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Frères des Hommes - www.fdh.org
COOPERER / ARGENTINE
De l’Amérique latine à l’Afrique : l’union syndicale fait la force !

/ DANS CE NUMERO  

PARTICIPER / BRESIL

MANIFESTER / BOLIVIE

FORMER / HAITI

COOPERER / ARGENTINE

INFORMER / BOLIVIE

TEMOIGNER / BRESIL

RENCONTRER / HAITI

 

Deux  membres  du  second  plus  grand  syndicat  argentin,   la  Centrale   des   travailleurs   argentins  (CTA [1]), se sont rendus en Afrique du Sud en septembre dernier afin d’échanger sur les différentes approches de la mobilisation syndicale. Durant une dizaine de jours très remplie, des discussions à bâtons rompus ont été menées sur les nouvelles formes de mobilisations syndicales. Les réunions ont été principalement organisées dans la région de Cape Town puis à Johannesburg en Afrique du Sud, et à Maputo au Mozambique. Deux cents mouvements sociaux se sont retrouvés pour profiter de l’expérience de la CTA et réfléchir à l’évolution des syndicats.

Deux visions pour un même objectif : fédérer les travailleurs, actifs ou chômeurs,  pour leurs droits

Des rencontres et débats ont permis de pointer du doigt les différences qui existent entre les organisations syndicales en Argentine et en Afrique du Sud. La CTA a un statut très spécial en Argentine : elle n’est pas reconnue par le gouvernement Kirchner. Formée suite à la crise économique vécue par l’Argentine en 2001 elle s’est substituée progressivement à la Confédération générale du travail (CGT), jugée trop proche du pouvoir gouvernemental. En sept ans, la CTA a connu un essor très important grâce à sa nouvelle approche du syndicalisme, qui consiste à établir une mixité entre les travailleurs dans les différentes branches de métiers et les chômeurs. Elle coordonne différents groupes sociaux afin de construire un projet différent pour l’Argentine et d'offrir aux travailleurs plus de droits. Les adhésions se font directement à la CTA ou bien au travers de syndicats fédérés.

 
  Couverture de la brochure éditée sur l’échange entre syndiqués argentins et sud-africains. © Ilrig

Cette rencontre a mis en exergue les dynamiques profondes qui régissent les syndicats en Afrique du Sud et au Mozambique. Ils restent beaucoup plus spécialisés dans la représentation et l’organisation stricte des employés : d’où l’importance de ces échanges entre les différentes formes d’organisations syndicales. Cosatu, l’un des plus grands syndicats sud-africains qui représente 1,6 millions de membres a suite à cet échange admis qu’il était nécessaire de revoir sa vision de l’engagement syndical. Ainsi, il a tenu compte du fait que pour unifier la classe ouvrière, il était nécessaire de l’identifier et de l’accepter sous ses différentes formes, sans en exclure une catégorie. 

L’exemple encourageant d’une usine autogérée 

L’exemple de l’usine argentine Zanon Ceramic devenue l’usine FaSinPat, (usine sans propriétaires) en 2001 a été longuement discuté, car il représente un modèle d’autogestion réussie. Suite à une crise économique et à une aggravation des conditions de travail (augmentation du rythme et du temps de travail, accidents de travail à répétition), les employés exaspérés se sont mis en grève. Leurs revendications ont porté sur les critères de sécurité et de santé au sein de l’usine ainsi que sur l’embauche d’une infirmière permanente. La réponse de la direction fut brutale : le renvoi des grévistes. Ceux-ci ont alors décidé d’occuper les lieux mis en vente et, suite à de longs débats, les ouvriers ont finalement décidé de reprendre l’usine. Ils en ont revendiqué le droit de propriété arguant que de nombreux salaires n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois.

L’échange entre les différents corps de métiers permet une mobilisation syndicale efficace.

Après plus de deux ans, de nouvelles embauches et une augmentation de la production, l’aventure se poursuit à l’international. Ces ouvriers-dirigeants témoignent et rencontrent d’autres types d’organisations afin de partager leur expérience, comme lors de la rencontre en Afrique du Sud. En portant cette expérience au-delà des frontières du continent latino-américain, les syndicats se renforcent : ainsi l’association Ilrig, en éditant une brochure sur la rencontre, fait passer le message et offre aux Sud-Africains la possibilité de s’inspirer directement des succès à l’autre bout du monde.


/ ET PLUS SI AFFINITES

[1] CTA (Central de los Trabajadores Argentinos) : union syndicale argentine de la classe ouvrière.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations suivantes : Source : Frères des Hommes - www.france-fdh.org