se veut plus libre. Mais en Birmanie, les libertés sont bafouées, notamment la liberté d’expression, et le rap contestataire de Acid  y est confronté. Le groupe se positionne alors dans une attitude prudente et formule dans ses textes des attaques voilées contre la junte birmane : la censure peine ainsi à les décrypter. En prenant part à la Révolution de Safran de septembre 2007 pendant laquelle la société civile birmane se révolte, ils sont néanmoins identifiés comme opposants au régime. La junte birmane, après avoir réprimé le soulèvement dans le sang, calme l’émoi international en organisant un référendum pour valider une nouvelle Constitution proposée par le gouvernement. Artistes et simples militants s’organisent alors pour dénoncer une mascarade destinée à calmer les pressions internationales, et lancent une campagne contre la Constitution qui renforce le pouvoir de la junte actuelle.

Un « non » pas sans risques 

 
  Le groupe Acid : (de gauche à droite) Yan Yan Chan, Zar Yar Thaw, Anagga et Hein Zaw.

Le 17 avril, au milieu de la nuit, alors qu’il était chez un ami, Yan Yan Chan et sa petite amie sont arrêtés, certainement en raison de leur engagement artistique contre le gouvernement. Il est déjà le deuxième membre du groupe Acid, Zar Yar Thaw ayant déjà été arrêté « sans motif officiel » au mois de février. Mais leur engagement ne faiblit pas. Très encadré voire complètement censuré par la junte qui organise des campagnes massives de vote pour le « oui », artistes et militants font preuve d’une grande ingéniosité afin d’exprimer leur opposition. L’une de ces actions a été d’attacher des panneaux sur des chiens où était écrit no ou against (contre) et ensuite de les lâcher dans la ville. La croix est également devenue le signe de l’opposition il y a donc des actions pour inscrire le plus de croix possible par exemple en tagguant dans le paysages birmans comme symbole d’un « non » que l’on n’a pas le droit de prononcer. Yan Yan Chan fait parti de ces militants qui dans son domaine artistique s’est engagé dans la campagne contre la Constitution. Il a chanté au sein de l’Iron Cross, label de rap birman aujourd’hui détourné et devenu symbole de protestation des Birmans contre le référendum. Des mots qui se rebellent de manière voilée, question de liberté, des actes d’insoumission d’une population que l’on tente de brider : symbole d’espoir, le peuple birman résiste. La croix de la résistance contre la main de fer de la junte.

Une résistance qui prend des formes des plus originales afin de contester… en liberté !

Nargis et brusquement : silence radio !

En pleine rédaction de l’article, le cyclone Nargis a dévasté la Birmanie et au-delà de cette catastrophe naturelle a provoqué une réelle tragédie humaine coupant tout contact entre la Birmanie et le reste du globe qui, lui, reste les yeux fixés sur elle. Aujourd’hui nous sommes sans nouvelles des deux rappeurs. Nous savons que, en dépit de la mobilisation pour repousser la date du référendum du 10 mai, la junte militaire au pouvoir n’a pas entendu l’appel. Mais bien qu’à nouveau affaiblis par le régime, les Birmans continuent leur mobilisation.


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1]  Lien sur You tube clip du groupe Acid : http://www.youtube.com/watch?v=OSibdNOnKHg&feature=related


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